Quelles stratégies pour les compagnies britanniques face au Brexit ?

Après l’annonce de la création d’easyJet Europe en Autriche, quelles sont les stratégies des autres compagnies britanniques pour faire face aux conséquences du Brexit dans le ciel européen ?
British Airways DR
le siège du groupe IAG, sous lequel opère notamment British Airways, est basé à Madrid

Alors qu’easyJet vient d’annoncer le 14 juillet le lancement d’une filiale européenne en Autriche en prévision du Brexit, il semble que toutes les compagnies britanniques se soient dotées d’un « plan B » ou sont plus ou moins à l’abri d’un retrait du Royaume-Uni du marché unique européen. Le cas le plus simple est celui de Ryanair. La compagnie a certes sa plus grosse activité au Royaume-Uni mais elle est basée en Irlande, membre de l’Union Européenne. Ses vols Union Européenne/Royaume-Uni tomberont donc sous le coup d’un accord bilatéral à venir sur le transport aérien entre les deux protagonistes. Le plus sensible pour Ryanair est la desserte domestique à l’intérieur du Royaume-Uni comme les axes Londres-Ecosse ou Londres-Irlande du Nord. Ryanair devra éventuellement obtenir un certificat opérationnel de transport aérien par les autorités britanniques pour opérer des lignes au sein du Royaume Uni.

Autre cas simple : celui de Virgin Atlantic qui n’opère que des lignes long-courrier depuis le Royaume-Uni, donc non soumises aux contraintes juridiques liées au Brexit.

Le siège du groupe IAG, sous lequel sont regroupées British Airways et Iberia, est quant à lui basé en dehors de la Grande Bretagne, à Madrid. En outre, l’entité opère trois compagnies déjà basées en EuropeIberia, Vueling et Aer Lingus. Plus de 50% des parts de la compagnie se trouvent dans les mains d’investisseurs enregistrés en Europe – y compris pour Qatar Airways, dont les 20% de part de marché se trouvent en fait dans les mains d’une filiale luxembourgeoise.

La semaine dernière, le PDG d’IAG, Willie Walsh se trouvait devant le comité Transport et tourisme du Parlement Européen pour plaider en faveur d’un accord de ciel ouvert entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni. Willie Walsh a enjoint les parlementaires d’adopter un accord aussi libéral, voire même plus libéral que les accords de ciel ouvert qui régissent les lignes entre l’Union et les Etats-Unis ou le Canada.

« Un tel accord permettrait aux compagnies de chaque côté de la Manche d’opérer des lignes entre et à l’intérieur des deux territoires”, souligne Willie Walsh. Qui rappelle également qu’une solution rapide doit être trouvée. Les horaires, capacités aériennes et lignes sont généralement fixés un an avant leur entrée en vigueur effective pour des questions de planification mais aussi de commercialisation. Ce qui signifierait qu’une solution devrait émerger avant le 31 mars 2018, un an avant la sortie officielle du Royaume-Uni de l’Union Européenne. Il est probable qu’un accord pourrait donner un délai temporaire aux compagnies des deux côtés de la Manche pour une transition en douceur.