Des tests antigéniques arrivent en aéroports

De nombreux aéroports annoncent des tests antigéniques au Covid pour les passagers. Le gouvernement français a confirmé qu'Aéroports de Paris lancera le 26 octobre prochain ces tests à Orly comme à Roissy, première plate-formes françaises à proposer ce service.

Orly
Les aéroports d'Orly et de CDG seront les premières équipées des nouveaux tests antigéniques

Une bouée de sauvetage pour un trafic aérien plombé par la pandémie de Covid ? C’est ce qu’espèrent les aéroports européens, notamment français, avec le lancement des tests antigéniques pour la détection du covid.

Le test antigénique est effectué de la même façon qu’un test PCR à partir de prélèvements dans les narines, par écouvillon. Son avantage est sa grande rapidité de résultat car il ne nécessite pas d’analyse en laboratoire. Il ne détecte en fait que les protéines du virus et non ses molécules.

Le résultat peut ainsi être obtenu en moins de trente minutes. Seul inconvénient: une fiabilité légèrement inférieure à celle des tests PCR. Mais cette dernière est en train de s’améliorer.

Un tel test pourrait du coup sauver le trafic aérien et relancer en partie la machine des voyages. En France, l’Union des Aéroports Français UAF a enregistré une chute de -62,9% au premier semestre 2020 du trafic passagers. Si l’on considère la période marquée par la pandémie (de mars à fin août) la chute du trafic atteint 81,1%. Ce qui représente la disparition de 87 millions de passagers.

Selon Nicolas Paulissen, Délégué général de l’Union des Aéroports Français, de tels tests pourraient d’abord être disponibles pour les passagers à l’arrivée venant de zones à risques.

Cependant, Aéroports de Paris va proposer également ce service aux passagers au départ. Jean Baptiste Djebbari, ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, chargé des Transports, a en effet promis la mise en place dans les aéroports français de ces tests antigéniques, au départ et à l’arrivée de destinations comme l’Italie ou les États-Unis. Seuls les passagers testant négatifs pourraient ainsi embarquer.

Le lancement est prévu le 26 octobre selon Aéroports de Paris et suit l’aéroport de Marseille, pionnier de ces nouveaux tests. L’aéroport de Nice devrait suivre dans la foulée. Lyon indique aussi réfléchir à proposer rapidement ce système de tests.

Tests antigéniques au départ

« Les tests antigéniques pourront en fait être pratiqués par les pharmaciens, médecins et infirmières avant un départ. On attend encore que la réglementation fixe un cadre stable. Ce qui inclut la prise en charge ou le prix. Une fois fixés, on peut aussi penser que les aéroports pourraient proposer des tests aux passagers au départ. Mais cela doit rester limités à des cas d’urgence ou de dernière minute afin d’éviter un engorgement des aérogares. Les aéroports n’ont en effet pas une vocation médicale« , estime Nicolas Paulissen.

Selon le délégué de l’UAF, on peut penser que les aéroports français pourraient offrir avant la fin de l’année ce service aux passagers. Reste tout de même une incertitude de taille. L’homologation et l’acceptation de ces tests antigéniques par tous les pays. « On peut penser que l’on obtiendra d’abord un consensus au niveau de l’Union Européenne avant d’autres pays. Ce qui sera essentiel pour lever les mesures de confinement obligatoire et de quarantaine. Les deux tuent en effet toute initiative au voyage », analyse encore Nicolas Paulissen.

Certains aéroports comme Milan, Rome ou Vienne proposent déjà ces tests. Leur généralisation à toute l’Union Européenne permettrait du coup d’enlever pour les voyageurs cette incertitude face aux quarantaines obligatoires. Et de relancer un transport aérien à l’agonie.

(mise à jour le 26 octobre 8h45)