Roissy CDG 2G réinvente l’idée de l’aéroport

Ouvert ce vendredi 14 avril, le terminal 2G à Roissy repense les espaces de vie à l'intérieur d'une aérogare. Et préfigure une ère plus ludique et confortable pour les voyageurs sur l'ensemble des aérogares de CDG...
EXTIME ROISSY CDG 2G
Une salle d'embarquement et d'attente rappelant un hôtel pour l'aérogare de CDG 2G (Photo: Luc Citrinot)

De larges banquettes constituées de « boudins » de taille diverse, des fauteuils de relaxation, des tables de jeux ou encore une fontaine. Le tout éclairé de lampadaires design et égayé de sculptures dont les formes évoquent l’architecture du centre Pompidou.

Depuis le 14 avril, c’est la salle d’embarquement unique ouverte aux passagers dans l’aérogare 2G de Roissy Charles de Gaulle. Un design qui réinvente littéralement les temps d’attente en aérogare et que les autorités ont nommé « Extime ».

Une petite révolution marketing pour le groupe ADP qui se tourne vers l’idée de produire un concept basé autour de l’état psychologique, des émotions du voyageur dans son parcours en aérogare.

Espace anti-anxiogène

« On sait qu’un passager va avoir un temps « subi » – c’est à dire un temps en aéroport de 2h32 en moyenne. 60% de ce temps sera de l’attente qui succède au temps d’enregistrement. Ce dernier est perçu comme stressant. Le temps qui suivra ensuite en zone réservée, nous allons le transformer de temps « subi » en temps « donné ». Avec une ambiance propice à la détente, aux découvertes », explique Caroline Blanchet, Chief Marketing Officer Groupe ADP.

« Extime est une nouvelle marque d’hospitalité sans hôtel. Une marque qui se déclinera également dans nos salons et nos boutiques hors-taxes. On a ici créé « Extime hosted by Aéroports de Paris ». Le concept se décline sur la même logique qu’une chaîne d’hôtels appliquant son identité. Extime va donc concerner toutes les aérogares de CDG. Et on pourrait penser à d’autres aéroports dans un futur proche avec une approche d’hospitalité similaire », raconte Mathieu Daubert, Directeur du groupe Clients d’ADP.

Pour appliquer cette idée de valeur d’hospitalité, le groupe ADP a travaillé sur plusieurs marqueurs.

A commencer par le design en faisant appel à des cabinets d’architecture et de design d’intérieur. Dans le cadre de CDG 2G, c’est Dorothée Meilichzon, de l’agence CHZON, qui a travaillé l’aménagement de la salle d’embarquement.

Avec une atmosphère très inspirée par les années 70 avec de larges banquettes boudin, des fauteuils et tables de bois massif aux courbes arrondies, des sculptures sinueuses de plastique blanc. « On a travaillé sur les couleurs mais aussi sur les matériaux robustes pour le passage de voyageurs. Et également durables. Les lampes et corbeilles sont des objets recyclés – les lampes viennent par exemple d’anciennes hélices et les corbeilles sont d’anciens trolleys de service de compagnies aériennes en cabine », décrit Dorothée Meilichzon.

« Revival Seventies » en salle d’embarquement (Photo: LC)

L’autre marqueur est le service. Outre cette idée d’un lieu « anti-anxiogène » avec cette atmosphère plus proche d’un hall d’hôtel ou d’un salon que d’une aérogare, le groupe met en place une offre de services. Des concierges mais aussi un « Maître de Maison »-sorte de maître d’hôtel- vont veiller à la satisfaction des passagers et à les aider. Des espaces dédiés à la culture, des espaces de travail, de jeux – certaines tables pouvant servir d’échiquier par exemple- sont ainsi disséminés le long de l’espace d’embarquement et d’attente.

Après CDG 2G, Extime à CDG1 et Orly 4

Roissy CDG 2G est le premier à se transformer. De fait, la fermeture de l’aérogare en raison du covid a été propice à cette métamorphose. Mais Mathieu Daubert explique que le groupe ne s’arrête pas là. « Le prochain terminal avec le concept Extime sera le Terminal 1 dont la réouverture est prévue en décembre. On devrait ensuite avoir Orly 4 et le Terminal de CDG 2E K. On travaille également sur une reconfiguration à CDG 2F. Chacun aura une identité propre puisque nous travaillons avec des équipes de design différentes », ajoute-t-il.

Côté investissements, la métamorphose des espaces d’attente à CDG n’ont représenté qu’un surcoût de 2% à 3% en termes d’investissements. Un surplus sommes toutes raisonnable. Et l’on peut donc s’interroger pourquoi il n’a pas été appliqué plus tôt lors de la réfection d’autres aérogares. Probablement parce que ce n’était pas dans l’air du temps.