Teso : nouveau centre de gravité à Toulouse

Avec le quartier d’affaires de Toulouse Euro-Sud-Ouest, autrement dit Teso, la capitale occitane va pouvoir s’imposer à l’horizon 2030 avec une offre de bureaux décuplée.

La tour Occitanie, dessinée par Daniel Libeskind, est attendue en 2022.© Luxigon
La tour Occitanie, dessinée par Daniel Libeskind, est attendue en 2022.© Luxigon

Malgré plusieurs pôles d’excellence et de R&D ayant récemment vu le jour en périphérie de la métropole, en dépit d’un dynamisme et d’une volonté de vivre pleinement ancrée dans la modernité, Toulouse n’avait pas, jusqu’à présent, de quartier d’affaires à proprement parler. En conséquence, l’offre d’espaces de bureaux y était clairement insuffisante. Le socle de l’identité toulousaine reposant sur l’innovation, la ville a vu ces dernières années se développer le campus Toulouse Aerospace  avec un bâtiment phare, le B612, centre d’innovation dédié à l’aéronautique et la recherche spatiale inauguré en juin 2018. En juin 2020, un parc des expositions et centre de conventions de dernière génération, le MEETT, verra le jour au sein du Parc aéroportuaire et aéronautique.

Autres manifestations de l’esprit entreprenant de la capitale occitane, on peut aussi citer, sur l’ancienne base aérienne de Francazal, un nouveau campus dédié aux transports intelligents où Urban Air Mobility, filiale d’Airbus, expérimente un système de taxis volants, tandis qu’EasyMile s’y essaie aux navettes autonomes. Enfin, le pôle Oncopole, tourné vers la recherche sur le cancer, la gérontologie et le bien-être, rappelle que Toulouse compte plus de 2 200 chercheurs rassemblés autour de ses huit hôpitaux et une dizaine de cliniques.

Si les centres de recherche se sont développés de manière quasi organique, les pôles dédiés au tertiaire se devaient encore de sortir de terre, de préférence à proximité du centre-ville. “Toulouse possède de magnifiques immeubles anciens, mais qui sont bien trop exigus pour accueillir des bureaux. Tous les commercialisateurs nous réclamaient des m2 supplémentaires, et le secteur de la gare Matabiau s’est naturellement imposé”, explique Dominique Faure, vice-présidente de Toulouse-Métropole en charge du développement économique.

En effet, la gare toulousaine, qui devrait à terme accueillir le TGV, nécessitait une importante restructuration, de même que ses alentours accueillant logements et commerces insalubres. Du coup, la SNCF, en partie propriétaire du terrain, a lancé un appel à projets sur un ancien site de tri postal. C’est donc sur ce constat que Toulouse Euro-Sud-Ouest (Teso) a vu le jour et devrait incarner le quartier d’affaires moderne d’ici son achèvement en 2030.

Dès 2022, la tour Occitanie, un gratte-ciel de 40 étages et 30 000 m2 de bureaux signé par l’architecte américain Daniel Libeskind, deviendra l’emblème du quartier. La SNCF, bien sûr, y installera son siège, mais on y trouvera aussi des services, des habitations et des commerces. D’ailleurs, un grand centre commercial, similaire à celui de Lyon-Part Dieu, devrait également voir le jour, et fédérer des restaurants, des lieux de coworking. En somme, une toute nouvelle vie de quartier.

START-UP PARÉES AU DÉCOLLAGE

Latécoère. Le nom rappelle les débuts de l’Aéropostale, le temps des Mermoz et Saint-Exupéry. Si le groupe, aujourd’hui centenaire, reste un acteur de premier plan du secteur aéronautique mondial, les halles de montage d’où sortirent ses premiers avions vont connaître une nouvelle vie, entièrement dédiée à l’innovation. Situées dans le quartier de Montaudran, elles accueilleront dès 2020 la Cité des start-up, un projet financé par la région Occitanie. Le lieu hébergera un espace “tiers-lieu” comptant 280 postes de travail, des salles de réunions, un auditorium et des espaces projet, le tout accompagné de services pour faire grandir les jeunes pousses. En outre, un fab lab sera accessible aux entreprises et aux étudiants afin de pouvoir tester leurs prototypes.