Thaïlande : Phuket, retour sur la scène du tourisme d’affaires

Après une légère pause dans le monde du tourisme d’affaires, Phuket, l’île paradisiaque thaïlandaise, se remet à l’air du temps. Pour le meilleur ; avec des découvertes d’un bleu infini, mais aussi des visites de centres animaliers et des passages décoiffants dans la forêt préservée.

Un instantané enchanteur sur l’œuvre du temps : au large de Phuket, des millions d’années d’érosion ont composé la baie de Phang Nga, sculptant le plateau calcaire en autant de pitons ébouriffés, creusant ça et là des grottes et des tunnels, formant de petits lagons aux eaux cristallines.
Un instantané enchanteur sur l’œuvre du temps : au large de Phuket, des millions d’années d’érosion ont composé la baie de Phang Nga, sculptant le plateau calcaire en autant de pitons ébouriffés, creusant ça et là des grottes et des tunnels, formant de petits lagons aux eaux cristallines.

Reportage Serge Barret / Photos Alain Parinet

Cela donne des moulures et des guirlandes, des pilastres et des cannelés ; c’est bourré de fleurs de paradis et d’angelots fessus… Cela s’applique en stuc sur les façades mitoyennes de maisons haut perchées, comme un écho aux pâtisseries dont raffolait le XIXe siècle occidental, et se colore façon Miami Beach de tous les pastels de la création, du bouton d’or au pistache en passant par le rose layette. C’est charmant, d’autant plus qu’inattendu à Phuket-ville, capitale de l’île de Phuket, au sud-ouest de la Thaïlande.

On appelle cela le style sino-portugais. Un style unique généré par la bourgeoisie d’une importante colonie chinoise qui relayait les occupants d’un ancien comptoir portugais ; une population installée là au tournant du XIXe siècle, au temps où Phuket était une mine d’étain à ciel ouvert. Lequel étain sera remplacé un peu plus tard par la culture de l’hévéa et l’exploitation de la noix de coco, le tout faisant de Phuket la région la plus riche de toute la Thaïlande.

Coin de Soy Rommanee Street et de Thalang Road, 15 h. Au cœur donc du centre historique parfaitement restauré depuis le début des années 2000. La chaleur pourrait facilement concurrencer celle des salles les plus chaudes d’un hammam turc. Le calme est du même coup absolu, le silence presque total, à peine troublé par la présence d’un couple de jeunes mariés thaïlandais en pleine séance photo. S’en doute-t-il, ce tout jeune couple, qu’il se trouve là dans ce qui était autrefois la rue des plaisirs ?

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Au bout de quelques arcades sous lesquelles s’alignent maintenant des boutiques à souvenirs, des coffee shops, des glaciers et des restaurants, s’imposent les tuiles vernissées et la masse dorée d’un temple, le Wat Putta Mongkon, aux antipodes des canons de l’architecture religieuse occidentale. Des sculptures d’éléphants blancs, des rouges vifs – beaucoup de rouges vifs –, des autels et de mystérieuses divinités étouffant dans la fumée des bâtons d’encens. Des temples comme cela, on en trouvera en quantité, disséminés un peu partout dans le paysage de l’île. Mais pour l’instant, la promenade continue dans ce tout petit quartier colonial, quelques rues à peine. Elle mène à de très riches bâtisses, presque des hôtels particuliers, dont l’un abrite le Blue Elephant, sans doute le plus célèbre des restaurants de Phuket-ville.

La bâtisse, sorte de manoir exotique qui était autrefois la maison du gouverneur, trône au fond d’une esplanade gazonnée bordée de banians centenaires. Le sol a gardé ses carreaux verts et crème, les murs sont bleu canard, les sofas sont en rotin et, bien sûr, les ventilateurs tournent au plafond. C’est chicissime, surtout au premier étage où, au-dessus d’un escalier monumental de bois noir, on découvre les anciennes salles de réception dédiées aujourd’hui à des événements jusqu’à 500 personnes. Mais surtout, on accueille au Blue Elephant des groupes pour des cours de cuisine thaïe, avec dégustation des plats après la session. Le matin de bonne heure, le chef aide les participants à se procurer les ingrédients nécessaires au marché local, à deux minutes à pied. Et il est indispensable, ce chef. Car le marché est bien sûr tropical, avec tout ce qu’il faut de mangues, de bananes ou d’ananas, mais aussi d’herbes et de condiments mystérieux, et de bien d’autres choses pas franchement ragoûtantes, des poissons séchés par exemple.

On l’aura compris, les vieux murs de Phuket-ville n’occupent qu’un territoire très restreint. Ils ne nécessitent donc guère plus d’une demi-journée de découverte, culturelle évidemment. Car, pour le reste, la destination est avant tout balnéaire, avec des plages sublimes, des eaux cristallines et tout ce qu’il faut d’animations pour séduire le tourisme international depuis le début des années 80. Celui d’affaires compris. Précisément, côté balnéaire, on sera servi avec deux excursions en speed boat d’une bonne demi-journée chacune, là-bas dans les îles et îlots – il y a en a 39, inhabités pour la plupart – disséminés dans la mer d’Andaman, au large de Phuket. L’embarquement a lieu sur le port de plaisance, dès 7 h du matin, de façon à éviter le gros des touristes, les promenades remportant bien plus qu’un vif succès. Elles sont principalement à destination de deux îles rendues célèbres par deux films non moins célèbres : un James Bond, L’homme au pistolet d’or avec Roger Moore et Christopher Lee, et plus près de nous La Plage, avec Leonardo Di Caprio, Guillaume Canet et Virginie Ledoyen.

Navigation décoiffante

Le speed boat donc. Une expérience beaucoup plus sportive qu’on ne saurait l’imaginer. Car, poussé par ses trois moteurs de 200 chevaux, l’engin qui embarque une trentaine de personnes file à plus de 50 km/heure au-dessus des vagues. “Il peut aller jusqu’à 80”, fanfaronne le skipper. Non merci ! Le bateau bondit, retombe dans des gerbes d’écume et reprend son envol pour mieux affronter la mer. Le tout dans un bruit infernal, celui des moteurs s’ajoutant à celui de l’eau qui tape tant et plus sous la coque… Après une trentaine de minutes de navigation décoiffante, on pénètre dans la baie de Phang Nga, un paysage unique au monde fait de formations calcaires, des pics comme autant de clous plantés dans la mer et recouverts de végétation.

C’est le cas de l’île de James Bond, minuscule, très escarpée et qui donne surtout une vue sur le très photogénique piton rocheux de Ko Tapu, là où le très méchant Scaramanga cachait son arme secrète. A priori tous identiques, ces rochers ont, malgré tout, plus ou moins leur particularité. Pour l’un, on s’aventure, pieds dans l’eau et casque sur la tête, dans un long boyau plongé dans le noir et débouchant sur une clairière. Un cercle presque parfait d’une cinquantaine de mètres de diamètre totalement fermé par des falaises de 250 m. Du sable sale, quelques arbres morts, des flaques d’eau et c’est à peu près tout. Le décor est presque angoissant, même s’il préfigure un lieu bien plus idyllique, celui du film La Plage.

Et puis c’est une autre île, avec une armada de kayaks gonflables attendant leurs passagers, deux par embarcation plus le pagayeur, pour une promenade d’une heure dans la mangrove et les racines torturées des palétuviers. L’excursion comprend aussi la visite d’un village lacustre sur Ko Panyi, surnommé le village gipsy, habité par des pêcheurs musulmans autrefois venus d’Indonésie. Un vrai village de 2 000 personnes. Avec bistrot, échoppes, mosquée, école ouverte sur la rue-ponton, et même… un terrain de foot flottant de 16 m x 25 m, construit au départ pour les besoins d’un film publicitaire. Des ruelles très propres perchées sur leurs pilotis donc, de grosses planches disjointes grisées par l’eau de pluie, des maisons à la va-comme-je-te-pousse, des cuisinières à l’action à même le sol, des coqs s’égosillant et des chats somnolant dans des pots de fleurs… Le matin, le tout dégage un sentiment de calme absolu, celui qu’on ne trouve qu’au fin fond de toutes les campagnes du monde. Tout comme le décor, l’ambiance est fabuleuse. Les cinéastes ne s’y trompent guère, qui font leur champ d’action de ce miracle flottant.

  • Des pêcheurs venus d’Indonésie ont fondé un petit village sur pilotis plein de charme, Ko Panyi.
  • Temples chinois, monastères refermant d’immenses statues de Bouddha : l’île de Phuket recèle une multitude de sanctuaires flamboyants de couleurs.
  • Bus bariolés, tuk tuks, scooters à foison : Phuket n’échappe pas à la règle de conduite en Asie du Sud-Est.
  • Sur l’île de Koh Phi Phi, les bateaux à longue queue attendent les touristes pour des excursions autour de l’archipel.

Enfin, vient le déjeuner, un repas sans prétention servi dans un restaurant local installé au milieu d’une forêt d’hévéas. Retour à 15 h et farniente en bord de mer, car il faut bien récupérer de l’aventure speed boat. Demain, ou plutôt après-demain, ce sera au tour de la deuxième excursion, véritablement balnéaire celle-là, à Maya Bay, là ou fut tourné La Plage, à une heure environ de Phuket. En speed boat, évidemment. En fait de décor du film, on ne reconnaît pas grand-chose. La plage est bien là, cachée au fond de sa crique, la végétation tropicale aussi. Mais, pour ce qui est du lagon totalement fermé, rien du tout, car né tout droit de l’imagination du cinéaste. De plus, il n’est aujourd’hui plus question d’y débarquer les 6 000 à 8 000 visiteurs quotidiens d’autrefois. Trop de dégâts. Alors, on se contente d’une rafraîchissante partie de snorkelling au milieu de milliers de poissons tropicaux. Fabuleux.

Puis, après une île aux singes – des singes pêcheurs de crabes qui se baignent avec les touristes –, l’excursion marque un autre stop, dans un tout autre genre celui-là, à Loh Dalum Beach. Car la plage, longue plage blanche, est bordée de bistrots, de restaurants qui n’en ont que le nom et surtout de discothèques au sol de sable totalement ouvertes sur la mer. Cela donne, en panoramique et au coude à coude, le Stone Bar, l’Ibiza Bar, le Moonlight Bar ou bien encore l’Apache Bar… où la jeunesse du monde déchire ses nuits sur fond de cocktails barbares. L’île est facile d’accès, son autre rive accueillant force petits ferries. Le retour d’excursion dans cet archipel de Phi Phi se fera lui aussi vers 15 h, après un déjeuner sur une île inhabitée, voire sur un îlot de rêve pour les groupes de touristes d’affaires. Avec, dans ce cas, nappe blanche, fruits de mer et cocktail au champagne. Tout est possible. Hallucinante promenade dans la canopée à force d’eaux cristallines, de bleu lagon, de sable fin et de ciels infinis, bref, de toutes les cartes postales qui font rêver lorsqu’on est ailleurs dans la grisaille urbaine, on oublierait presque que Phuket sait aussi se faire verte, très verte, et se couvre par endroits d’une forêt tropicale primaire parfaitement préservée. Laquelle on va découvrir tout de go, vue d’en haut, lors d’une hallucinante promenade dans la canopée.

Dans le domaine, le Flying Hanuman est sans doute l’une des plus belles installations en Asie du Sud-Est. Dans un total respect de la nature qui plus est. Ce ne sont que ponts suspendus, passerelles, margelles, plates-formes délicatement attachées autour des troncs d’arbre, escaliers en spirales, tyroliennes – une bonne quinzaine, dont une de 400 m de long – et autres réjouissances sur plus de 80 000 m2. Le tout est parfaitement relié, ce qui permet de jouer non-stop à Tarzan pendant près de deux heures au-dessus de la canopée. Parfois à 40 m, et c’est haut 40 m, sans jamais mettre pied à terre, ni emprunter deux fois de suite le même chemin. Tout est prévu. Il y a même, un peu à l’écart, un parcours pour vraiment téméraires qui, une fois assis dans un siège-baquet, dévalent à une vitesse folle une sorte de rail suspendu, virevoltant au-dessus et entre les arbres… La force centrifuge agissant, les casse-cous volent parfois à l’horizontale. Pour autant, tout est dûment sécurisé. Une flopée de moniteurs accompagne les groupes, le casque est obligatoire, les harnachements sont doublés. Pourvu qu’on ne soit pas trop sujet au vertige, le parcours est à la carte. “De 4 à 80 ans”, annoncent les brochures.

Ça, c’est pour la forêt primaire tropicale vue du ciel. Mais, pour se faire une idée de ce qu’elle peut donner dans le clair-obscur de ses sous-bois, on choisira, pas loin de là, une promenade très facile d’une trentaine de minutes le long des eaux vives d’un torrent très énervé à l’époque de la mousson. Un joli chemin qui sent l’humus et se faufile entre les lianes jusqu’à une cascade marquant la fin du périple. Le tout accompagné, surtout au départ, d’un fond sonore tonitruant, celui d’une trentaine de gibbons, ces grands singes aux bras disproportionnés qui leur permettent de passer fort élégamment de branche en branche. Ce sont ceux du Gibbon Rehabilitation Project (GRP), un centre de réadaptation à la vie sauvage de gibbons maltraités. Une vraie découverte, bien dans notre époque  en tout cas, menée, entre autres, par une Française bénévole qui raconte les maltraitances dont sont sujets certains de ces animaux : comment on les utilise pour séduire les touristes et les faire prendre la pose pour les photos, comment on les drogue et les met dans des cages trop étroites et bien pire encore…

  • Dans la baie de Phang-Nga, excursions en canoë-kayak au pied des falaises.
  • Des escaliers en colimaçon grimpant tout en haut des arbres, des ponts surplombant la canopée, des tyroliennes pour survoler le tout : Flying Hanuman propose une expérience unique au cœur de la jungle.
  • Look d’Eden Paradise sur fond de mer d’Andaman. Les grands resorts installés en bord de plage n’économisent pas leur talent pour paysager des jardins extraordinaires. Le matin, on s’y amuse des oiseaux en maraude. Le soir, à la fraîche, on les sillonne gentiment à bicyclette. Ici, l’hôtel JW Marriott.

Les gibbons retournent à la vie sauvage

Certains de ces pensionnaires furent tellement battus dans leur ancienne vie qu’ils durent être amputés à leur arrivée. En plus léger, elle raconte aussi leur mode de vie, leur façon de fonder des familles et de rester en couple jusqu’à leur mort, et aussi en quoi consiste le programme de réhabilitation, notamment la manière dont on les prépare, pour certains en tout cas, au retour à la vie sauvage. Des anecdotes, aussi. Comme celle de ce mâle plusieurs fois relâché et qui revient systématiquement, préférant le confort de sa gigantesque cage aux affres de la jungle. Et peut-être bien aussi aux scènes de ménage… Du coup, sa femelle a refait sa vie. Il y a les gibbons, bien sûr. Mais ils ne sont pas les seuls animaux placés sous haute surveillance, pas les seuls non plus à bénéficier d’un programme de protection. Car les éléphants, selon certaines organisations de préservation, sont bien souvent eux aussi plus que maltraités. Même s’ils sont très soigneusement contrôlés par les services vétérinaires officiels. Idem pour leurs congénères travaillant dans les forêts. C’est en tout cas ce qu’expliquent les guides du Phuket Elephant Sanctuary.

  • La Thaïlande ayant banni l’exploitation des forêts naturelles en 1989, des organismes comme le Phuket Elephant Sanctuary préservent les pachydermes qui servaient aux travaux forestiers.
  • Dans la mangrove, des macaques pêcheurs de crabes.

Certaines agences de tourisme d’affaires l’ont bien compris, qui proposent la visite de ce centre plutôt qu’une promenade à dos de pachyderme. Une découverte passionnante d’une demi-journée, avec vidéoconférence expliquant le comment du pourquoi, suivie d’une promenade, évidemment accompagnée, à travers le domaine où paissent les gros animaux en toute liberté. L’heure du bain est proprement magique. Après un déjeuner ou un afternoon tea, c’est selon, il sera temps de rejoindre l’hôtel, ses jardins et ses animations balnéaires via des routes de campagne comme on en trouve un peu partout en Asie du Sud-Est. Des fils électriques par gros paquets, des cocotiers, des popotes improbables et encore des cocotiers, des cafés incertains et toujours des cocotiers, un temple et une supérette et re-des cocotiers, un centre de boxe thaï, des pancartes criardes et des néons… Le tout fabriqué à partir de tout et n’importe quoi, mais certainement pas fait pour durer.

La conception, pour le moins anarchique, mais pas exempte de charme une fois qu’on s’y est fait, préfigure celle de la capitale de la Thaïlande, souvent proposée en courte, trop courte escale lors d’un retour sur Paris. “Les groupes nous le demandent, dit Stephan Pohu, directeur MICE de l’agence Asiajet. Et c’est vrai que lors d’une opération si lointaine, il serait dommage se cantonner à une seule île et de ne pas passer au moins une journée à Bangkok.” Du coup, il faudra choisir entre un Bangkok classique, historique et monumental, et un autre Bangkok, plus près de la vraie vie, en élisant comme base l’un ou l’autre de ses quartiers totalement à l’écart des grands sites touristiques. Alors, sans hésiter, on optera pour le quartier chinois. Et à vélo qui plus est. Ce sera raccord avec l’orientation bien contemporaine de ce séjour.

Un air de campagne à Bangkok

Frange du quartier chinois, donc ; tôt le matin car la chaleur peut être torride dans la capitale thaïlandaise. Une promenade plan-plan de trois heures par groupes pouvant aller jusqu’à une vingtaine de bicyclettes ; une file indienne serpentant dans un autre monde, un “comme avant” qui se donne parfois des airs de village de campagne. C’est pas riche, loin s’en faut. Les maisons sont à bardeaux rafistolés et généralement couvertes de tôles rouillées ; les artisans frappent du marteau au ras du sol ; les cantines improvisées s’installent, comme d’habitude, à même les ruelles et les étalages des échoppes participent d’un joyeux fourbi. C’est calme, le ciment des rues est parfaitement briqué, pas un papier ne traîne, des arbrisseaux poussés là Dieu seul sait comment ajoutent encore à la paisible atmosphère, à mille années-lumière de l’hystérie ordinaire de Bangkok. Sauf que, au débouché d’une ruelle dont l’étroitesse ne permet le passage que d’un seul vélo à la fois, s’impose sur une place de belle dimension un temple flamboyant de tous ses rouges et ses ors, le Thian Fan. Bien loin donc d’un temple bucolique.

Mieux, après le passage d’un galimatias de ruelles grouillantes et, pour le coup, pas calmes du tout – épiceries, confiseries, bijouteries, gargotes et bazars –, on accède aux halles d’un gigantesque marché couvert ouvert 24 h/24, l’un des ventres de Bangkok que l’on traverse là aussi à bicyclette. Des odeurs donc, des tonnes de fleurs principalement à destination des grands hôtels et des restaurants, des fruits et légumes en pyramides et, sur le côté, le secteur poissons. Bref, un peu comme tous les marchés du monde, mais un air unique de halles de mégalopole. Comme avant à Paris. Après cela, on longe des klongs, ces canaux rescapés qui jadis striaient toute la ville, on traverse des ponts chinois et l’on atteint les rives du grand fleuve, le Chao Phraya, où croisent des barges à l’ancienne et des bateaux de touristes. Au grand soleil et les jambes un peu molles. Il ne faudra guère qu’une quinzaine de minutes pour se remettre de cette séance de sport urbain. Et c’est tant mieux. Car ce soir, après un cocktail sur le rooftop de l’un ou l’autre des grands hôtels du quartier de Sathorn/Silom, on en profitera pour déambuler un tout petit peu dans ce quartier. Quartier de nuit, là où l’on sent le diable marcher à côté de soi. On a le temps. L’avion pour Paris ne décolle que deux minutes après minuit.