Oman : aux portes du désert des déserts

Oman : aux portes du désert des déserts

Tranchant avec la démesure de ses voisins émiratis, le Sultanat d’Oman joue sa partition touristique sur le ton de la tradition et d’une culture séculaire. Une richesse sertie de splendeurs naturelles, à l’instar des fjords du Musandam et du désert de Sharqiyah Sands. Par Olivier Darmon

Photos Alain Parinet

Les visites culturelles de Mascate et des forts autour de Khasab s’associent à la découverte des paysages sublimes et désolés du Musandam. En guise de final, une nuit magique dans le désert de Sharqiyah Sands.

Profil

Client : secteur automobile.

Réceptif : Tour Oman / Travel Point LLC Po Box 1694

  • Muttrah 114 Oman
  • Tél. : +968 247 60 800 E-mail : touroman@travelcity-oman.com

Contact France : M. François Aucoin Tél. : 06 07 09 65 98

  • E-mail : francois@safranrp.com Internet : www.touroman.org

Taille du groupe : 40 personnes.

Durée de l’opération : 6 jours, 5 nuits.

Propos : voyage de récompense.

Ils se sont documentés

Office de tourisme du Sultanat d’Oman
90, rue de Courcelles. 75008 Paris (non ouvert au public)

  • Tél. : 01 47 20 56 06
  • E-mail : info@omantourisme.com
  • Internet : www.omantourisme.com Autres sites : www.omantourism.gov.om et www.omanet.om

Guides pratiques

Oman, émirats arabes unis, Bibliothèque du voyageur, Gallimard?; Oman, UAE & Arabian Peninsula (en anglais), Lonely Planet ; Oman, Country guide, Le Petit Futé

Plan de vol

Oman Air est la seule compagnie à desservir Mascate en vol direct au départ de Paris. Cette liaison, d’une durée de sept heures environ, est assurée en Airbus A330-300 tri-classe, dont une Première, au rythme de quatre vols hebdomadaires à partir de Paris CDG 2A. Oman Air a obtenu le prix de “meilleure compagnie de classe Affaires du Moyen-Orient” lors des Business Destinations Travel Awards 2012.

Les plus

  • La sécurité.
  • La variété et la beauté de paysages préservés, désert comme littoral.
  • La richesse culturelle du pays.
  • L’hospitalité omanaise. 
  • La mise en valeur des lieux historiques.

Les moins

  • Les températures extrêmes pendant l’été.
  • Une vie nocturne cirsconscrite aux bars des grands hôtels de Mascate.

Programme

Premier jour

Décollage en soirée pour Mascate et arrivée le lendemain matin. Visite de la mosquée du sultan Qaboos, puis transfert à l’hôtel Al Bustan. Déjeuner et tour de la ville. Dîner à l’hôtel.

L’hôtel : Al Bustan Palace

À une vingtaine de minutes du centre-ville, l’Al Bustan tire profit de sa situation en première ligne sur le littoral. Outre le gigantisme de son lobby bardé de marbre et haut comme une cathédrale, son restaurant principal ne manque pas de ravir le visiteur, offrant une vue surplombant la mer. Situé dans un parc de 80 ha en bordure d’une plage privée d’un kilomètre, ce vaste établissement comprend 200 chambres et 50 suites bénéficiant chacune d’un espace extérieur et, pour certaines, d’un accès privatif à la piscine-lagon de l’hôtel.

Mêlant des éléments issus de la culture locale à un style occidental classique, le parti-pris est celui d’une décoration traditionnelle raffinée. L’excellence de ses trois restaurants (buffet, chinois, et poissons) est un point fort de l’établissement. L’hôtel abrite une dizaine de salles de réunions (de 20 à 300 participants) et sa ballroom, la plus grande de Mascate, peut accueillir 2000 hôtes en configuration cocktail. La qualité des services et du personnel ont valu à cet établissement de la chaîne Ritz-Carlton d’être distingué en mai dernier comme le “Best Business Hotel” de la ville.

Al Bustan Palace PO Box 1998. Muscat • Tél. : +968 247 99 666 • E-Mail : albustan@ritzcarlton.com Internet : www.ritzcarlton.com

Mascate : L’identité et la culture

Enclavée dans les contreforts de la partie orientale des monts du Hajar, la capitale du Sultanat réserve des panoramas surprenants. Côté terre, vers l’ouest, la perspective d’un massif montagneux filant jusqu’aux Émirats arabes unis, et à l’est, côté golfe d’Oman, de longues échappées sur des portions de mer turquoise, dentelées par l’encadrement de falaises grises, noires ou fauves selon l’orientation du soleil.

“Le pays donne l’impression d’être à peine sorti du chaudron de l’ère primaire”, notera Lord Curzon, vice-roi des Indes de passage à Mascate en 1898. Étape clé du commerce entre l’Orient et l’Occident dès le XVe siècle, la capitale du Sultanat a aujourd’hui le visage d’une cité moderne : des hypermarchés, des embouteillages, des rues d’une propreté immaculée, des piétons se déplaçant le téléphone portable vissé à l’oreille, le dernier iPhone de préférence. Pour autant, la ville évite soigneusement l’esbroufe… Les extravagances urbanistiques à la Dubaïote sont proscrites par un règlement privilégiant les bâtiments de faible hauteur et les enduits blancs ou couleur sable. La cité, restée à taille humaine, engendre une vraie quiétude. Personne ici ne s’envisage en concurrent de Disneyland ou de Las Vegas. Devenir la capitale mondiale du shopping n’est pas non plus l’objectif. Mascate est fière de son souk, certes récent, mais érigé sur l’emprise de l’ancien.

Reprenant la configuration labyrinthique de ses allées étroites, il reconduit ses ambiances, ses odeurs de safran et de cardamome, ses fragrances d’encens, ses échoppes combles de bijoux en or et de tissus chatoyants, mais aussi de marmites et de casseroles. Côté “grands chantiers”, c’est surtout la mosquée du sultan Qaboos qui fait figure de référence à Mascate. Inauguré en 2001, le bâtiment peut recevoir 20000 fidèles, dont 6600 dans sa salle principale, recouverte d’un tapis gigantesque ayant mobilisé 600 ouvrières durant trois ans. En dépit des matériaux de luxe utilisés – sols en marbre italien, murs en granit blanc indien, lustres dorés en cristal Swarovski rehaussés d’or – , l’ensemble dégage une solennité qui laisse entendre que la ville se préoccupe davantage d’identité et de culture que de consommation et de surenchère… Une anti-Dubaï, en quelque sorte.

Deuxième jour

Tôt le matin, vol intérieur vers Khasab. Transfert à l’hôtel Golden Tulip et petit déjeuner. Croisière sur un boutre traditionnel dans les fjords de la péninsule. Déjeuner à bord. Retour à l’hôtel, temps libre et dîner.

Musandam : Naturel chaotique

Le Musandam ? Une presqu’île de montagnes escarpées qui surplombent le détroit d’Ormuz. Dans cette enclave septentrionale du Sultanat sur le territoire des Emirats arabes unis, les falaises de schiste et de calcaire dégringolent dans des… fjords. Unique sous le tropique du Cancer, cette caractéristique géologique engendrée par la tectonique des plaques produit un littoral déchiqueté. Noyées sous les flots, les vallées dessinent un labyrinthe d’îlets, d’anses et de criques qui pénètrent profondément dans les terres au relief tout aussi tourmenté. Le lacis des crêtes et des canyons compose un massif rude qui culmine à 2087 m.

Ce chef d’œuvre naturel se love dans les eaux transparentes reliant le golfe Persique à la mer d’Oman… Depuis Mascate, ce bout du monde d’une superficie de 15000 km2, soit l’équivalent de l’île Maurice, se rejoint en avion. Ce trajet d’une heure permet d’appréhender l’étonnante géographie des lieux avant d’atterrir à Khasab, sur la côte ouest de la péninsule.

Khasab : Dans les fjords

Capitale de la région, le port de Khasab dispose d’infrastructures limitées avec peu de routes et des hôtels se comptant sur les doigts de la main. Ainsi est-ce principalement via la mer que la région se découvre, à bord des dhows, boutres traditionnels qui proposent des excursions mixant cabotage et snorkeling afin d’observer la myriade d’espèces marines qui évolue ici, dont de nombreux dauphins. Le silence et le spectacle des falaises nimbées du voile d’une brume de chaleur produisent la sensation de voguer dans un paysage irréel.

Longeant la côte, la balade laisse apercevoir quelques villages qui se résument à une poignée de maisons regroupées sur une bande de littoral étroite. Ces hameaux, cernés par des parois abruptes, sont habités à l’année par quelques familles de pêcheurs vivant en marge du monde. Difficile, dans cette ambiance hors du temps, d’imaginer que la région abrite l’une des passes maritimes parmi les plus stratégiques de la planète : le détroit d’Ormuz, par lequel transite 40?% du trafic pétrolier mondial.

Troisième jour

Visite de Khasab et des alentours, suivi d’une excursion en montagne. Pique-nique et retour à l’hôtel.

Khasab : Bastion du détroit d’Ormuz

À Khasab, les chèvres déambulent un peu comme elles veulent dans les rues à la recherche d’un supplément de nourriture. Et surtout de recoins ombragés, une nécessité dans une ville où la température affiche 35° au lever du soleil. Dès huit heures du matin, on les découvre donc, blotties au pied des maisons ou tapies sous les margousiers, utilisés ici en plantations d’alignement pour leurs vertus insecticides.

Compte tenu de la topographie accidentée de la région, Khasab regroupe l’essentiel des 22000 habitants du Musandam, à l’exception des quelques centaines d’habitants dispersés dans des villages peu accessibles. Bien que le site soit occupé depuis des siècles, peu de témoignages de son histoire ont été conservé, sinon Fort-Khasab, forteresse bâtie par les Portugais au début du XVIIe siècle et qui devint ensuite la résidence du wali, le gouverneur de la région. Aujourd’hui transformé en musée, sa visite est intéressante pour s’initier aux divers aspects de la culture du Musandam. De ce pays de pêcheurs, on découvre les premières embarcations constituées de fibres de palmiers, l’habitat traditionnel – là aussi en feuilles de palmier – ou des méthodes de pêche encore utilisées aujourd’hui comme le fish spotting, technique de pêche au filet recourant à un guetteur.

Juché sur la falaise pour détecter la présence des bancs de poissons, celui-ci dirige du geste et de la voix les mouvements du bateau longeant le littoral. Bien que située à quelques encablures seulement du détroit d’Ormuz, Khasab n’est guère plus animée qu’une sous-préfecture. Pour les visiteurs, c’est le port et son intense activité de contrebande qui assurent le spectacle et rappellent que l’Iran est proche, à 40 kilomètres de l’autre côté du détroit. En raison de l’embargo pesant de longue date sur ce pays, les contrebandiers ont ici leurs habitudes et opèrent au vu et au su de tous dans l’indifférence générale. Les observer charger leurs embarcations de caisses de cigarettes, de vêtements ou de matériel électronique fait partie du “city tour”.

Quatrième jour

Vol à destination de Mascate. Route pour le désert de Sharqiyah Sands. Nuit au 1000 Nights Camp.

Le désert de Sharqiyah Sands : Sable à la couleur du miel

À trois heures environ au sud-est de Mascate, la route qui mène au désert de Sharqiyah Sands, anciennement appelé désert de Wahiba, passe par Ibra, ville rurale connue pour son marché du mercredi, souk tenu par des femmes et dont la fréquentation est interdite aux hommes. Une centaine de femmes bédouines portant le niqab, voile traditionnel, y commercialisent des tissus principalement, mais aussi des bijoux.?Le tout dans une ambiance bon enfant, les unes invitant les autres sur leur stand pour bavarder en partageant le thé.

La découverte de cette partie de la région de la Sharqiyah – l’Est, littéralement – passe généralement par le wadi Bani Khalid, qui dessine un grand bassin naturel dans un canyon étroit. Une parfaite carte postale d’eau turquoise cerclée de rochers piquetés de palmiers ! Il fait bon s’y baigner tôt le matin, avant que les visiteurs n’envahissent ce lieu très populaire auprès des locaux comme des touristes. Le village de Bidiyah, la porte du désert, est à moins de 45 minutes. Sur 200 km de long et 80 km de large, le désert de Sharqiyah Sands s’étend, dans un paysage de dunes aux sommets constitués de petites dépressions en forme de croissant. Dans cet environnement, la promenade à dos de chameau, bien plus contemplative que le 4×4 ou le quad, est idéale pour rester en phase avec un paysage où le temps semble suspendu.

De même, passer une nuit au 1000 Nights Camp permet d’éprouver l’expérience du désert. À 50 km du village le plus proche, ce campement de tentes bédouines fait retomber quiconque en enfance, ravivant le souvenir des lectures de Lawrence d’Arabie ou de Wilfred Thesiger. Grimper au sommet des dunes pour observer le crépuscule réveille des rêves de liberté. Comme la nuit étoilée et le silence qui recouvrent le camp.

L’hôtel : 1000 Nights camp

De retour d’un long périple dans le Rub al-Khâli, Wilfred Thesiger traversa le Wahiba. Ce voyage, relaté dans Le désert des déserts, son premier livre publié en 1959, est un hommage vibrant à la noblesse et à la générosité des bédouins qu’il a côtoyé ; un éloge, aussi, de leur rude mode de vie… Nul doute que le confort du 1000 Nights Camp le laisserait incrédule : des tentes disposant d’une salle de bains privative à ciel ouvert, deux villas climatisées, un restaurant au sol jonché de tapis servant l’un des meilleurs barbecues de la région, un coin bibliothèque avec accès WiFi gratuit, une piscine, assez petite certes, mais avec vue imprenable…

L’établissement – privatisable – est aussi pourvu d’une salle de réunions d’une capacité de près de 200 participants. Il propose tout un panel d’activités adaptées aux séjours incentive : safaris dans le désert, veillées à la belle étoile, rencontre avec des bédouins, initiation à la cuisine locale…

1000 Nights Camp P.O Box : 9 Postal Code 115 Oman Email: info@1000nightscamp.com Internet : www.1000nightscamp.co

Cinquième jour

Départ pour Mascate via Sur, suivi d’un déjeuner dans un wadi. Diner et nuit à l’hôtel Al Bustan.

Sur : Tout l’art de la navigation

Étape importante du commerce avec l’Afrique, le joli port de Sur, que dominent un phare et deux tours de guets, est l’occasion d’aborder le glorieux passé maritime du pays. Dès le IXe siècle, les marins omanais sillonnent non seulement l’océan Indien, mais commercent aussi avec la Chine. Au XVe siècle, tandis que la flottille des caravelles de Vasco de Gama aborde l’Afrique orientale, l’expérience des Omanais en matière de navigation hauturière est très supérieure à celle des Portugais. La légende rapporte que c’est d’ailleurs auprès d’un fameux marin de Sur, le mythique Ahmad Ibn Majid, auteur d’un précis de navigation, de cartes sur le régime des vents et de relevés documentés des côtes indiennes, que Vasco de Gama apprendra tout des principes de la navigation astronomique…

Des connaissances qui lui permettront de rejoindre Calicut, en Inde, première étape de la mainmise du Portugal sur le commerce de l’océan Indien. C’est au musée local de la marine que les visiteurs pourront se familiariser avec les divers types de boutres fabriqués ici depuis des siècles, allant des sambuk, modestes embarcations de pêche côtière, aux ganja, deux mâts pouvant atteindre les 30 mètres de long adaptés aux croisières intercontinentales, soit autant de vecteurs de la prospérité du pays. Sur ne compte plus aujourd’hui qu’un seul chantier familial perpétuant le savoir-faire ancestral de la construction de boutres en bois. Ouvert aux visites, on peut y observer une quinzaine d’ouvriers à l’œuvre sur deux unités d’une vingtaine de mètres commandées par le cheikh du Qatar.

Sixième jour

Décollage en fin de matinée du vol Oman Air Paris-Mascate. Arrivée à Paris CDG en soirée.

Oman : aux portes du désert des déserts