L’aéroport de Toulouse vise 10 millions de passagers

Après quatre ans à la tête de l'aéroport de Toulouse Blagnac (ATB), l'investisseur chinois Casil Europe a été approché le 15 mai par Eiffage pour reprendre cette participation. Ce qui ne devrait rien changer à la stratégie de développement de Toulouse, cinquième aéroport français avec 9,63 millions de passagers en 2018.

Aéroport de Toulouse
Philippe Crébassa, Président de l'Aéroport de Toulouse Blagnac

Casil Europe était entré en 2015 dans l’actionnariat d’ATB à hauteur de 49,99%, ouvrant la voie à un fort programme d’expansion des installations aéroportuaires et dans le développement du réseau de la plate-forme. Le refus du gouvernement français à Casil Europe d’augmenter sa participation dans l’aéroport a précipité le départ du groupe sous management chinois.

Le départ des investisseurs chinois n’affectera cependant pas le développement futur de Toulouse, troisième aéroport régional de France, selon Philippe Crébassa, actuel Président d’ATB. Les dernières années ont vu en effet la plate-forme progresser en quantité comme en qualité. « Après 50 millions d’euros investis au cours des deux dernières années, notre capacité d’accueil est de 12,5 millions de passagers », indique le PDG d’ATB.

« L’an passé, nous avons ainsi ouvert au public l’agrandissement du hall D avec un nouveau point de contrôle de sécurité centralisé, une zone commerciale ainsi qu’une jetée dédiée aux vols régionaux et low cost. Nous offrons désormais aux passagers un confort de classe mondiale. Cela se traduit par de nouveaux comptoirs d’enregistrement, un passage des contrôles de sécurité aux dernières normes technologiques, un choix de boutiques digne d’un grand aéroport, un salon affaires de grande capacité, la présence d’un hôtel quatre étoiles intégré à l’aérogare et une liaison directe en tramway avec Toulouse« , souligne encore Philippe Crébassa.

La ligne Paris-Toulouse reste l’un des moteurs de la plate-forme, la durée de voyage en TGV vers Paris – entre 4 heures 20 et 5 heures en moyenne – faisant de cette ligne aérienne l’une des moins exposées à la concurrence SNCF.  « Paris Orly-Toulouse est de fait la première ligne intra-européenne avec 32 fréquences quotidiennes et 2,3 millions de passagers auxquels il faut ajouter encore 900 000 passager avec Roissy. Avec plus de 3,2 millions de passagers par an, Toulouse-Paris représente encore 33% de notre trafic », explique Catherine Gay, Directrice Stratégie et Développement d’ATB.

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Des long-courriers réguliers en 2020 ?

Néanmoins, c’est le trafic international qui connait les plus fortes progressions. « L’international a dépassé pour la première fois le trafic national avec 4,8 millions de passagers contre 4,72 millions pour le national. L’international gagne des parts de marché chaque année, notamment grâce à la dynamique low-cost. La part de marché des transporteurs low-cost s’élève à 42,2 % de l’ensemble des passagers, easyJet étant même devenue la compagnie la plus importante de l’aéroport avec 2,52 millions de passagers et 25 destinations », décrit Catherine Gay.

Cependant, le groupe Air France-KLM – présent à travers Air France, KLM et Hop by Air France – génère le plus grand nombre de passagers à 3,33 millions, soit une part de marche de 34,5%.

Les perspectives 2019 s’annoncent plutôt bonnes. « Nous croisons les doigts pour atteindre les dix millions de passagers cette année, ce qui serait une première pour notre plate-forme. Au pire ce chiffre sera atteint en 2020 », indique Philippe Crébassa.

« Nous mettons beaucoup d’espoirs sur le long-courrier, qui reste le maillon faible de notre aéroport pour le moment. Certes nous avons des vols charters réguliers sur le Canada. Nous venons tout juste d’accueillir un vol spécial en provenance de Tokyo sur un Boeing 777 d’Air France, qui a représenté la première liaison entre le Japon et une région française », précise encore Catherine Gay.

« Nous devrions accueillir Air Canada en 2020 et travaillons à l’installation d’un transporteur américain pour la desserte de la côte Est des Etats-Unis. Nous espérons également beaucoup du nouvel accord de ciel ouvert Union Européenne – Qatar avec l’arrivée de Qatar Airways à Toulouse« , conclue-t-elle.