Air France fait les comptes, et prépare une reprise très progressive

Le Conseil d'administration du groupe Air France-KLM s'est réuni mercredi. Au programme : l’impact financier de la crise sanitaire, et la reprise très progressive des opérations, avec un contrôle systématique de la température des voyageurs.

Air France
Lourdement pénalisé par la crise sanitaire, le groupe Air France KLM envisage l'avenir avec une prudence légitime

Sans surprise, le bilan comptable du groupe Air France-KLM, examiné le 6 mai par le Conseil d’administration du groupe, est bouleversé par l’effet Covid-19. D’après les chiffres dévoilés par le groupe aérien, le résultat d’exploitation de -815 millions d’euros recule de 529 millions d’euros par rapport à l’année précédente : une baisse « entièrement causée par le résultat d’exploitation de mars 2020 à -560 millions d’euros », indique le communiqué. Pourtant, l’année avait bien commencé, comme le souligne Benjamin Smith, DG du groupe Air France-KLM : « Le groupe Air France – KLM a réalisé un début de premier trimestre prometteur, en ligne avec les objectifs du plan stratégique présenté en Novembre 2019. Cependant, l’accélération de la crise du Covid-19 en mars a fortement impacté les résultats du groupe au premier trimestre ».

Air France KLM pourra néanmoins compter sur le soutien de l’Etat français, avec un prêt de 7 milliards d’euros dont les contreparties n’ont pas échappé à Benjamin Smith : « Nous travaillons sur un nouveau plan pour que le groupe Air France-KLM retrouve sa compétitivité dans un monde profondément bouleversé et réaffirme son leadership dans la transition durable du transport aérien. Ces nouvelles orientations seront présentées dans les prochains mois », indique le patron du groupe Air France KLM.

Quant à l’avenir, le groupe l’envisage encore très prudemment, à l’instar de son concurrent Lufthansa. Évoquant un « niveau d’incertitude élevé sur la durée de la crise du Covid-19 et son impact sur l’environnement macro-économique », la direction d’Air France KLM table sur « une lente reprise de l’activité à l’été 2020, avec la levée progressive des restrictions aux frontières, avec une capacité d’environ -95% pour le deuxième trimestre 2020 et -80% pour le troisième trimestre 2020 par rapport à l’année dernière ». Consciente que la demande ne pourra retrouver les niveaux de 2019 avant plusieurs années, la direction d’Air France KLM prévoit déjà de revoir son offre à baisse pour l’an prochain, avec « une réduction structurelle de la capacité d’au moins -20% en 2021 par rapport au niveau d’avant la crise de 2019 ».

Masques, température : les mesures sanitaires d’Air France

A l’instar de tous les acteurs du transport, Air France impose désormais le port du masque, obligatoire à partir du 11 mai. Comptant sur des taux de remplissages largement revus à la baisse, la compagnie aérienne compte néanmoins sur ces masques pour faire « barrière » quand le nombre de passagers à bord de l’appareil ne permettra pas une distanciation suffisante : « sur la plupart des vols, les faibles taux de remplissage actuels permettent le respect d’une distanciation physique. Dans les cas contraires, le port du masque par l’ensemble des passagers et par l’équipage garantit la protection sanitaire adéquate« , indique la compagnie. En outre, le transporteur met l’accent sur son système de recyclage d’air et sur le nettoyage des avions, en désinfectant notamment les accoudoirs, tablettes et écrans, et prévoit de pulvériser un produit virucide. Autre mesure : la suspension de la vente à bord et de la presse papier.

Air France a également adapté son dispositif en aéroport, avec des comptoirs dotés de Plexiglass, la désinfection des bornes libre-service, et la mise à disposition de gel hydro-alcoolique tout au long du parcours voyageur. En outre, le 11 mai marque aussi le début du déploiement d’un dispositif de contrôle de température au départ de l’ensemble des vols Air France. Les voyageurs seront ainsi contrôlés avec des thermomètres infrarouges, et « une température inférieure à 38°C sera requise pour pouvoir voyager » indique la compagnie. « Les clients présentant une température supérieure à cette valeur pourront se voir refuser l’embarquement et leur réservation sera modifiée sans frais pour un départ ultérieur« , est-il précisé.