Taxer davantage plutôt qu’interdire l’aviation privée en France

L'aviation privée est de nouveau sur la sellette. Mais plus qu'une interdiction pure et simple comme le souhaitent certains députés, le gouvernement veut taxer davantage les jets privés.
taxer l'aviation d'affaires
Le très luxueux Bombadier Global 7500 de la compagnie Vistajet à l'aéroport du Bourget (Photo: LC)

Les jets privés sont dans l’œil du cyclone depuis plusieurs années en France, notamment avec les problèmes liés à la pollution et au réchauffement climatique. De nombreux députés écologistes ou de gauche réclament tout simplement de bannir l’aviation générale en France, la qualifiant d’une « aviation pour les riches » outre les nuisances qu’elle génère.

Selon un rapport récemment publié par Greenpeace et réalisé par CE Delft, une société néerlandaise de conseil en environnement, l’Europe aurait enregistré plus de 572 000 vols privés en 2022. Soit plus de 3,3 millions de tonnes d’émissions de carbone. Entre 2020 et 2021, les vols ont presque triplé et les émissions ont plus que quadruplé. De 2021 à 2022, les vols ont été multipliés par 1,5 et les émissions ont plus que doublé. Un constat auquel ne peut rester insensible l’opinion publique.

Le gouvernement Borne se veut plus pragmatique, reconnaissant aussi que l’aviation d’affaires est un facteur économique important et une mobilité efficace. Notamment lorsqu’il permet de se rendre au plus vite d’un lieu à un autre pour un motif d’affaires.

Le gouvernement va donc couper la poire en deux. Plutôt que de bannir, il va davantage taxer l’aviation d’affaires. C’est ce qu’a indiqué en substance le Ministre des Transports Clément Beaune. Il reconnaît devant les députés « certaines pratiques choquantes, souvent décalées, parfois inacceptables« . Mais totalement interdire serait compliqué. Cela demanderait des contrôles complexes : quelles activités, quelles distances devraient ou non être bannies pour l’aviation d’affaires ?

Taxer davantage ? C’était déjà le cas dans le Budget 2023 où la taxe sur les carburants a été relevée de 70%. Clément Beaune n’exclut donc plus de l’augmenter de nouveau en 2024. Et peut-être ainsi réussir à dissuader quelques adeptes de ce moyen de transport…