
Pour la troisième année consécutive, la SNCF roule dans un paysage plus vert que jamais, la compagnie ferroviaire ayant enregistré un bénéfice de 1,3 milliard d’euros. Toutefois, ce bénéfice est moins flamboyant que les 2,4 milliards gagnés en 2022, année de sortie de la pandémie, même si le chiffre d’affaires a continué de croître de 5,4% pour s’établir à 41,8 milliards d’euros. Pour la partie transport de passagers, la SNCF peut ainsi se targuer d’un réel succès commercial marqué par des trafics en progression de 6% pour les TGV en France et à l’international avec un total de 156 millions de passagers, de 5% pour les Intercités avec 11 millions de voyageurs, de 7% pour les trains régionaux (TER) et de 6% pour Transilien en Ile-de-France.
Malgré « la hausse des charges de l’inflation et l’impact des comptes des mouvements sociaux du 1er trimestre » selon le rapport d’activité, ces bons résultats commerciaux – et la hausse des tarifs ! – ont permis à SNCF Voyageurs et à Keolis de voir leur chiffre d’affaires progresser de respectivement de 10,4% et de 6,6%. Il faut également noter l’excellente performance de la branche SNCF Gares & Connexions, en augmentation de près de 10% en raison des différentes prestations facturés aux différentes compagnies ferroviaires (dont ses concurrentes) et les revenus des locations de commerces dans ses gares, les plus importantes devenant de véritables centres commerciaux.
Confirmation du plan stratégique
La SNCF souligne également sa bonne santé financière avec une dette nette en baisse de 24,2 Md€ et un cash-flow libre positif de 2,5 Md€, doublé par rapport à 2022. Le plan de performances a notamment permis des économies d’un montant de 700 M€. De quoi poursuivre de façon sereine son plan stratégique qui vise à faire du groupe un « champion de la mobilité durable« , à augmenter ses investissements dans la rénovation du réseau ferroviaire hexagonal et de ses gares, à assurer le renouvellement de son matériel roulant avec l’acquisition de rames dont le prochain TGV M notamment. Et de souligner que ces investissements ont atteint un niveau record, à plus de 10 Md€ (dont 95% réalisés en France), un tiers à la charge du groupe ferroviaire, le reste provenant des financements assurés par l’Etat, les régions et les collectivités locales. A cela il faut tenir compte du milliard d’euros également versé au fonds de concours que l’Etat a pareillement décidé d’attribuer à la remise à niveau du réseau ferré national.
Selon Jean-Pierre Farandou, Pdg du groupe SNCF, « 2023 est une année historique pour le ferroviaire et pour le Groupe SNCF. Les grandes priorités se dessinent avec la validation du plan stratégique à 10 ans. Il s’inscrit parfaitement dans la « nouvelle donne ferroviaire » décidée par le Gouvernement avec un plan d’investissement de 100 Mds€ d’ici 2040. Le groupe SNCF est au rendez-vous de cette nouvelle révolution ferroviaire, de cette ambition de doubler la part du ferroviaire d’ici 2040 : hausse des investissements dans la régénération et la modernisation du réseau ferré, acquisition de matériel TGV de 5ème génération, modernisation des technicentres… Ce plan contribuera à l’extension de l’attractivité du train pour la qualité de vie du plus grand nombre« .
Une SNCF également plus verte
Le groupe SNCF poursuit aussi ses engagements en matière de transition écologique. Il mise notamment sur l’utilisation « d’une électricité décarbonée, durable et à coût maitrisé » grâce à la création de la filiale SNCF Renouvelables et la couverture de panneaux solaires de ses innombrables emprises et notamment de ses gares. L’objectif affiché est de disposer de 15 à 20% d’électricité verte d’ici 2030. D’autres actions sont également entreprises comme une meilleure gestion de l’eau afin de diminuer les prélèvements, le tri des déchets, la mise en service de rames quasiment recyclables à 100%…
Déjà, malgré la hausse de son activité en 2023, l’entreprise a réussi à diminuer sa consommation d’énergie de 7% en un an et de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 8%. « L’année 2023 a été marquée par l’accélération de notre stratégie RSE, que ce soit pour répondre aux défis écologiques ou aux défis humains, a ainsi estimé Jean-Pierre Farandou. Nous apportons ainsi notre contribution au défi de la transition et de la souveraineté énergétique« . Le groupe SNCF fait aussi valoir que « 50% de son chiffre d’affaires provient d’activités ayant un impact positif sur l’environnement, contre 44% en 2022« . Une progression qui vient là encore des bons résultats de trafics enregistrés par SNCF Voyageurs.
Le groupe ferroviaire prudent pour 2024
Si 2022 et 2023 ont marqué la reprise de l’activité pour le groupe ferroviaire au sortir de l’impressionnante crise Covid, la SNCF se montre prudente pour l’exercice en cours. En cause, le contexte géopolitique international avec la guerre en Ukraine et le conflit à Gaza, mais aussi est surtout au ralentissement économique en France (avec une hausse du PIB ramenée à 1,2%) et en Europe qui pourrait toucher à la fois le transport de passagers mais aussi Geodis et Rail Logistics Europe pour ses activités logistiques. Une autre inconnue réside aussi dans l’importance d’éventuels mouvements sociaux à l’approche des JO. Tout en contrôlant ses coûts (énergies, travaux…), le groupe prévoit néanmoins d’accentuer ses investissements, à hauteur de 11,7 milliards d’euros cette année. Côté tarifs pour l’activité Voyageurs, ils seront gelés pour les TGV Ouigo et trains Intercités, la hausse devant atteindre les 2,6% pour les TGV Inoui, en conformité avec la hausse attendue de l’inflation.




















