
La rumeur l’avait pressenti depuis quelques temps. Il semblait que les autorités de la concurrence de l’Union Européenne allaient en effet apposer un veto temporaire à la reprise du transporteur italien ITA par le groupe Lufthansa. C’est effectivement le cas après que l’UE a exprimé ses réserves sur une possible réduction de la concurrence et la création de monopoles, une fois l’acquisition achevée.
La Commission européenne a dans la foulée annoncé lancer une enquête approfondie pour évaluer, conformément au règlement de l’UE sur les concentrations, le projet d’acquisition. La Commission avait exprimé des réserves préliminaires dès la présentation du projet en novembre 2023.
Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive chargée de la politique de concurrence dans l’UE précisait ainsi la position de la Commission : « En ouvrant une enquête approfondie, nous entendons poursuivre l’examen de cette opération. Et veiller à ce que l’acquisition d’une participation dans la société ITA ne réduise pas la concurrence du trafic court- et long-courrier et qu’elle n’entraîne pas une hausse des prix, une diminution des capacités ou une baisse de la qualité des services de transport aérien des passagers à destination et au départ de l’Italie« , détaillait-elle.
Moins de concurrence sur l’Europe centrale, le long-courrier et à Milan-Linate
Les autorités estiment que cette fusion réduirait fortement la compétition sur les lignes vers l’Europe centrale. Bruxelles va également étudier si l’achat d’ITA par Lufthansa aura un impact négatif sur les liaisons long-courriers. Cela concernerait les liaisons entre l’Italie et l’Amérique du Nord, le Japon et l’Inde.
La Commission souligne également que « l’opération pourrait engendrer une position dominante d’ITA à l’aéroport de Milan-Linate ou renforcer celle-ci. Ce qui pourrait rendre plus difficile pour les concurrents la fourniture de services de transport aérien de passagers au départ et à destination de cet aéroport« .
L’opération Lufthansa/ITA avait été notifiée à la Commission fin novembre. Le 8 janvier dernier, Lufthansa avait présenté ses engagements pour rendre des créneaux horaires. Ainsi que pour réduire sa présence sur des marchés en passe de devenir des monopoles. Ces engagements sont donc jugés insuffisants, « tant en portée qu’en efficacité« , a souligné la Commission Européenne. Celle-ci doit statuer d’ici le 6 juin 2024 sur l’issue de la procédure.
Le Ministère de l’Economie et des Finances italien indique de son côté espérer une décision positive de l’UE. Elle permettrait ainsi de soutenir le développement et la croissance d’ITA Airways.

















