Claret, le petit dernier à s’intéresser à la ligne Paris-Lyon

Le projet d'une nouvelle compagnie ferroviaire baptisée Claret est porté par Nicolas Petrovic, un ancien patron d’Eurostar.
La ligne Paris-Lyon attire un nouveau postulant : Claret
La ligne Paris-Lyon attire un nouveau postulant : Claret

La ligne Paris-Lyon, la plus rentable de la SNCF, continue d’aiguiser les appétits. Apres Trenitalia fin 2021 et en attendant les AVE de la Renfe toujours bloqués à Lyon Part-Dieu, un petit nouveau est sorti du bois, Claret, suite à l’avis favorable rendu le 1er décembre dernier par l’Autorité de régulation des transports (ART). Cette décision apporte un certain crédit à ce projet porté par la société Claret Associates créée en 2021 par Nicolas Petrovic, ancien patron d’Eurostar jusqu’en 2018 puis président de Siemens France, un groupe allemand spécialisé dans la construction de trains à grande vitesse (pour Eurostar et la Deutsche Bahn notamment). Dans cette aventure, il s’est associé récemment avec Olivier Desfontaine, un ancien de la banque Crédit Agricole et spécialiste du financement ferroviaire.

Nicolas Petrovic, à la tête d’Eurostar jusqu’en 2018
Nicolas Petrovic, à la tête d’Eurostar jusqu’en 2018

Un projet encore dans le flou

Grâce à son dossier considéré comme tenant la route, Nicolas Petrovic pourra disposer de sillons de la part de SNCF Réseaux pour faire rouler ses trains. Il lui reste néanmoins bien des étapes à franchir avec le financement du projet dans sa globalité comprenant la commande des rames à grande vitesse (chez Alstom où le carnet de commande est déjà plein ou chez Siemens, maison qu’il connaît bien ?), les tests et l’homologation des trains, la formation des personnels, le lancement commercial… Dans cette course à obstacles, Rachel Picard, ancienne DG de Voyages SNCF, possède une longueur d’avance ayant déjà bouclé un tour de table à un milliard d’euros et commandé 12 TGV à Alstom pour sa compagnie Velvet qui doit se lancer sur la façade Atlantique à l’horizon 2028. Claret dispose toutefois de six ans pour concrétiser son projet suite à l’approbation accordée par l’ART. A suivre donc…

Éviter les embouteillages sur la ligne

Claret n’est toutefois pas le seul à lorgner sur la ligne Paris-Lyon. Outre la Renfe qui désespère de faire partir ses trains de la Gare de Lyon vers l’Espagne, Ilisto (société Kevin Speed) est aussi sur les rangs, la aussi sans avoir à ce jour sécurisé son financement et sans aucune flotte. Si ces différents opérateurs atteignent le graal, l’axe pourrait alors connaître un certain encombrement. Pour anticiper la chose, SNCF Réseaux va entreprendre d’importants travaux sur la ligne qui permettront de réduire les espacements entre les trains tout en maintenant une sécurité maximum. L’objectif étant de faire rouler 16 TGV par heure en 2030 contre 13 aujourd’hui.