
Quelle place pour le train dans le voyage d’affaires, et quelle place pour le voyageur d’affaires dans le train ? Voilà comment pourrait se résumer l’angle de l’étude publiée fin avril par BCD Travel. La TMC a sondé pas moins de 681 voyageurs d’affaires, à la fois en Europe (60%) et en Asie-Pacifique (40%). Tous ont pris le train au moins une fois au cours des douze derniers mois pour un déplacement professionnel. En majorité (56%), leur bilan se limite d’ailleurs à un seul déplacement ferroviaire dans l’année. Le périmètre de l’étude présente donc l’avantage de compiler des données à grande échelle. Mais le manque de granularité par marché peut s’avérer problématique, tant les réalités diffèrent selon les pays en matière d’infrastructures ferroviaires et donc de rapport au train.

L’étude publiée par BCD Travel pointe néanmoins plusieurs tendances intéressantes. A commencer par l’évolution du rapport au train attendue cette année. Ou plutôt sa stagnation : la majorité des sondés (60%) prévoient de maintenir leur volume de déplacements ferroviaires en 2025. Le travel management n’est que partiellement responsable de la place accordée au rail. En effet, à peine un tiers des entreprises encouragent ce type de déplacement. 6% vont plus loin en l’imposant quand c’est possible.

Ici repose d’ailleurs la grande question qui agite depuis plusieurs années déjà les acteurs du voyage d’affaires, tout du moins en Europe où le combat entre l’air et le fer est le plus équilibré. Jusqu’à quel point le train peut-il se substituer à l’avion sans empiéter sur le bien-être des voyageurs ? Sans grande surprise, le temps de trajet maximum en train accepté par les voyageurs d’affaires est de 5 heures. Sachant que la moyenne de leurs déplacements en train se situe entre 1h et 3h dans 47% des cas. Logique, dans la mesure où la majorité des voyages en train (60%) se limite au réseau domestique. Résultat : sur les itinéraires où le train et l’avion sont deux options viables, deux tiers des voyageurs choisiraient le train si le coût et la durée du trajet étaient similaires. Pourtant, 40% des sondés indiquent ne jamais ou rarement prendre en compte les enjeux environnementaux à l’heure d’organiser leur déplacement… Le rapport entre voyage d’affaires et environnement est décidément ambivalent…

Quel avis les voyageurs d’affaires portent-ils donc sur le train ? On retiendra que seuls 16% des voyageurs se disent déçus ou très déçus par ce moyen de transport. Et que ces principaux atouts auprès de la clientèle pro reposent sur l’accessibilité des gares, le caractère pratique du rail et la possibilité de travailler à bord. 31% des sondés soulignent également son aspect éco-responsable. Studieux, les voyageurs citent massivement (82%) le travail comme l’activité principale pendant le trajet. Quant aux point faibles du train, le manque de fiabilité lié aux retards et aux grèves est pointé du doigt (50%), ainsi que les rames surchargées (43%) et la connectivité limitée (33%). Enfin, notons que les réunions internes (50%) constituent la principale raison de prendre le train pour les sondés, devant les rendez-vous clients (31%) et les conférences et autres conventions (25%).

















