
L’étude publiée le 19 avril par Trainline s’inscrit dans un contexte relativement sensible. Depuis plusieurs années déjà, l’avion est pointé du doigt pour son impact sur l’environnement, et la tendance s’est accélérée avec le phénomène du « flygskam », ou la « honte de prendre l’avion ». Or, avec la crise, les subventions accordées par l’Etat aux compagnies aériennes ont parfois entraîné des contreparties environnementales, avec en particulier le projet de d’interdire les vols domestiques là où le train offre une alternative viable. D’ailleurs, les responsables de l’étude publiée par Trainline ne manquent pas de le rappeler en préambule de...
L’étude publiée le 19 avril par Trainline s’inscrit dans un contexte relativement sensible. Depuis plusieurs années déjà, l’avion est pointé du doigt pour son impact sur l’environnement, et la tendance s’est accélérée avec le phénomène du « flygskam », ou la « honte de prendre l’avion ». Or, avec la crise, les subventions accordées par l’Etat aux compagnies aériennes ont parfois entraîné des contreparties environnementales, avec en particulier le projet de d’interdire les vols domestiques là où le train offre une alternative viable. D’ailleurs, les responsables de l’étude publiée par Trainline ne manquent pas de le rappeler en préambule de leur rapport : « Le volet « Se déplacer » du projet de loi Climat et Résilience, qui prévoit d’interdire les vols nationaux possédant une alternative ferroviaire d’une durée inférieure à 2h30, va profondément bouleverser le tourisme et le voyage d’affaires post-Covid-19 ». Et de poursuivre : « Privés de ces trajets aériens, les Français seront encouragés à privilégier le train. Au-delà de ses vertus environnementales évidentes, cette alternative se révèle également moins chère… et plus rapide ».
Assurer la promotion du transport ferroviaire n’a rien de particulièrement surprenant pour une plateforme de réservation… ferroviaire. Mais Trainline a tenu à s’appuyer sur des données chiffrées pour appuyer son propos. Et assure que « Sur un trajet de moins de 2h30, voyager en train plutôt qu’en avion est presque deux fois plus rapide, moins cher et plus de 100 fois moins polluant ». Sur le plan économique, et malgré la pression tarifaire liée à la concurrence qui fait rage dans l’aérien depuis plusieurs années, le train pourrait s’avérer plus avantageux. En effet, les auteurs de l’étude Trainline ont adopté une approche de porte-à-porte : « en comptabilisant le billet ainsi que les trajets annexes, l’avion est en moyenne 1,8 fois plus cher que le train », assurent-ils, précisant qu’ « un trajet Paris-Bordeaux revient à environ 76€ en avion contre 53€ en train. Certains trajets sont plus de deux fois plus chers en avion, comme Marseille-Lyon ou Paris-Rennes ». Un calcul plausible s’il s’agit de prendre en compte la course en taxi jusqu’à l’aéroport, mais plus discutable quand les auteurs se basent sur les transports en commun : « En plus du billet seul, l’écart de prix se justifie notamment par les trajets annexes, le RER pour aller à l’aéroport étant par exemple plus cher que le métro ou le bus pour se rendre à la gare ». Les nombreux voyageurs franciliens détenteurs d’un pass Navigo – « dézoné » pour l’abonnement annuel – n’abonderont probablement pas en ce sens… Les habitués de certaines gares TGV parfois très excentrées par rapport au cœur de ville, non plus.
Pour ces derniers, l’autre postulat de l’étude Trainline fera également débat : « Le train est près de deux fois plus rapide ». Là aussi, les auteurs du rapport mettent l’accent sur l’emplacement stratégique des gares par rapport aux aéroports. Ils prennent aussi en compte, bien sûr, les démarches plus chronophages avant et après le décollage. « Pour calculer le temps de transport via l’avion, une durée d’une heure de présence à l’aéroport à été prise en compte, ce temps pris par les voyageurs pouvant être nettement plus long si des bagages sont à enregistrer par exemple » est-il indiqué. « Il est intéressant de noter que même sans prendre en compte ce temps de battement nécessaire à l’aéroport, le train l’emporte sur l’avion dans quatre trajets sur cinq ». D’après les calculs de Trainline, le temps de trajet porte à porte depuis le Châtelet, à Paris, et jusqu’à la Place de la Bourse, à Bordeaux, atteindrait ainsi « au moins 3h53 » en avion. Le train, lui, affiche une performance de 2h30. Sur l’axe Paris-Rennes, le trajet centre à centre passerait même de 3h21 à 1h44.
selon les trajets, le bilan carbone peut être de 124 à 151 fois mois élevé dès lors qu’il est effectué en train plutôt qu’en avion
Enfin, le troisième axe exploré par l’étude Trainline s’avère assez consensuel : l’avantage écologique du train sur l’avion. Les auteurs du rapport estiment que « selon les trajets, le bilan carbone peut être de 124 à 151 fois mois élevé dès lors qu’il est effectué en train plutôt qu’en avion ». « Le report vers le train pour les trajets de moins de 2h30 est gagnant-gagnant-gagnant : moins de pollution, moins de temps de trajet et moins de dépenses », assure Audrey Détrie. La directrice générale de Trainline International ajoute : « La tendance du retour au ferroviaire va probablement s’ancrer dans les habitudes de voyage des Français sur le long terme et Trainline sera là pour les accompagner tout au long de cette transition et au-delà ».


















