Lyon Part-Dieu : ambitieuses perspectives

Symbole du quartier d’affaires des années 1960-1970, Lyon Part-Dieu entre enfin dans le XXIe siècle en se restructurant en profondeur.

À la Cité internationale, Homme au téléphone, œuvre de Xavier Veilhan.© Ludovic Maisant
À la Cité internationale, Homme au téléphone, œuvre de Xavier Veilhan.© Ludovic Maisant

Premier carrefour business français après La Défense, le quartier d’affaires de Lyon Part-Dieu fait son entrée dans le XXIe siècle et se transforme en lieu d’expérimentation de la ville du futur. Une smart city responsable où la qualité de vie sera améliorée par des espaces publics avec, notamment  la plantation de 600 arbres,  et la priorité donnée aux piétons. Scindé en deux par une voie rapide typique de l’époque où l’automobile était toute puissante et organisé autour d’une des gares les plus importantes de France, Lyon Part-Dieu est en pleine réinvention. Historiquement centré sur des activités bancaires, administratives et d’assurances, le quartier a commencé depuis une décennie à accueillir des entreprises plus innovantes, par exemple liées à l’ingénierie, à l’énergie ou aux infrastructures urbaines.

Excellente santé économique

Avec 1,15 million de m2 de bureaux en 2018, soit 30 % de l’offre de la métropole en la matière, Lyon Part-Dieu montre une excellente santé économique en même temps qu’une stabilité rassurante pour les investisseurs. “Actuellement, le principal projet d’aménagement urbain du quartier se concentre autour de la gare. Il s’agit d’ajouter un nouveau quai, de reconfigurer l’accès en gare et de restructurer les services et commerces aux abords”, explique Michel Le Faou, vice-président de la Métropole de Lyon. Des travaux qui s’achèveront en 2023. “Les espaces publics autour de la gare seront eux aussi remaniés, notamment avec l’introduction d’un nouveau concept de sol urbain plus confortable”, poursuit Michel Le Faou.

Le bien-être des piétons est aussi au cœur des préoccupations de l’architecte néerlandais Winy Maas qui a été chargé de repenser le grand centre commercial situé de l’autre côté de l’ancienne voie rapide. “Ce projet purement privé assurera l’agrandissement et la réorganisation du centre commercial. Contrairement à sa conception initiale, typique des années 70, qui visait à ‘coincer’ le chaland à l’intérieur, sa conception actuelle en fera un lieu attractif qui ne constituera plus aucune barrière physique entre les quais du Rhône et la gare. On pourra y ‘trabouler’ facilement”, poursuit Michel Le Faou, avec une touche d’humour lyonnais. Par ailleurs, la toiture du centre commercial sera métamorphosée en un espace végétalisé ouvert au public à partir de l’été 2020.

Comme d’autres lieux d’affaires sortant actuellement de terre en France, Lyon Part-Dieu entend augmenter la surface destinée au tertiaire, mais a aussi un objectif de mixité.

Parmi les autres chantiers, la tour To-Lyon, gratte-ciel de plus de 170 m dont la construction a commencé cette année, offrira 70 000 m2 de nouveaux bureaux où s’implanteront notamment EDF et Apicil, mais aussi un hôtel quatre étoiles et de nombreux espaces de coworking. Signé Dominique Perrault, ce futur emblème architectural montre combien Lyon entend se distinguer sur le plan national comme européen. On peut également citer le nom d’Arte Charpentier qui a conçu la tour Oxygène en 2010, l’une des premières réalisations du réaménagement du quartier, et qui prépare la tour Silex2.

Comme bien d’autres lieux d’affaires sortant actuellement de terre en France, Lyon Part-Dieu a aussi un objectif de mixité. 2 000 logements, des crèches et de nouvelles écoles devraient ainsi voir le jour, mais aussi un cinéma multiplex et de nombreux restaurants, apportant une vibration à ce quartier autrefois réputé sans grand intérêt.

Si l’on compte environ 60 000 emplois à Lyon-Part Dieu, on en espère 77 000 au terme de cette restructuration en 2030. Un bel essor pour la ville qui, par ailleurs, a su développer d’autres pôles d’attractivité comme Gerland pour les sciences de la vie ou encore l’éco-quartier de La Confluence qui accueille des entreprises comme Euronews ou GL Events.

PASSAGE DE TÉMOIN ENTRE “VIEILLE” ET NOUVELLE ÉCONOMIE

Santé, chimie, pharmacie : l’activité de Lyon repose toujours sur son tissu industriel historique fort de fleurons tels Sanofi ou Biomérieux. Mais cette “vieille économie” basée sur les sciences de la vie se tourne aussi vers le futur grâce à un vivier de plus de 13 000 chercheurs envisageant des solutions innovantes en matière de biotech et cleantech. Pour l’avenir, ce ne sont pas les seuls points forts d’une ville qui peut également compter sur son expertise en matière de cybersécurité ou de mobilités douces. Deuxième pôle numérique en France, Lyon se donne en outre de nouveaux lieux d’épanouissement pour la nouvelle vague French Tech. à quelques pas du Musée des Confluences, une ancienne chaudronnerie, la halle Girard, s’est transformée en mai dernier en lieu de vie dédié aux start-up et à l’événementiel, le H7. Autre projet en périphérie, à Charbonnières-les-Bains, la métamorphose de l’hôtel des régions en vaste campus numérique amené à accueillir dès 2020 près de 2 000 étudiants et une usine de recherche.

H7, “lieu totem” du numérique à Lyon. © Thierry Fournier. Métropole de Lyon
H7, “lieu totem” du numérique à Lyon. © Thierry Fournier. Métropole de Lyon

La Part-Dieu en chiffres aujourd’hui

  • 1 150 000 m2 de bureaux et 2 500 entreprises.
  • 60 000 emplois.
  • 2 000 chambres d’hôtels.
  • Jusqu’à 150 TGV quotidiens.
  • 37 millions de voyageurs par an et 500 000 déplacements quotidiens.
  • 170 000 usagers des transports en commun par jour.
  • 20 600 habitants (dont 5 000 au cœur du quartier).
  • 13 500 logements.
  • 35 millions de visiteurs annuels au centre commercial.
  • 14 salles de cinéma.

Les projets entre 2010 et 2030

  • 2,5 milliards d’euros d’investissements publics et privés.
  • + 650 000 m2 de bureaux et + 40 000 emplois.
  • Une gare deux fois plus grande avec 100 000 voyageurs supplémentaires quotidiennement.
  • + 50 000 m2 d’équipements créés.
  • + 2 200 logements, + 4 000 habitants et 30 hectares d’espaces publics réaménagés
  • + 2 000 places de vélos.
  • + 32 000 m2 de commerces et services dans le centre commercial.
  • + 15 000 m2 de commerces en pied d’immeubles.