
Kevin Speed ambitionne de devenir « le » nouvel acteur du transport ferroviaire à grande vitesse en 2029. Son projet vient de franchir une nouvelle étape suite à la validation par l’Autorité de régulation des transports (ART) de son accord-cadre signé le 29 février dernier avec SNCF Réseau. Engagé pour une durée de 10 ans renouvelables, il devrait ainsi permettre à Kevin Speed d’obtenir de SNCF Réseau les précieux sillons destinés à faire rouler les TGV de sa filiale baptisée ilisto « à l’horizon fin 2028« .
L’ART évoque en effet la mise en place du service horaire 2029 dans son avis consultatif, soit un lancement commercial qui débuterait en décembre 2028. Trois lignes à grande vitesse (LGV) ont d’ores et déjà été sélectionnées avec Paris Gare du Nord-Lille Flandres, Paris Gare de l’Est-Strasbourg et Paris Gare de Lyon-Lyon Part-Dieu, avec des arrêts dans les gares TGV intermédiaires.
Une offre low cost pour 16 allers-retours quotidiens
ART confirme ainsi que ce projet « ne fait pas obstacle à l’utilisation de l’infrastructure par d’autres candidats ou services de transport« . Il valide également sa durée de dix ans renouvelables en raison de l’importance des investissements qui seront réalisés par Kevin Speed et des risque que comporte l’activité. Reprenant les grandes caractéristiques du projet, l’ART précise que cette première période d’exploitation de 10 ans pourra prévoir « une montée en charge progressive sur les trois premières années de service« . L’objectif étant d’atteindre 16 allers-retours quotidiens en semaine, cœur de l’activité de Kevin Speed pour séduire les clientèles affaires et loisirs, puisque l’offre pourra être au contraire « allégée » les week-ends et pendant les vacances scolaires. Pour rivaliser commercialement avec SNCF Voyageurs, Ilisto a prévu de développer une offre « low cost » et d’utiliser pour cela des trains très capacitaires pouvant embarquer quelque 750 passagers. Soit 30 de plus que le futur TGV M de la SNCF.
Prochaine étape boucler le financement pour commander les TGV
ART note également le feu vert accordé par les différentes régions traversées, qui n’ont pas émis d’avis défavorable en ne saisissant pas l’instance avant l’échéance du 12 avril. Dans un communiqué, Kevin Speed se félicite ainsi de devenir « le premier acteur du rail, complémentaire à SNCF Voyageurs, à obtenir ce niveau de confiance du ministère des Transports, des collectivités territoriales et de l’autorité indépendante qu’est l’ART« . Laurent Fourtune, président de Kevin Speed, espère que cet engagement des autorités françaises permettra de renforcer l’intérêt des investisseurs privés français et étrangers à se pencher sur le berceau d’ilisto, à l’heure où le groupe cherche à lever 1,2 milliard d’euros.

Le lancement d’un nouvel opérateur ferroviaire est en effet très capitalistique avec, dès le business plan bouclé, la phase de commande du matériel roulant auprès d’un constructeur ferroviaire, Alstom, Siemens ou Talgo entre autres. Dans son avis, l’ART précise que « l’accord-cadre constitue un outil efficace de gestion de la capacité sur le réseau ferroviaire dans un contexte de développement de la concurrence des services de transport de voyageurs« . Elle conseille à « SNCF Réseau de poursuivre sa démarche de transparence vis-à-vis de l’ensemble des candidats et de veiller à la bonne intégration du dispositif au sein du processus de structuration des capacités, au service d’une vision prospective de l’utilisation du réseau ferroviaire« . Si Kevin Speed n’obtient pas les sillons commandés pour son service Ilisto de la part de SNCF Réseau, le contrat stipule que des pénalités et indemnisations pourront être demandées par ce nouvel acteur ferroviaire.




















