
Comme sur la grande majorité des aéroports d’Europe, l’Euroairport Bâle-Mulhouse, le plus important dans la région Grand-Est mais aussi le troisième aéroport de Suisse, a continué de retrouver des niveaux de trafic plus conformes à son importance. L’an dernier, l’aéroport a ainsi enregistré un trafic passagers de « seulement » 11% inférieur à celui de son record de 2019. L’année avant le Covid, la plateforme franco-suisse avait accueilli 9,1 millions de passagers.
Le trafic affaires en recul
En 2023, Bâle-Mulhouse a donc de nouveau dépassé la barre des huit millions de passagers. La plateforme a exactement accueilli 8,1 millions, soit une augmentation du trafic passagers de 15% par rapport à 2022. 29 compagnies aériennes ont offert des connections vers une centaine de destinations. Elles étaient toutes en Europe ou autour du bassin méditerranéen.
La prééminence des destinations soleil autour de la Méditerranée démontre un changement considérable de la typologie du passager. Les voyages pour raisons familiales ont fortement augmenté, ceux de pur loisir restent stables tandis que les voyages d’affaires ont diminué. Pour 2024, l’aéroport table sur un trafic de 8,4 millions de passagers.
L’aéroport a publié l’an dernier un plan stratégique couvrant les années à venir jusqu’à la fin de la décennie. Parmi les principaux axes de ce plan figurent une amélioration de la qualité de service ainsi que la réduction autoritaire de l’empreinte carbone de l’aéroport dans tous les domaines d’activités.
La décarbonation représente un défi majeur pour le secteur du transport aérien. En introduisant une taxe supplémentaire sur les vols de nuit, l’aéroport a quasiment éliminé les vols après 22h00, contribuant à réduire les nuisances sonores. En parallèle, diverses mesures ont été adoptées pour réduire les émissions de CO2, l’aéroport s’engageant à devenir « net zéro carbone » en 2030.
La qualité de service à revoir
Côté qualité de service, beaucoup cependant reste à faire. La dernière expansion de la plateforme remonte à 2000/2002 avec l’inauguration de la jetée Y où stationnent les avions ainsi que deux extensions de part et d’autre de l’aérogare.
Depuis, quelques changements relevant plutôt de l’esthétique ont été effectués. Mais surtout l’Euroairport connaît régulièrement des périodes de congestion. Les passagers sont confrontés également à un parcours plus complexe en raison de mesures de sûreté plus contraignantes. Un projet « Evolution Modulaire du Terminal » doit ainsi remédier aux faiblesses structurelles de l’aérogare.
Plus aléatoire, le projet de train régional TER/S-Bahn doit relier directement l’aéroport à la fois à Mulhouse, Strasbourg et Bâle. Il s’apparente à une véritable arlésienne puisqu’il traîne dans les cartons depuis les années 80. Pour construire les 6 km de voies ferroviaires qui relieront la plateforme à la ligne de TER Strasbourg-Mulhouse-Bâle, la SNCF comptait sur 2024 pour débuter les travaux. On parle désormais d’un autre retard de 5 ans…

















