
Spirit Airlines, la compagnie low-cost basée en Floride, souffre de plus en plus d’un marché aérien américain déprimé. Le transporteur a ainsi averti ses investisseurs qu’il existait un « doute substantiel » quant à sa capacité à poursuivre ses activités au-delà des douze prochains mois. En cause : des pertes persistantes, des revenus en baisse de 20 % sur un an et des exigences accrues de garanties de la part des sociétés de cartes de crédit. Ces dernières grignotent de fait peu à peu toute la trésorerie de Spirit.
Le transporteur a déjà licencié 270 pilotes en juillet et rétrogradé le statut de 140 autres. Elle a également réduit son programme de vols cet été. Et cherche désormais à lever rapidement des liquidités en vendant des moteurs de rechange ainsi que ses emplacements dans les aéroports. Si nécessaire, Spirit Airlines pourrait même vendre ses avions. « Il n’y a pourtant aucune garantie que ces mesures suffisent », prévient la direction.
Spirit Airlines subit à la fois l’essoufflement de la demande intérieure américaine et la pression de ses créanciers. Depuis sa sortie de faillite, la compagnie a enregistré une perte nette de 256,7 millions de dollars. Son modèle « ultra low cost », qui a contribué à faire baisser les prix aux Etats-Unis, est aujourd’hui menacé.
La disparition de Spirit ferait flamber les prix sur le domestique
Ce scénario inquiète d’autant plus que la tentative de rachat par JetBlue Airways a été bloquée début 2024 par un juge fédéral pour des raisons antitrust. Le magistrat avait souligné « l’effet Spirit ». Il estimait alors que l’arrivée du transporteur sur un marché faisait baisser en moyenne de 7 à 11 % les prix des concurrents.
Selon l’analyste aérien Scott Keyes, la disparition de Spirit ferait mécaniquement grimper les tarifs aériens, même pour les passagers qui n’ont jamais volé avec la compagnie. Son retrait de certains marchés a déjà provoqué des hausses spectaculaires. A l’instar par exemple de la ligne Denver-Fort Lauderdale, dont les tarifs ont augmenté de 22 % depuis son retrait.
Pour le PDG Dave Davis, Spirit n’est pas condamné mais se bat contre la montre. Reste à savoir si l’entreprise trouvera le soutien financier nécessaire pour terminer l’année.

















