
C’est un bien mauvais cadeau qu’offre le PDG de Brussels Airlines, Dorothea von Boxberg à son successeur Lorenza Maggio, transfuge d’ITA Airways, qui prendra les rênes de la compagnie belge à la fin août: une cure d’austérité générée par un contexte géopolitique international -et belge- défavorable.
Au premier semestre 2026, Brussels Airlines a enregistré une perte opérationnelle ajustée de 70 millions d’euros. Ses revenus ont certes progressé de 9,5 %, mais cette croissance n’a pas suffi à absorber l’augmentation des coûts. La facture carburant a notamment bondi de 64 millions d’euros sur un an au cours des six premiers mois de 2026.
À cela se sont ajoutés les conséquences de grèves chez certains prestataires, les tensions géopolitiques et les perturbations liées à une épidémie d’Ebola dans certaines régions d’Afrique de l’Est. Le trafic s’en ressent sur cet axe très important que représente l’Europe-Afrique. Dans le schéma du Lufthansa Group, Brussels Airlines se positionne de fait comme LA compagnie spécialiste du continent africain avec 18 destinations. La crise Ebola ne fait que compliquer les opérations africaines de Brussels Airlines et met un frein à toute expansion à court terme.
Dans ce contexte, Brussels Airlines revoit en conséquence ses ambitions à la baisse. Aux oubliettes les plans d’expansion présentés encore en début d’année. Ils font place à une cure d’austérité musclée.
Cette dernière commence au renoncement d’intégrer deux Airbus A330-300 à la flotte long-courrier en 2027. La flotte Brussels Airlines stagnera donc à 11 A330-300, au lieu de passer à 13 appareils. Elle affirme toutefois que l’abandon des deux A330 supplémentaires ne modifiera pas son réseau actuel. Le maintien du réseau africain dans son état actuel est ainsi pérenniser, sauf imprévu politique…
Autre changement important : Brussels Airlines cessera d’utiliser des avions en wet-lease à partir de l’été 2027. Les quatre Airbus A220-300 d’AirBaltic actuellement exploités pour son compte ne reviendront pas la saison prochaine.
La compagnie entend désormais privilégier ses propres capacités. Elle exploite actuellement huit A320neo et prévoit d’en compter 13 d’ici à la fin de 2028.
Malgré les difficultés financières, Brussels Airlines maintient certains investissements destinés aux passagers. La modernisation de ses A330 se poursuivra avec l’introduction de nouvelles cabines Business, Premium Economy et Economy en 2027. Le déploiement du Wi-Fi haut débit doit également commencer au second semestre 2026.
Le transporteur national belge va donc devoir jongler entre investissements nécessaires à son attractivité envers les passagers et son attractivité financière pour ses actionnaires, dont le Groupe Lufthansa…

















