
Le trafic aérien mondial revient à ses niveaux d’avant covid. Selon IATA, en mai 2023, le nombre de passagers (exprimé en revenus/km) n’était plus que de 3,9% inférieur au chiffres de mai 2019. Mais avec ce retour à la normale dans le monde de l’aviation, on constate que l’infrastructure ne suit pas. Notamment dans la gestion du quotidien des aéroports qui continuent de souffrir en particulier d’un manque de personnel.
Outre les engorgements réguliers d’aéroports, le manque de personnel se traduit particulièrement dans la forte augmentation des pertes et maltraitance de bagages. C’est ce que constate la dernière étude du groupe SITA, l’un des leaders des technologies et des communications dans l’aérien. Son rapport 2023 « Baggage IT Insights » montre que le taux mondial de bagages mal gérés a bondi de 74,7 % entre 2021 et 2022, pour atteindre 7,6 pour 1000 passagers. Ce qui correspond aussi à 26 bagages maltraités ou égarés sur un total d’un million. C’est 3,7 fois plus que le chiffre de 2021 (9,9 bagages/1 million).
SITA constate cependant que la digitalisation du traitement de bagages, effective depuis une quinzaine d’années, a tout de même porté ses fruits. Le nombre de bagages égarés/maltraités atteignait 46,9 pour un million en 2007. Depuis 2015, il tournait cependant autour d’une moyenne comprise entre 22 et 25 pour un million.
La dégradation est pourtant réelle avec les années précédentes. En comparaison, le ratio était de seulement 5,6 bagages égarés ou en maltraitance pour 1000 passagers en 2019 et même de 4,35 en 2021. Il est vrai qu’on était en pleine pandémie et que le nombre de lignes aériennes était alors anémique…
SITA donne pour principal facteur la reprise du trafic international, notamment du trafic intercontinental. Ce qui implique généralement plus de transferts. Et donc plus de possibilités d’erreurs de traitement.
Les transferts sous surveillance
Le ratio bagages égarés/1000 passagers s’élève ainsi à 19,3 sur les vols internationaux mais seulement à 2,4 sur les lignes domestiques. Un écart de 1 à 8 effectivement! Pas de chance: c’est en Europe que l’on relève le plus fort ratio de bagages égarés et mal gérés, à 15,7 pour 1000. Très loin devant l’Amérique du Nord (6,35) et l’Asie (3,04).
42% des bagages en maltraitance viennent d’une erreur de transfert et 17% d’un oubli dans son chargement. Un mauvais étiquetage (par exemple l’impression de CVG (Cincinnati) au lieu de CDG (Roissy-Charles de Gaulle) ne représente que 5% des raisons d’un bagage égaré.
Sur les chiffres de bagages égarés ou maltraités, SITA indique que 80% sont simplement retardés contre 13% abîmés et 7% perdus ou volés.
Il y a tout de même une lueur d’espoir, en particulier pour les passagers européens. Jamais les compagnies aériennes et aéroports n’ont autant investi dans l’automatisation du traitement de bagages. Selon le rapport Air Transport IT Insights 2022 de SITA, d’ici 2025, 84 % des compagnies aériennes prévoient de fournir des informations en temps réel sur l’état des bagages à leur personnel et 67 % prévoient de le proposer aux passagers.
De plus, les options d’étiquetage sans contact des bagages qui s’appuient sur les bornes en libre service de check-in ou sur les téléphones portables des passagers sont une priorité pour 98 % des compagnies aériennes et 95 % des aéroports. Plus de détails du rapport SITA peuvent être trouvés ici.


















