Des mesures en demi-teintes adoptées par l’Union Européenne pour les voyages

Les pays de l'Union Européenne se sont finalement accordés sur un nouveau système de "feux de circulation tricolores" visant à faciliter la libre circulation des personnes au sein du bloc. Sauf qu'il n'y a toujours pas d'accords sur une procédure commune de tests permettant de lever les quarantaines obligatoires...

Eviter de nouvelles restrictions des voyages pendant la seconde vague de pandémie de coronavirus. C’est ce que souhaitaient les responsables des 27 pays de l’Union Européenne à Luxembourg pour garantir une ligne directrice commune en matière de restrictions de voyage et de tests.

« Les citoyens ont été gravement touchés par les restrictions de voyage imposées dans toute l’Union Européenne. La mission de la Commission a toujours été de veiller à ce que tous les citoyens de l’UE puissent circuler aussi librement que possible dans l’Union malgré la pandémie. La garantie du droit à la libre circulation va au-delà du fonctionnement du marché intérieur« , décrit Didier Reynders, Commissaire Européen à la justice.

Depuis août, la Commission a demandé à tous les États membres d’adopter une approche coordonnée en matière de restrictions de voyage en édictant des recommandations claires. « J’invite tous les ministres de l’UE à se mettre rapidement d’accord sur une approche coordonnée et simple comprenant: une carte de l’Union, des critères communs et des informations claires sur une base hebdomadaire« , soulignait encore Didier Reynders la semaine dernière.

Sauf que l’Union se heurte à un vrai casse-tête politique. La Commission n’a en effet pas de mandat pour la coordination d’actions dans le domaine de la santé. D’où un semi-échec des mesures décidées qui, en fait, ne résolvent pas le problème des voyageurs devant se rendre rapidement d’un pays membre à l’autre.

Feux tricolores

La mesure la plus importante est la création d’une carte des circulations aux couleurs rouge, orange et vert. L’agence européenne de santé ECDC va coordonner toutes les informations de chaque pays de l’Union et mettre à jour chaque semaine les colorations de chaque pays.

Ces couleurs se basent sur le nombre de nouveaux cas signalés pour 100 000 habitants au cours des 14 derniers jours, et inclura également le taux de tests effectués et positifs.

Une région sera classée comme verte si le taux de notification de personnes atteintes de covid sur 14 jours est inférieur à 25 pour 100 000 et que le taux de positivité aux tests est inférieur à 4 %. A l’opposé sur le spectre des couleurs, une zone rouge serait celle dans laquelle le nombre de nouveaux cas de Covid-19 est supérieur à 50 sur 14 jours et le pourcentage de tests positifs égal ou supérieur à 3%. Se teinterait également de rouge les zones où le nombre total de cas de Covid-19 est supérieur à 150 pour 100.000 personnes sur 14 jours.

De fait, selon les critères adoptés mardi, la plupart des régions de l’UE se trouvent actuellement dans le rouge; au mieux dans l’orange.

Quarantaines et tests à la discrétion des pays

Seule certitude: il n’y aura plus d’interdiction d’entrée à l’avenir que pour les zones vertes. Les zones oranges et rouges vivront dans le flou selon le pays car il n’y a pas eu d’accord sur l’application de règles communes pour les voyages vers ces régions.

Le Conseil de l’UE s’est contenté de rappeler que les États membres ne devraient pas refuser l’accès aux personnes voyageant depuis d’autres pays de l’UE. Le Conseil les a invités à « respecter les différences de situation épidémiologique entre les zones orange et rouge et à agir de manière proportionnée » s’ils décident d’appliquer des restrictions.

Les États membres n’ont pas non plus convenu de normes européennes pour les règles de quarantaine et de tests. Ce que regrette amèrement les associations représentant le transport aérien.

Dans une déclaration, l’ACI Europe (aéroports), Airlines for Europe et IATA ont regretté que les États membres n’aient pas adopté une procédure commune de test covid avant le départ pour remplacer les quarantaines. Elles restent contraignantes à la planification de tout voyage.

« Le manque actuel de coordination entre les Etats membres a tué la reprise naissante du voyage et du tourisme, mettant ainsi en danger des millions d’emplois associés à ce secteur« , ont-ils souligné dans une déclaration commune.

La prérogative des gouvernements nationaux permet juste de garantir une ouverture à minima des frontières et de permettre aux travailleurs frontaliers de circuler librement. La décision des 27 apparaît bien trop timorée pour relancer le secteur des voyages et favoriser les déplacements d’affaires. Pendant ce temps, la circulation du virus s’amplifie -avec ou sans quarantaine, avec ou sans fermetures strictes des frontières.