
La concurrence ferroviaire pourrait s’intensifier un peu plus en France. Jeudi, au terme de débats enflammés, le Sénat a ouvert l’accès de SNCF Connect aux compagnies ferroviaires autres que la SNCF, grâce au vote de l’article 9bis du projet de loi-cadre sur le développement et le financement des transports en France. A partir du 31 décembre 2027, Trenitalia, la Renfe et, demain, de futurs opérateurs comme Velvet ou Le Train pourront ainsi voir leurs billets commercialisés sur la plateforme de distribution de la compagnie ferroviaire nationale.
Les sénateurs qui ont adopté la mesure estiment qu’elle permettra une simplification du parcours d’achat des clients, tout en permettant une meilleure comparaison des tarifs. De quoi renforcer la concurrence ferroviaire entre les opérateurs avec, à la clé, de possibles baisses de tarifs pour la SNCF. Cette distribution ferroviaire ouverte serait une première en Europe, car chaque opérateur national européen de la grande vitesse ne revend pas les titres de transport de ses concurrents, cette obligation ne faisant d’ailleurs pas partie des demandes de la Commission européenne à ce jour.
Un monopole renforcé pour SNCF Connect
Si cet article a été déposé par la Commission de l’aménagement du territoire et développement durable, et non par le gouvernement, le ministre des Transport Philippe Tabarot s’est montré favorable au dispositif. Tout comme l’Association française du Rail (Afra) dont les transporteurs alternatifs (Trenitalia, Renfe, Le Train, Transdev, Proxima/Velvet…) attendent de cet accès à SNCF Connect une meilleure visibilité auprès des voyageurs et une hausse de leurs ventes. Sans surprise, SNCF Voyageurs s’était en revanche positionnée contre son adoption ainsi que les distributeurs indépendants réunis au sein d’ADN Mobilités (Trainline, Omio, Kombo…) qui ont entrepris -sans succès- une intense action de lobbying, cette ouverture représentant un risque fort pour leur modèle économique.
En effet, si cette décision venait à être confirmée lors du vote définitif de la loi, elle devrait encore renforcer le poids de SNCF Connect, qui a totalisé 1,64 milliard de visites et généré la vente de 233 millions de billets SNCF en 2025. Au travers de son site et de son application, la plateforme détient déjà une part de marché de 85% sur la vente de billets de train en général et de 93% pour les billets longue distance, entre les TGV Inoui et Ouigo et ses filiales Eurostar, Lyria…
Tout n’est toutefois pas encore perdu pour la SNCF et ADN Mobilités, car la mise en application de cette mesure n’est prévue qu’à partir du 31 décembre 2027. Et le texte devra encore passer au vote à l’Assemblée nationale. Sans garantie que cela puisse arriver avant l’élection présidentielle de 2027 et que l’article soit pareillement adopté.




















