L’Autorité de régulation des transports confirme l’attractivité du rail français

L’Autorité de régulation des transports (ART) a rendu public à la mi-décembre son bilan annuel du marché du secteur ferroviaire français en 2020. Un secteur fortement marqué par la crise sanitaire au niveau du territoire national mais aussi des régions. L'attrait du marché ferroviaire français reste intact avec l'intérêt manifesté par cinq opérateurs ferroviaires privés.
Bilan 2020 rail en France
La Gare de l'Est à Paris à l'été 2020 (Photo : LC)

L’Autorité de régulation des transports (ART) constate dans son bilan annuel du marché du transport ferroviaire français en 2020 que le marché reste attractif pour de nouveaux opérateurs. La concurrence des services de transport ferroviaire dans l’Union Européenne est effective depuis le 13 décembre 2020.

Des opérateurs alternatifs prêts à croiser le fer avec la SNCF

Selon ce rapport, 38 demandes de desserte ont en effet été déposées auprès de l’ART par cinq opérateurs alternatifs outre l’opérateur historique SNCF. Ces 5 opérateurs sont en l’occurrence Flixtrain, Le Train, Railcoop, Trenitalia France (ex-Thello) et Renfe. Chaque opérateur a déclaré son intention d’exploiter des services librement organisés sur lignes à grande vitesse et lignes classiques.

Une première concrétisation a de fait eu lieu le 18 décembre dernier avec le lancement d’une offre de service à grande vitesse entre Paris et Milan via Lyon par Trenitalia. L’exploitation de nouveaux trains de nuit (Midnight Trains, ÖBB) est également envisagée. Dans un proche avenir, d’autres lignes viendront s’ajouter au service de train de nuit sur Paris-Vienne.

En revanche, l’arrivée de Renfe sur la ligne Paris-Lyon-Marseille semble dérailler. D’après Mediapart, la demande déposée auprès des autorités françaises aurait pour l’instant été refusée. Le motif invoqué à ce refus serait, toujours selon Mediapart, des « interférences électromagnétiques«  que provoqueraient les rames sur la signalisation du réseau. Ces rames qui sont pourtant les mêmes que celles du TGV. Le dossier est suivi de près par le ministre des transports espagnols. Il aurait déjà exprimé son impatience auprès de son homologue français et de la commissaire européenne aux transports.

Cinq régions françaises désormais ouvertes à la concurrence

Depuis 2020, les régions françaises ont commencé à mettre en concurrence leurs services de transport ferroviaire conventionnés. Ainsi, la région Sud-PACA a lancé une procédure d’appel d’offres pour l’attribution de deux lots qui a conduit, le 28 octobre 2021, à l’attribution d’un lot à SNCF Voyageurs (lignes « Azur ») et d’un lot à Transdev (lignes « Métropoles »). Selon le rapport, quatre autres régions (Hauts-de-France, Grand-Est, Pays de la Loire et Île-de-France) préparent aussi la mise en concurrence de services ferroviaires.

Six entreprises ferroviaires se positionnent sur le créneau des dessertes régionales. On retrouve naturellement la SNCF mais aussi Arriva, Régionéo (filiale de la RATP Dev et Getlink), RENFE, Trenitalia France et Transdev.

Le rapport tire un bilan également de la fréquentation. En raison de la crise sanitaire, l’utilisation du réseau ferré national est en baisse de 25 % en 2020, par rapport au niveau élevé constaté en 2017.

2021 a amorcé le début de la concurrence sur les lignes à grande vitesse en France (Photo: LC)

La crise sanitaire a affecté la fréquentation

La part modale du transport ferroviaire de voyageurs a ainsi baissé de 2,5 points par rapport à 2019. Sa part de marché s’élevait à 7,5 % en 2020. La fréquentation ferroviaire a chuté de 41%, plus fortement que l’offre. Ce qui a entraîné de fortes baisses du taux d’occupation de l’ensemble des services. Les activités nationales des trains à grande vitesse (TAGV) et des trains express régionaux (TER) ont cependant repris plus rapidement que les activités internationales, restées sur un niveau bas sur l’ensemble de l’année.

Au sein des activités TAGV, la part des services Ouigo, exploités par SNCF Voyageurs, a continué d’augmenter en 2020. L’activité à bas prix n’a chuté que de 19 % en fréquentation, tandis que les axes TAGV de l’offre Inoui de SNCF Voyageurs ont subi des baisses de 36 à 37 % (axes atlantique et sud-est) et jusqu’à 49 % pour l’axe est.

Les recettes commerciales ont donc baissé pour l’ensemble des services, mais surtout pour les services à grande vitesse et internationaux. Le taux d’occupation des TGV nationaux a baissé de 13 points (de 72% à 59%) ; celui des services internationaux de 16 points (de 68% à 52%).

Dans un contexte marqué par de fortes déprogrammations liées à la crise sanitaire, la ponctualité des services s‘est globalement améliorée – d’un point de pourcentage – grâce à un réseau moins utilisé.

Entre 19% et 30 % des circulations TER ont été déprogrammées en 2020, démontrant le souhait de maintenir des services par les régions. La fréquentation TER a plus fortement chuté (36 % en moyenne par région) que l’offre, conduisant à une baisse des taux d’occupation pour toutes les régions. Les recettes commerciales de l’activité TER ont pour leur part baissé de 29 % en lien avec l’évolution de la fréquentation.