Les cieux se ferment vers la Chine

Alors que les compagnies aériennes réduisent ou suspendent leurs liaisons vers la Chine - certaines jusqu’à la fin mars -, quels sont les transporteurs qui desservent encore le pays ? Un bilan de la situation au 5 février.

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Le nouvel aéroport de Pékin Daxing (c) Zaha Hadid Architects.

Alors que le Ministère des Affaires Etrangères, en France, recommande aux ressortissants français de reporter tout voyage non urgent en Chine, quelles compagnies aériennes continuent encore de desservir la seconde puissance économique du monde ? Ce sont désormais plus de 30 compagnies aériennes qui ont suspendu leurs liaisons avec la République Populaire. Sur cette seule semaine, le consultant OAG Aviation Worldwide a recensé plus de 25 000 vols annulés.

Derniers exemple en date, les Emirats Arabes Unis indiquaient lundi suspendre à leur tour toutes les relations aériennes vers la Chine continentale, coupant les importants hubs que sont Abu Dhabi et Dubaï des marchés Europe/Chine. Qatar Airways procédait de même ce lundi.

Seule une poignée de compagnies chinoises et de transporteurs asiatiques continuent de relier la Chine au reste du monde, notamment vers l’Europe francophone.

Air China a suspendu sa ligne Paris CDG-Chengdu et vient de réduire la ligne Pékin- Genève a deux vols par semaine au lieu de trois fréquences hebdomadaires.
China Eastern a suspendu ses vols de Paris CDG vers Kunming et Quingdao. Le transporteur a réduit ses vols entre CDG et Shanghai Pudong de 14 à 10 fréquences hebdomadaires jusqu’à la fin mars.
China Southern a réduit la ligne Paris CDG-Canton (Guangzhou) d’une fréquence quotidienne à quatre vols hebdomadaires en supprimant ses fréquences du mardi, jeudi et samedi. La plupart des lignes internationales sur Wuhan sont suspendues jusqu’à la mi-juin.
Hainan Airlines a suspendu sa ligne Paris CDG-Chongqing, Paris CDG-Xian ainsi que Bruxelles-Shenzhen. Elle réduit de quatre a trois le nombre de fréquences hebdomadaires entre Bruxelles et Pékin Capital.

Depuis Hong Kong, Cathay Pacific continue d’assurer ses vols vers l’Europe dont Paris CDG et Bruxelles. Cependant, à destination de la capitale belge, la compagnie n’accepte à partir du 1er mars que des passagers ayant réservé en classe J/W et Y pour les vols effectués chaque lundi.

A destination de la Chine Continentale, la compagnie et sa filiale Cathay Dragon continuent de desservir Pékin et Shanghai à raison de 5 à 7 vols quotidiens. Cathay Dragon opère toujours des vols vers Changsha, Chengdu, Fuzhou, Guilin, Jinan, Kunming, Nanjing, Nanning, Qingdao, Xian, Xiamen et Zhengzhou. Les fréquences varient de 1 à 4 vols hebdomadaires au lieu d’une à deux fréquences quotidiennes en moyenne. Le transporteur régional a totalement suspendu ses liaisons vers Guangzhou, Haikou, Hangzhou, Ningbo, Sanya, Wenzhou and depuis aujourd’hui sur Chongqing.

Depuis Taipei Taoyuan International Airport, Eva Air continue de voler avec un horaire réduit vers Pékin, Chengdu, Hangzhou, Harbin, Qingdao, Shanghai et Shenzhen.

Pour les compagnies européennes, la situation est particulièrement claire. A l’instar d’Air France qui a suspendu ses vols entre Paris-CDG vers Pékin et Shanghai, tous les autres transporteurs comme British Airways, Finnair, KLM, Lufthansa ou SAS ont temporairement fermé l’ensemble de leurs lignes aériennes sur la Chine, ne conservant généralement que les liaisons sur Hong Kong ou Taiwan. Seule exception de taille : le transporteur russe Aeroflot, qui continue à assurer son programme de vols depuis Moscou vers Pékin, Shanghai, Canton ainsi que Hong Kong. Elle est de fait la seule à pouvoir assurer des lignes avec la Chine, les transporteurs chinois n’étant pour le moment plus autorisés à se poser en Russie.