Les tarifs aériens s’envolent en Asie s’alarme l’Association des Aéroports ACI

La reprise du trafic aérien en Asie se traduit par une augmentation de 50% du prix des billets selon l'ACI Asie Pacifique, association des aéroports. Ces derniers accusent les compagnies de profiter d'une demande forte sans pour autant augmenter les capacités.
flambée des tarifs en Asie
Les Indonésiens se plaignent de la flambée des tarifs sur le domestique et l'international (Photo: Aérogare domestique à Jakarta-Luc Citrinot)

Les relations entre les compagnies aériennes et les aéroports sont rarement au beau fixe. Ainsi, tandis que l’association des compagnies aériennes IATA célébrait le retour à de juteux bénéfices, son équivalent aéroportuaire, l’ACI, se lamentait sur la hausse des tarifs aériens. En particulier en Asie.

Selon une étude de l’ACI Asie-Pacifique sur les tendances des tarifs aériens dans la région, les prix des billets ont dépassé les niveaux d’avant la pandémie et entravent la reprise de l’industrie aéronautique.

L’étude, réalisée en collaboration avec Flare Aviation Consulting, a examiné environ 36 000 itinéraires sur les dix principaux marchés de l’aviation en Asie-Pacifique. Et elle tire un bilan accablant pour les passagers.

Flambée des tarifs internationaux

Elle révèle ainsi une augmentation alarmante des tarifs aériens internationaux allant jusqu’à 50 %. A comparer avec les liaisons domestiques où les tarifs ont augmenté de moins de 10 %. Les marchés qui ont connu la plus forte augmentation des tarifs aériens sont l’Inde (41 %), la Corée (39%), la Chine (35%) et les Émirats arabes unis (34 %). Cependant, Singapour (30 %), l’Indonésie (27%) et l’Australie (23 %) sont également concernés.

Même le trafic domestique montre des signes d’échauffement. L’ACI constate de manière inattendue qu’au premier trimestre 2023, les tarifs des vols intérieurs ont continué à augmenter, notamment en Inde, en Indonésie, en Arabie Saoudite, en Corée du Sud et au Japon.

L’étude constate en fait que les compagnies aériennes profitent d’une demande latente forte et d’une faible concurrence. Ce qui leur assure des bénéfices et permet de récupérer les pertes subies pendant la pandémie.

Les exemples de nombreux « trous » dans la couverture aérienne asiatique se démultiplient. Par exemple, Palembang – seconde ville de Sumatra en Indonésie avec 1,7 million d’habitants – n’a plus aucun vol international. Ce sont souvent des aéroports régionaux qui souffrent d’une absence de lignes aériennes internationales. Fukuoka et Nagoya au Japon ont par exemple perdu leurs lignes européennes.

Selon les chiffres du consultant OAG pour la semaine du 12 juin, les capacités internationales en sièges depuis et vers l’Asie du Nord-Est étaient de 40,9% inférieures à celles de la même semaine de 2019. En Asie du Sud-Est, ce chiffre atteignait -23,8%. Sur les lignes intérieures d’ailleurs, l’Asie du Sud Est reste en retrait par rapport à 2019, à -13,9%.

Les compagnies aériennes tireraient-elles au maximum sur la corde des tarifs en Asie ? (Photo: Aéroport de Bangkok Suvarnabhumi-Luc Citrinot)

Les compagnies aériennes freineraient-elles la reprise en Asie?

Stefano Baronci, directeur général de l’ACI Asie-Pacifique, se dit préoccupé par la pratique des prix élevés. « Ces tarifs aériens excessifs menacent la reprise à long terme du secteur et peuvent avoir une influence considérable sur l’industrie associée en réduisant la demande de transport aérien. Il augmente le fardeau financier qui pèse sur un secteur déjà en proie à des difficultés. Les compagnies aériennes doivent pratiquer des prix équitables qui soutiennent la reprise et protègent les intérêts des consommateurs. Un déséquilibre entre l’offre et la demande ne doit pas être exploité par les compagnies aériennes au détriment des clients en limitant la capacité, en particulier internationale. Elle est un moteur essentiel de la croissance sociale et économique et une source majeure de revenus pour le secteur aéroportuaire« .

Et de se montrer plus menaçant. « Nous demandons instamment aux compagnies aériennes d’examiner attentivement l’impact à long terme de leurs décisions en matière de tarification. Dans le même temps, les gouvernements doivent envisager de libéraliser les marchés par le biais de politiques telles que le ciel ouvert, qui permettront la concurrence tout en maintenant les tarifs aériens sous contrôle« , a ajouté Stefano Baronci.

L’ACI comprend certes que l’inflation et le prix du carburant sont deux facteurs de la hausse. Mais les deux phénomènes sont de moindre influence cette année avec la baisse des prix du pétrole…