James Galland (Odalys City) : « nous avons de vraies ambitions »

Ouvertures à Toulouse, Marseille et au Havre, coworking et salles de réunions, ambitions : James Galland, directeur exploitation et développement d'Odalys City, présente le nouveau concept de la marque d'apparthôtel.
James Galland, directeur exploitation et développement des marques Odalys City et Odalys Campus.
James Galland, directeur exploitation et développement des marques Odalys City et Odalys Campus.

Où en est l’offre d’Odalys City aujourd’hui ?

James Galland – Dans une bonne dynamique de développement. Après deux premières ouvertures d’Odalys City en 2009, le développement s’est pendant plusieurs années limité à trois ou quatre établissements. A l’époque, notre groupe, qui a un ADN vacances, avait la capacité de se positionenr sur des opérations de centre-ville de façon opportuniste, mais sans logique de marque d’apparthôtels. Tout s’est vraiment accéléré à partir de 2015-2016, avec une vraie orientation sur cette offre et la constitution d’une équipe dédiée. Et aujourd’hui, nous avons 31 établissements de centre-ville, soit près de 3 000 appartements répartis sur tout le territoire et déclinés sous deux gammes : les Odalis City Prestige en quatre étoiles et les Odalys City Cosy sur le milieu de gamme.  

Pour autant, alors que le nom Odalys est étroitement associé aux locations de vacances, a-t-il été simple de positionner la marque Odalys City sur un mode d’hébergement largement dédié à la clientèle affaires ?

J. G. – Il fait reconnaître qu’au début, cela a pu être compliqué pour nos équipes commerciales. Leurs interlocuteurs faisaient souvent la confusion avec notre activité vacances, prisées par les comités d’entreprise. Mais tout cela est maintenant dépassé grâce au travail de fourmis de nos équipes, nos efforts de commercialisation et, en parallèle, le développement de notre réseau. Aujourd’hui, nous sommes vraiment reconnus comme des professionnels de l’apparthotel par la clientèle d’affaires. Sans doute reste-t-il encore à le faire savoir plus largement. Comme le groupe Odalys diversifie son activité bien au delà des loisirs, avec de plus en plus d’ouvertures pour Odalys City comme pour nos résidences étudiantes Odalys Campus, notre logique de communication pourrait évoluer à l’avenir. Nous n’en sommes encore qu’au stade de la réflexion.

Revenons sur votre offre. Quelles ont été vos dernières ouvertures ?

J. G. – Après avoir inauguré l’Odalys City Paris Montmartre en 2019, nous nous sommes implantés au Mans juste avant la pandémie, avec un établissement en cœur de ville ; un produit qui a trouvé son public avec une clientèle affaires importante grâce au secteur des assurances très présent dans la ville, une forte demande de congrès ou encore les 24 heures du Mans. Plus récemment, nous avons étendu notre offre à Toulouse, avec, en début d’année, l’ouverture de l’Odalys City Toulouse Compans Caffarelli en centre-ville, suivie en mai dernier par celle d’un apparthotel quatre étoiles à l’aéroport de Toulouse Blagnac, juste à côté des sites de Safran et d’Airbus. D’où des perspectives énormes avec la clientèle corporate, puisque nous avons déjà signé de gros contrats avec les entreprises gravitant autour du secteur aéronautique. 

Nous avions la volonté de faire évoluer nos établissements en faisant la part belle aux parties communes, avec des lobbys complètement revus côté décoration.

James Galland, directeur exploitation et développement d’Odalys City

A travers ces deux ouvertures, vous avez aussi dévoilé votre nouveau concept de marque qui sera présent dans tous vos futurs établissements et dans les plus anciens, au fil des rénovations. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette évolution ?

J. G. – Précédemment, notre concept était conforme aux standards du marché, mais on trouvait que tout cela manquait d’originalité. D’où cette volonté de faire évoluer nos établissements en faisant la part belle aux parties communes avec des lobbys complètement revus côté décoration. A côté d’appartements à l’ambiance apaisante et plus contemporaine, ces lobbys se sont transformés en lieux de vie où nos clients peuvent partager de bons moments. L’Odalys City de Toulouse Blagnac présente par exemple un magnifique lobby de 200 m2 agrémenté d’un espace de coworking, entre autres services. Selon les établissements, nous proposerons aussi des salles de réunions, des fitness, voire des spas et des piscines.

Lobby de l’Odalys City Toulouse Blagnac

Salles de réunion, piscine, spa : les résidences urbaines offrent . Est-ce une manière de vous différencier de la concurrence ?

J. G. – Ces différents services ne font pas partie de notre cahier des charges systématique. Les séminaires ne sont pas notre cœur de métier, mais à certains endroits, nous ajoutons cette brique si on ressent une vraie demande. C’est le cas par exemple à Toulouse Blagnac et ce le sera aussi à l’Odalys Marseille Euromed, un apparthôtel qui ouvrira en juin 2023 juste à côté des tours CMA-CGM et La Marseillaise. Ce « gros bateau » embarque des salles de séminaires, dont une plénière de 100 personnes, un restaurant géré par nos soins, ainsi qu’un spa avec piscine. De la même façon que pour les salles de séminaires, selon les opportunités foncières et de ce que la concurrence propose alentours, on peut envisager l’intégration d’une offre bien-être.

La composante coworking a-t-elle en revanche vocation à se déployer dans tous vos apparthôtels ?

J. G. – Il est encore trop tôt pour savoir si le coworking deviendra un service standard dans notre cahier des charges, mais on voit qu’il y a une vraie demande, que ce soit de la part des professionnels nomades ou de personnes qui veulent pouvoir organiser rapidement des mini réunions. Je pense qu’il faut avoir cette offre, et là où on pourra mettre un espace de coworking, nous le ferons. Nous avions déjà abordé ce sujet dans nos établissements mixtes Odalys City et Odalys Campus. Là, le coworking est embarqué de manière officielle sur des Odalys City comme celui de Toulouse Blagnac avec un vrai espace, doté de la bonne connectique, pour pouvoir travailler au calme à proximité du lobby, dans une ambiance conviviale.

Toulouse, Marseille : votre développement s’oriente-t-il essentiellement vers les grandes métropoles françaises ?

J. G. – Entre autres. Nous avons maintenant trois établissements à Toulouse, et nous aurons bientôt quatre adresses à Marseille. Un apparthôtel arrivera à Nice en 2023, en face de l’aéroport. Nous aimerions aussi avoir une présence à Lille et Bordeaux. Mais nous nous implantons aussi sur des marchés où il y a moins de profondeur comme Le Mans, dont j’ai déjà parlé. Sur les tablettes de l’année, nous avons aussi des ouvertures à Angers et Nîmes, puis à Nancy en 2024. Plus près de nous, nous ouvrons à la fin de ce mois de juin un premier établissement au Havre, un beau produit quatre étoiles avec des salles de séminaires et un emplacement idéal, à 100 m de la gare. Il y a une vraie demande pour cette ville, sans doute sous l’impulsion de son maire n’y est pas étrangère. Et nous y ouvrirons en janvier 2023 un deuxième établissement, positionné trois étoiles, dans le cadre d’un développement intégrant aussi une résidence étudiante Campus. 

Appartement de l’Odalys City Le Havre Centre Gare

A côté de ces ouvertures en France, avez-vous aussi des ambitions à l’international ?

J. G. – Tout à fait, et nous ouvrons justement en début d’été un Odalys City à Porto, puis d’autres à Lisbonne et Séville, dans le cadre de développements « combo » Odalys City-Odalys Campus. En Europe, nous ciblons plusieurs destinations en particulier – les pays du sud comme l’Espagne, le Portugal et l’Italie, ou encore la Belgique -, mais pourquoi, à terme, ne pas aller ailleurs en Europe, voire plus loin encore ? Nous avons de vraies ambitions de développement en Afrique grâce à l’appui de notre actionnaire, le groupe Duval, qui a un très gros réseau dans plusieurs pays. Des négociations ont déjà été entamées, avec quelques projets signés. La Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Cameroun font, entre autres, partie de nos destinations cibles. Dans tous ces pays, nous aborderons notre produit de façon différente, avec une superficie plus grande pour les appartements comme pour les espaces communs, afin de pouvoir y offrir une offre de bar et de restauration plus importante.

Odalys a donc pour volonté de se positionner comme un acteur qui compte sur le marché des apparthotels ?

J. G. – Tout à fait. Nous regardons tout ce qui pourrait nous permettre d’accélérer notre développement, que ce soit en croissance organique ou en croissance externe, à travers des mandats de gestion ou de la franchise. Alors que certains acteurs sont présents sur certains segments de marché, personne ne couvre, comme nous, sa globalité : les vacances, les étudiants, les apparthotels et les seniors. On a un vrai savoir-faire de la résidence service.