Rémi Racine, Directeur d’Artificial Mind & Movement (A2M)

A2M est la plus grande entreprise indépendante de jeux vidéo au Canada. Comment avez-vous démarré l’aventure ?

Rémi Racine – En 1994, lorsque je me suis lancé, personne ne faisait de jeux vidéo à Montréal, alors même que c’était la ville de naissance de la 3D. Le monde des jeux vidéo se développait surtout au Japon, où il n’existait encore que la 2D. Aujourd’hui, une grande partie de notre production est basée sur du contenu connu. Nous travaillons sur des jeux issus de films comme Happy Feet, Iron Man, et l’année prochaine nous sortirons un Indiana Jones.

Pourquoi Montréal est-il un pôle central dans le monde du jeu vidéo ?

R. R. – Tout a commencé avec l’invention de la 3D qui a conduit artistes et programmeurs à s’intéresser à ce nouveau média. C’est ainsi qu’est née ici la culture du divertissement virtuel. À la fin des années 90, voyant que c’était un domaine porteur, le gouvernement a lancé un programme pour aider les entreprises à se développer dans ce marché, le “Crédit d’impôts multimédia”. Ce programme existe encore et permet aux jeunes de démarrer.

Quels conseils que donneriez-vous aux jeunes entrepreneurs qui voudraient se lancer ?

R. R. – Je leur dirais d’abord de venir travailler à Montréal pour se faire un bon carnet d’adresses. La ville draine beaucoup de gens créatifs qui gravitent autour du multimédia. Mais si cette effervescence est bénéfique, elle signifie aussi que la concurrence est grande. Et malgré les aides gouvernementales, le capital à fournir est plus élevé qu’avant, puisque ce sont principalement les PME qui dominent le marché. Mais si c’était à refaire, je le referais. C’est certain.