TGV Lyria troque sa Business Première pour la Première Signature

La compagnie ferroviaire franco-suisse Lyria revisite son offre de voyage à partir du 5 février avec trois nouvelles classes de voyage, la Standard, la Première et la Première Signature bénéficiant de services exclusifs.
Tous les TGV de la compagnie Lyria partent désormais du Hall 2 de Paris Gare de Lyon.
Tous les TGV de la compagnie Lyria partent désormais du Hall 2 de Paris Gare de Lyon.

Ce jeudi 30 janvier, à bord d’un TGV stationné à Paris Gare de Lyon, les équipes de Lyria ont levé le voile sur la refonte de l’offre de voyage qui sera proposée aux passagers entre la France et la Suisse à compter du 5 février. Celle-ci prévoit d’abord l’instauration de trois nouvelles classes avec la Standard, la Première et la Première Signature. Cette dernière remplacera l’actuelle Business Première destinée aux passagers loisir CSP+ et à la clientèle professionnelle, segment qui pèse un tiers du trafic de Lyria.

Cette Première Signature, disposant de 38 places, sera située à l’étage supérieur de la voiture 11 et proposée sur chaque rame Duplex lors des 17 allers-retours quotidiens France-Suisse en semaine, ainsi que le dimanche après-midi. « Nous avons voulu instaurer un espace un peu cocon, à l’ambiance apaisée, pour les passagers affaires avec des vitres légèrement fumées via un pelliculage extérieur« , explique Eric Dehlinger, directeur général de TGV Lyria.

Un agent accueillera les passagers sur le quai, devant la porte de cette voiture, puis les accompagnera tout au long de leur trajet afin de répondre à leurs besoins. La « biculturalité » restera la marque de Lyria avec la présence dans chaque rame d’un chef de bord français et de son équivalent suisse ou encore une sélection de vins français et suisses, servis lors d’un premier verre d’accueil puis durant le repas. Cette carte des vins, renouvelée tous les six mois par le sommelier Antoine Petrus, vient accompagner des plats issus d’une agriculture locale, évidemment franco-suisse.

Exigence culinaire plus élevée

L’amélioration la plus visible concerne en effet La Table, la restauration à la place signée depuis quelques semaines par les chefs Michel Roth et Danny Khezzar. Lyria a en effet profité du renouvellement, jusqu’en 2030, de son accord avec la société Gate Gourmet Helvetia pour rehausser son exigence culinaire, de même que pour le service, avec verre d’accueil et serviette chaude. « Selon l’horaire de voyage, les passagers ont le choix entre un petit-déjeuner, une collation l’après-midi ou un véritable repas étoilé le midi et le soir« , détaille Eric Dehlinger. Avec, au menu, le choix entre une proposition carnée, de poisson ou végétarienne pour le plat principal, mais aussi la possibilité d’un en-cas rapide pour ceux qui préfèrent utiliser le temps de trajet pour travailler. Lyria ayant pour ambition de proposer « une mobilité haut de gamme » en Première Signature, d’autres petites attentions sont envisagées comme la distribution d’une trousse de voyage sur le modèle de l’aérien, notamment pour les trains les plus matinaux.

Dans le cadre de cette refonte globale, les équipes de TGV Lyria ont planché sur pas moins de 70 idées, certaines déjà mises en place – notamment le fait que tous les trains arrivent et partent désormais du Hall 2 de Paris Gare de Lyon – ou qui viendront enrichir le produit au fil de l’année 2025. « Nous fonctionnons un peu en mode startup en faisant foisonner les idées. Certaines doivent encore être testées, adaptées si nécessaire, et seront conservées si les passagers y adhèrent« , explique Eric Dehlinger. Et d’évoquer par exemple une signalétique revue et renforcée à bord, la création d’un kit Enfant et d’un espace famille dans certaines voitures, la pose d’un décor plus chaleureux dans les toilettes, la mise en place d’une boite à livres dans la voiture bar, le projet d’une ambiance olfactive ou ces évènements qui seront programmés trois ou quatre fois par an autour du bien-être (massages des mains, manucure….).

 Des tarifs annoncés comme stables pour cette classe avant

Le passage de la Business 1ère à la Première Signature n’aurait pas, selon le transporteur, entrainé d’augmentation des prix en dehors de l’inflation. Plusieurs paliers tarifaires sont toutefois appliqués dans les système de réservation en fonction des trains et du niveau de flexibilité du billet, la full flexibilité permettant aux voyageurs d’embarquer dans n’importe quel train de la journée. Les tarifs débutent ainsi à 210€ l’aller simple sur Paris-Genève et 225€ vers Zurich, mais une promotion est actuellement appliquée, respectivement à 179€ et 204€, afin de faire découvrir et apprécier cette nouvelle classe supérieure.

Pour ce prix là, le passager Signature bénéficie aussi à Paris-Lyon d’un embarquement rapide grâce à un portique de contrôle dédié et d’un accès au salon Grand Voyageur SNCF avant le départ. En attendant l’équivalent en Suisse dans des espaces de coworking situés à proximité des gares CFF de Genève, Zurich, Lausanne et Bâle. « L’accord doit être conclu prochainement avec un groupe international« , confie-t-il. Avec Regus ? Enfin, pour travailler ou se divertir durant le trajet, le portail wifi a été renforcé avec une meilleure bande passante grâce à davantage de contenus consultables hors connexion et une offre presse numérique complétée de titres variés dont Le Figaro, le Financial Times, le Basler Zeitung, Paris Match et Vogue.

Un cru 2024 excellent

Alors que la SNCF et les CFF viennent de renouveler leur accord au sein de TGV Lyria, la compagnie franco-suisse affiche un taux de satisfaction de 83% et a retrouvé ses meilleurs niveaux de trafic avec 5,7 millions de passagers transportés en 2024, soit une progression de 5,5% comparé à 2023. Lyria utilise de fait à plein son parc de 15 rames Duplex utilisées depuis 2019, ce qui avait permis à l’époque d’accroître de 30% le nombre de places commercialisables. « Lyria possède un taux de remplissage excellent, équivalent à celui des TGV Inoui. Comme la SNCF nous sommes confrontés à la difficulté de mobiliser de nouvelles rames et il nous faudra encore attendre deux ou trois ans qu’une quantité suffisante de TGV M soient livrés par Alstom pour obtenir des rames supplémentaires« , conclut Eric Dehlinger.