On est début 2019 et la BBC révèle au grand public une enquête qui devrait immédiatement tirer la sonnette d’alarme dans le monde politique anglais. 79% des passagers britanniques se déclaraient en effet satisfaits des services ferroviaires. Un indice de satisfaction au plus bas depuis 2008, révélé par Transportfocus. Cette agence se charge d’évaluer le sentiment des usagers chaque année.
Depuis, ce sentiment ne s’est guère amélioré… Dans son enquête du printemps 2020, Transportfocus révélait que ce chiffre avait de nouveau baissé. Ils n’étaient plus que 78,5% d’usagers à apprécier leurs compagnies ferroviaires. 73,8% étaient satisfaits de la...
On est début 2019 et la BBC révèle au grand public une enquête qui devrait immédiatement tirer la sonnette d’alarme dans le monde politique anglais. 79% des passagers britanniques se déclaraient en effet satisfaits des services ferroviaires. Un indice de satisfaction au plus bas depuis 2008, révélé par Transportfocus. Cette agence se charge d’évaluer le sentiment des usagers chaque année.
Depuis, ce sentiment ne s’est guère amélioré… Dans son enquête du printemps 2020, Transportfocus révélait que ce chiffre avait de nouveau baissé. Ils n’étaient plus que 78,5% d’usagers à apprécier leurs compagnies ferroviaires. 73,8% étaient satisfaits de la ponctualité, 73% de la capacité offerte et seulement 47% des prix et de l’offre tarifaire.
Certaines compagnies ferroviaires comme Northern et Great Northern sont jugées parmi les plus mauvaises pour le service. Deux autres entreprises, Heathrow Express et Chiltern Railways, sont en revanche jugées favorablement. Heathrow Express obtenait d’ailleurs la note de 96% de satisfaction en 2019.
Ce résultat prouve que la privatisation des chemins de fer britannique, menée entre 1994 et 1997 par le gouvernement de John Major, aura été un vrai désastre pour les usagers. Seuls effets visibles : une compagnie nationale British Rail écartelée en une vingtaine d’entités privées. Et une gestion de l’infrastructure ferroviaire confiée à l’entreprise Railtrack. Le tout accompagné de prix en forte hausse, d’une tarification incompréhensible et d’une absence de coordination des horaires.
Suite à une catastrophe ferroviaire, le gouvernement décida du démantèlement de Railtrack. On s’aperçut en effet que les subventions versées à Railtrack pour la remise en état du réseau ferroviaire britannique servirent… à verser des dividendes aux actionnaires. Railtrack devint ainsi une entreprise publique sous l’acronyme Network Rail.
Welcome to Great British Railways
Le gouvernement Johnson veut désormais apporter de la rationalisation dans le réseau. Grant Shapps, ministre des transports, a ainsi annoncé le mois dernier la création d’un nouvel organisme d’État pour 2023. Appelée Great British Railways (GBR), la nouvelle entité fixera les horaires et les prix, vendra les billets en Angleterre et au pays de Galles et gérera l’infrastructure ferroviaire.
Le ministre a expliqué que la nouvelle structure remplacerait un système « trop compliqué et fragmenté ». Les entreprises privées deviendront des franchisées chargées de l’exploitation des lignes par GBR. En revanche, elles ne pourront plus fixer elles-mêmes les conditions de transport.
Le gouvernement espère ainsi que ce système ferroviaire plus unifié permettra d’offrir davantage de « services cohérents et de haute qualité » à partir de 2023, ainsi que de meilleures correspondances.
Parmi les changements envisagés figurent :
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- une simplification de l’achat des billets, dont les critiques ont longtemps déploré la confusion.
- Plus de billets payables uniquement lors de leur utilisation (et non plus à l’avance) avec la possibilité d’avoir une version numérique pour smartphones.
- Un système de compensation unique et plus simple en cas de retards.
Par ailleurs, dès le 21 juin, les compagnies ferroviaires vendront des abonnements flexibles disponibles pour certaines personnes qui font deux à trois trajets par semaine. Cet abonnement permettra aux passagers de voyager pendant huit jours sur une période de 28 jours. Et représenter une sérieuse économie par rapport aux offres actuellement en vigueur.