Philip Plisson : de voyages en images

Bien qu’il soit officiellement “peintre de la Marine française”, Philip Plisson est aussi photographe. Ses clichés nous font voir la mer sous tous les angles et sous toutes les latitudes.

« Après trente ans de voyages, la destination qui m’a le plus marqué, c’est la Nouvelle-Zélande. Je l’ai découverte en 2000, j’y étais pour le changement de siècle… pour photographier la Coupe de l’America aussi ! Un mois passé là-bas à découvrir que cet endroit n’avait rien à voir avec l’Australie que je connaissais déjà. Quand on aime la nature, qu’on la photographie comme moi dans toute sa dimension, la Nouvelle-Zélande est le plus beau cadeau qui soit. Les habitants aussi sont fabuleux. Un jour, un Kiwi (c’est le surnom que l’on donne aux Néo-Zélandais) à qui je confiais me sentir vraiment bien dans son pays,m’a répondu : “C’est normal, nous sommes comme vous, les Français, nous aimons la table,le vin et les femmes !” J’ai adoré cette réponse si simple.

Lorsque je suis en voyage, j’aime tout aussi simplement aller de découverte en découverte : les rues, les odeurs, les bruits, les visages, les couleurs, la lumière, les paysages… Je marche des heures et des heures. Découvrir est un acte actif, volontaire… et que je prépare : je m’organise en fonction du temps qu’il fait. Alors, n’importe où dans le monde, la météorologie et moi, on ne se quitte pas : sur mon téléphone portable, je peux consulter quatre sites météo différents ! J’ai aussi toujours en poche la septième merveille du monde : la voilà… (Il montre, l’oeil pétillant, un petit appareil d’apparence anodine.) C’est un outil exceptionnel : un Canon G9… Vous comprendrez donc que là où je vais, il me faut quelques prises électriques pour recharger mes appareils. Une douche en plus, et cela me convient…

Quand je pars en reportage, c’est mon assistant, Christophe, qui se charge de tout : les rencontres, les prises de vues en hélico, en bateau… Je me laisse mener sans aucune appréhension. Parfois même, je découvre le programme dans l’avion seulement. Ce qui ne veut pas dire que je me désintéresse : le voyage est vital pour moi, six à huit mois de l’année, je suis ailleurs. Je voyage pour photographier et je photographie pour voyager. Je ne peux pas et je ne sais pas faire autre chose. Je n’ai pas d’autre vie depuis trente ans… Des projets de voyages à très court comme à moyen et long termes, il m’en faut toujours en tête. Malheureusement, même si avec l’âge je me donne de plus en plus de temps, je ne suis souvent, là où je vais, qu’un passant…

Un passager, j’adore l’être dans un avion ! Durant le vol, je bouquine et je dors, tout en gérant mon sommeil. Je me dois d’arriver en forme pour travailler. Pas évident car le confort n’est pas toujours à la hauteur de mes espérances… Et puis, je suis comme tout le monde, je crains aujourd’hui de prendre certaines compagnies… J’ai la chance d’avoir parmi mes amis un inspecteur international du transport aérien, alors, dans le doute, je l’appelle ! Depuis toujours, pour moi, le moment le plus magique dans l’avion, c’est lorsque la chef de cabine ferme la porte : elle attend le “ok” du responsable technique de la passerelle, puis se penche, attrape la porte… et d’un seul coup le bruit n’est plus le même. Alors je pense : “Ça y est, le cordon est coupé.” On n’est plus qu’entre nous, dans cet espace confiné. C’est à ce moment-là que pour moi le voyage commence ! »