
Le projet d’extension du Terminal 2 de l’aéroport de Nice avait été présenté en 2018. A l’époque, les perspectives de trafic restaient positives, la crise du Covid n’étant pas passée par là. En 2019, les deux aérogares niçoises avaient pratiquement atteint leur seuil de saturation avec 14,5 millions de passagers. La capacité théorique est fixée selon l’aéroport à 14 millions.
D’où cette nécessité de développer 25 000 m² de superficie supplémentaire. Le projet prévoit six nouvelles portes d’embarquement, un hall d’accueil, une zone d’enregistrement et les installations pour le tri des bagages et le contrôle aux frontières. Ce module additionnel se construira en direction du fleuve Var, là où existent encore des terrains vierges.
C’est ce que vient de valider le Tribunal Administratif de Marseille. Il conforte ainsi le projet d’aménagement du terminal 2, tant dans sa nécessité que dans son intégration à une stratégie bas carbone. L’adaptation du terminal 2 permettra aux passagers transitant par la plateforme de bénéficier des meilleures conditions d’accueil et de sécurité.
Les arguments environnementaux des opposants rejetés
Face aux allégations des défenseurs de l’environnement faisant état d’un projet « écocide », le jugement du tribunal souligne que « le projet n’a pas pour effet d’accroître de façon sensible et certaine le trafic aérien ».
Le tribunal rappelle que l’augmentation du nombre de passagers « sera permise essentiellement par la poursuite de l’optimisation du taux de remplissage des avions et par l’augmentation des capacités des aéronefs » et non pas par l’augmentation du nombre d’avions circulant au sein de l’aéroport. Les juges ont qualifié cette augmentation d' »hypothétique« .
Certes, le contexte sanitaire pendant les deux dernières années a donné un coup d’arrêt sérieux au trafic. Mais, selon l’aéroport, les prévisions laissent à penser qu’il retrouvera a minima son niveau de 2019 dans les prochaines années. A la fin août, Nice avait accueilli en cumul sur 2022 plus de 8,2 millions de passagers, soit 82,2% de son trafic de 2019. L’aéroport devrait donc terminer l’année autour de 12 millions de passagers.
Par ailleurs, il est probable que perdureront toute ou partie des habitudes prises en matière de gestion sanitaire. Notamment les gestes barrières, la distanciation physique entre passagers ainsi que les contrôles spécifiques qui allongent les temps de parcours au sein des terminaux.
Concernant l’évolution prévisionnelle du trafic passagers, l’aéroport communique les données suivantes :
- L’extension du terminal 2 va permettre de porter à 18 millions de passagers la capacité théorique d’accueil de l’aéroport. Soit 9 millions au départ comme à l’arrivée et donc, une capacité supplémentaire de 1,75 million d’individus de plus qu’en 2019 par sens de trafic.
- 36% des passagers sont des résidents et 24% des voyageurs fréquents, notamment pour raison professionnelle. Ce qui contredit l’idée de sur-tourisme pointée par les opposants au projet. L’apport supplémentaire serait limité à moins d’un million de nouveaux voyageurs, sur 12 mois et pour un territoire très étendu.
- Enfin l’augmentation du nombre de passagers et celle du nombre de mouvements d’avions ne sont pas proportionnelles. Entre 2012 et 2019, le nombre de passagers accueillis sur les terminaux a augmenté de 29%. Contre une hausse du nombre de mouvements d’avions sur la même période de moins de 1%.
Une ouverture envers et contre tous en 2026 ?
« Il n’existe aucun autre mode de transport qui n’ait aussi peu besoin de construction pour permettre aux voyageurs de relier, directement, deux points distants de plusieurs centaines de kilomètres. Le projet d’extension de notre terminal 2 sans artificialisation des sols représente le meilleur ratio construction-connexion », rappelle Franck Goldnadel, président du directoire des Aéroports de la Côte d’Azur.
Selon la direction de l’aéroport, la construction de la future extension doit démarrer début 2023. Et même si des recours sont introduits par les opposants au projet, ils n’entraveront pas ce développement. Si le projet est suspendu, les travaux effectués seront également pérennisés.
La direction de l’aéroport de Nice estime qu’une partie des installations nouvelles pourraient être disponibles à la mi-2025 tandis que le projet fini serait livré au public pour la saison été 2026.

















