Le Train s’intéresse finalement à Paris-Bordeaux et Paris-Nantes

Alors que la future compagnie ferroviaire Le Train ne prévoyait initialement que des dessertes directes entre les métropoles de l’Ouest, elle a signé un accord avec SNCF Réseau pour se lancer sur les lignes Paris-Nantes et Paris-Bordeaux.
Pour ses dessertes, Le Train a commandé auprès du groupe espagnol Talgo dix rames Avril S106.
Pour ses dessertes, Le Train a commandé auprès du groupe espagnol Talgo dix rames Avril S106.

Changement de stratégie pour Le Train. Alors que la future compagnie ferroviaire ambitionnait d’opérer des dessertes directes en train à grande vitesse entre les grandes métropoles de la façade atlantique, Bordeaux-Nantes et Bordeaux-Rennes en tête, elle vient d’annoncer vouloir opérer sur les axes Paris-Nantes et Paris-Bordeaux. Deux accords-cadres ont été signés en ce sens avec SNCF Réseau, le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire hexagonale, afin d’obtenir demain les précieux sillons qui lui permettront de rouler entre la capitale et ces deux villes du Grand Ouest.

« Le Train complète aujourd’hui ses lignes grande vitesse directes entre métropoles régionales avec deux nouvelles liaisons vers Paris, sur deux axes où la demande est forte et l’offre insuffisante », se félicite Alain Getraud, le cofondateur et CEO de Le Train. Dans son communiqué, la start-up bordelaise estime en effet que « la demande dépasse l’offre » sur ces deux axes. « Les trains affichent complet, les voyageurs peinent à trouver des places aux horaires qui leur conviennent », souligne-t-il. Pour y répondre, l’ambition de l’opérateur est de proposer à partir de 2029 une dizaine d’allers-retours chaque jour.

Le Train a commandé dix trains à Talgo

Fondée en 2020 en Nouvelle-Aquitaine, la start-up bordelaise a déjà franchi plusieurs étapes de son développement et commandé notamment auprès du groupe espagnol Talgo dix rames Avril S106, ainsi que la maintenance de ce matériel pour ses opérations en France. Financé notamment par le Crédit Mutuel Arkéa, le Crédit Agricole Charente-Périgord et la Région Nouvelle Aquitaine (au travers de son fonds d’investissement Naco), la compagnie ferroviaire a pu lancer la construction de ces rames dans l’usine du constructeur située à Rivabellosa, au cœur du Pays-Basque espagnol. Le Train devra toutefois franchir la phase de l’homologation de ces nouvelles rames, un processus long que n’a toujours pas achevé la Renfe, qui désespère de voir un jour partir ses trains depuis la gare de Lyon à Paris.

Un projet initial visant à éviter Paris

Dessertes régionales prévus par la compagnie Le Train.

Malgré cette annonce, Le Train n’en oublie pas son projet initial qui vise à proposer une cinquantaine de trajets possibles entre 11 villes de l’Ouest, dont Bordeaux-Rennes en 3h30 via Angers, Tours, Poitiers et Angoulême. Et entre Bordeaux et Nantes en empruntant pareillement la ligne à grande vitesse actuelle entre Tours et la cité bordelaise. La société ferroviaire regarde toutefois aussi les marchés conventionnés des TER et TET (Trains d’équilibre du territoire). Dans le cadre de l’ouverture à la concurrence ferroviaire dans les régions, Le Train a ainsi répondu à l’appel d’offres pour reprendre l’exploitation de six lignes en Poitou-Charentes : Poitiers-Angoulême, Angoulême-Bordeaux, Poitiers-La Rochelle, La Rochelle-Bordeaux, Angoulême-Saintes-Royan et Niort-Saintes-Royan. Des lignes qui représentent un trafic de 5 millions de passagers par an.

Trois opérateurs demains entre Paris, Bordeaux et Nantes ?

Après l’arrivée de Trenitalia sur Lyon et Marseille, le lancement de la compagnie Le Train sur Paris-Nantes et Paris-Bordeaux n’est pas une bonne nouvelle pour la SNCF qui se voit une nouvelle fois concurrencée sur ses lignes les plus lucratives. C’est aussi une petite épine dans le pied de Velvet, la compagnie lancée par Rachel Picard et Tim Jackson, qui ambitionne d’opérer sur les mêmes axes. Celle-ci a toutefois encore une petite longueur d’avance avec des trains à grande vitesse à deux étages fabriqués en France par Alstom, une homologation qui devrait bénéficier de celle en cours des TGV M de la SNCF, mais aussi un site de maintenance propre près de Bordeaux et un début des opération théoriquement prévu en 2028. Soit un an avant Le Train…