
Après la refonte des uniformes, Eurostar a-t-elle encore des projets dans la cadre de la fusion avec Thalys ?
Gwendoline Cazenave – Nous avons achevé le processus après la fusion des équipes entre les deux compagnies, la création d’un nouveau logo, la mise en place des nouvelles classes de voyage sur l’ensemble de notre réseau et de menus élaborés par des chefs reconnus en Business Premier. Notre priorité est désormais de faire croître Eurostar. Nous finalisons les négociations sur la nouvelle flotte qui prévoit la commande au maximum de 50 trains à grande vitesse qu’Eurostar commencera à recevoir à partir de début 2030. Un gros travail nous attend pour définir le design de ces futurs trains afin qu’ils répondent aux attentes de nos passagers en matière d’expérience et de confort.
Vous êtes confiante sur vos possibilités de croissance malgré l’arrivée attendue de concurrents ?
Gwendoline Cazenave – Nous sommes sereins face à ces concurrents potentiels. Nous avons d’ailleurs toujours eu des concurrents sur nos routes avec l’aérien. Ces futurs trains qui seront interopérables sur nos deux réseaux, transmanche et continental, doivent permettre à Eurostar de faire face à la croissance du marché envisagée. Eurostar a de grands projets avec l’ouverture de trois routes, Londres-Francfort, Londres-Genève et Amsterdam-Genève via Bruxelles. Cela représente un grand challenge pour satisfaire nos clients et ceux qui recherchent des solutions de voyage durable entre nos destinations. Avec en ligne de mire l’objectif d’atteindre les 30 millions de passagers en 2030. Concernant ces futurs opérateurs, nous souhaitons juste que cela se fasse dans le respect d’un cadre légal. C’est un point essentiel.
Comment comptez-vous faire la différence face à ces nouveaux entrants ?
Gwendoline Cazenave – Par le choix de l’offre tout d’abord qui continue de monter en puissance. Eurostar est passé en septembre à 4 allers-retours quotidien sur Londres-Amsterdam. Et bientôt à 5 par jour dès le 15 décembre. Nous souhaitons également renforcer les fréquences sur Paris-Londres afin d’accroître le trafic de 2 millions de passagers par an sur cet axe. Outre les fréquences, notre ambition est évidemment d’offrir à nos clients l’excellence du service attendue. Nous travaillons beaucoup pour la clientèle affaires en facilitant au maximum leurs voyages. Pour les passagers business mais aussi loisirs d’ailleurs, Eurostar s’est engagé à rendre la gamme échangeable et remboursable quelle que soit la classe de service. Cela fonctionne très bien. Eurostar a également rénové les salons de son réseau continental à Paris et Bruxelles, ce dernier ayant été à l’occasion agrandi.

Eurostar est-elle prête pour le nouveau système d’entrée-sortie (ESS) de l’espace Schengen ?
Gwendoline Cazenave – Le sujet pour Eurostar est d’assurer la fluidité du parcours en gare dont le passage de frontières fait partie. Nous travaillons pour cela étroitement avec les autorités de chaque pays. Mis en service le 12 octobre, ce système d’entrée et de sortie est un dispositif automatisé destiné à contrôler électroniquement les passagers non Schengen pour des séjours de moins de trois mois. Des bornes de pré-enregistrement ont été installées avant les portillons d’accès avec la police aux frontières, 49 à Londres en gare de St-Pancras International, une vingtaine à Paris-Nord sur notre mezzanine. Les voyageurs concernés dont les Britanniques devront scanner leur passeport, leurs empreintes digitales et enregistrer une photo de leur visage. Nous n’avons toutefois pas changé les délais d’enregistrement et rappelons aux passagers de respecter l’heure d’arrivée conseillée en gare de départ inscrite sur leur billet.
Quelles sont les prévisions de trafic d’Eurostar pour 2025 ?
Gwendoline Cazenave – Les tendances sont excellentes avec notamment un record de revenus enregistré en juin et juillet. Et un record de trafic sur la ligne Londres-Amsterdam en août dernier. Notre terminal en gare d’Amsterdam Centraal fonctionne désormais à pleine capacité et Eurostar est devenu le 1er opérateur de transport entre Amsterdam et la capitale britannique avec un trajet qui s’effectue en 4h environ. Toutes les lignes se comportent très bien car il existe une forte demande pour un voyage durable et notamment de la part de la clientèle corporate. Eurostar devrait ainsi transporter 20 millions de passagers en 2025 ce qui représentera une croissance de près de 5% comparé à 2024.




















