
Le transport ferroviaire de passagers a progressé de 6% en 2024 (et de 14% comparé à 2019, année de référence), soit un niveau équivalent aux deux années précédentes selon le dernier rapport de l’Autorité de régulation des transports (ART). La hausse, qui s’élève à 4% pour les seuls trains à grande vitesse (TAGV), aurait pu être plus importante sans la fermeture tout au long de l’année des liaisons Paris-Milan de la SNCF et de Trenitalia en raison d’un éboulement survenu dans la vallée de la Maurienne en août 2023.
La concurrence de ces deux compagnies sur l’axe Paris-Lyon porte en revanche ses fruits avec des tarifs en baisse et une fréquentation qui a augmenté de 20%, comparé à 2019, sur un axe qui pèse 10% de l’activité ferroviaire à grande vitesse. L’ART souligne qu’en Espagne où la concurrence est désormais très forte entre la Renfe, Trenitalia (avec Iryo) et la SNCF (avec Ouigo Espagne), la fréquentation globale a progressé de 14% l’an dernier et de près d’un tiers depuis la pandémie.
L’arrivée en 2023 de la Renfe depuis Lyon et Marseille, vers Barcelone et Madrid respectivement, a également fait bondir la fréquentation de 30% depuis 2019 sur les liaisons France-Espagne. La bonne forme du train concerne l’Europe en général qui a vu sa fréquentation augmenter de 7% (en passagers-km). Le Royaume-Uni peine toutefois à rattraper les niveaux d’avant crise (-8%/2019) malgré une croissance de 10% en 2024.
Les tarifs des Ouigo ont progressé de 25% en 2024 selon l’ART
Selon l’ART, les trains à grande vitesse ont maintenu leur taux d’occupation à 75%, le taux global pour le train s’élevant à 51%. La hausse des tarifs a été contenue à 2%, un niveau plus modéré après les envols enregistrés en 2022 (+8%) et en 2023 (+15%), liés à l’inflation et à la hausse des coûts. Cette moindre progression est également liée au poids de plus en plus important de Ouigo, qui représente désormais 25% du trafic hexagonal. Ce qui n’empêche pas les tarifs des Ouigo de s’être appréciés de 25% l’an dernier, alors que ceux des trains à grande vitesse classiques, jugés déjà excessifs, ont augmenté de 9%.
Au titre des bonnes nouvelles, l’ART note en revanche une amélioration de la ponctualité sur les différents réseaux étudiés, de l’ordre de 76% pour les TAGV, 89% pour les TER et Intercités, et 91% pour les Transilien et TER. Les dessertes en TAGV ont progressé de 4% sur l’année avec un succès qui ne se dément pas des villes de l’Ouest pour Rennes, Nantes et Bordeaux qui affichent une hausse annuelle de fréquences de 8%. Lyon avec la montée en charge de Trenitalia se place en troisième position, à +4%.
Les TER en grande forme en 2024
La progression a été portée par les réseaux TER et Intercités qui ont enregistré une augmentation globale de trafic de 11%. Et de 35% comparé à 2019. Le taux d’occupation a ainsi progressé de 4 points pour s’établir en moyenne à 30%. Le trafic a bénéficié de la mise en place du Pass Rail, qui a généré près de 2,4 millions de voyages l’été dernier. La mesure est toutefois non reconduite en 2025, ce dispositif n’ayant séduit « que » 230 000 jeunes sur les 800 000 attendus dans les trains conventionnés.
Dans le détail, le trafic TER a augmenté de 10% pour l’ensemble des régions, soit un tiers en plus comparé à 2019. Mais +60% pour trois régions : Bretagne, Occitanie et Pays de la Loire. « La fréquentation a augmenté plus fortement que l’offre dans neuf régions sur onze induisant une hausse du remplissage des TER« , souligne le rapport. Les services Transilien et RER ont également augmenté en 2024 et s’approchent enfin des niveaux de 2019 (-2%). Ces vents porteurs ont notamment été soutenus par les Jeux olympiques et paralympiques organisés à Paris durant la période estivale et en septembre 2024. Le trafic des RER A,B,C et D a notamment progressé de +20% durant l’été 2024. L’effet de l’extension de la ligne E, réalisée elle aussi pour les JO, devrait se faire pleinement sentir dans les chiffres de fréquentation 2025.




















