Le Rwanda en pole position pour l’aérien comme pour le MICE

Un nouvel aéroport, un Grand Prix de Formule 1 à l'horizon 2030 : après Kigali, le Rwanda étend son attractivité touristique avec de grands projets du côté de Bugesera.
Aperçu du futur circuit de Formule 1 au Rwanda (c) Formula 1
Aperçu du futur circuit de Formule 1 au Rwanda (c) Formula 1

Près de 40 ans après le dernier Grand Prix organisé à Kyalami, près de Johannesbourg, la Formule 1 sera de retour sur le continent africain à l’horizon 2030, au Rwanda. Rien a priori qui ne touche directement les voyageurs d’affaires, hormis les fans de Lewis Hamilton, de Kimi Antonelli ou de la Scuderia Ferrari. Et pourtant… La confirmation, par la Fédération Internationale de l’Automobile, de l’arrivée au calendrier de ce Grand Prix africain vient leur offrir l’assurance de l’achèvement du nouvel aéroport international, en cours de préparation à Bugesera, à 40 km de la capitale Kigali.

En effet, le futur circuit de Formule 1 s’inscrit dans un projet plus large, avec la construction en cours d’une nouvelle porte d’entrée pour le pays au sein d’un complexe mêlant sport, divertissement et congrès d’envergure. Un centre de congrès et d’expositions pouvant accueillir jusqu’à 5 500 délégués est notamment envisagé, accompagné de la venue de grandes chaînes hôtelières internationales. En parallèle, cette Airport City devrait aussi accueillir des pôles logistique et médical et préfigure plus largement l’émergence d’un nouveau parc industriel dans ses environs, la Bugesera Special Economic Zone, soutenue par le futur terminal cargo de l’aéroport.

« Le circuit de Bugesera, aux côtés du nouvel aéroport international, apportera des emplois, des compétences, du tourisme et de nouvelles activités économiques à notre pays et à notre région pour les décennies à venir, car notre objectif n’a jamais été un simple week-end de course, mais un bénéfice durable pour notre population », a déclaré Paul Kagame, président de la République du Rwanda.

Plaque tournante du MICE africain

Le projet de ce nouveau hub destiné à compenser l’engorgement de l’aéroport de Kigali, qui fonctionne déjà à la limite de ses capacités, a été lancé dès 2017 avec pour objectif de pouvoir accueillir 7 millions de voyageurs dans un premier temps, en 2028, puis 14 millions à l’horizon 2032. Le tout, pour un développement au coût de près de 2 milliards d’euros, soutenu et en bonne part financé – à hauteur de 60% – par Qatar Airways, partenaire majeur de la compagnie RwandAir.

Grâce à cette plate-forme, le transporteur national, qui dessert directement Paris et Londres depuis trois ans, entend se poser en challenger d’Ethiopian Airlines, la plus grande compagnie africaine qui concentre les connexions entre l’Afrique, l’Europe et l’Asie depuis son hub d’Addis Abeba. Et bientôt depuis son mega-hub de Bishoftu, attendu en 2035 et qui aura une capacité initiale pour 60 millions de passagers.

Si réussir à faire tomber Ethiopian Airlines de son piédestal n’est pas garanti, l’arrivée de ce nouvel aéroport et de tout ce qui gravitera autour – Formule 1, hôtellerie, MICE – participe en tout cas à la Vision 2050 d’un pays aux ambitions touristiques débordantes. Dans ce cadre, plusieurs infrastructures MICE haut de gamme ont vu le jour dans la capitale à la fin de la dernière décennie avec l’inauguration du Kigali Convention Centre à l’été 2016, en amont du sommet de l’Union africaine. L’année suivante, ce fut au tour de l’Intare Conference Arena, doté d’un auditorium de 2 500 places, puis en 2019 de la BK Arena, voisine du stade de football Amahoro, rénové en 2024 et qui peut aussi se destiner à l’accueil d’événements.

Selon le classement ICCA, le Rwanda se positionne grâce à cela au troisième rang sur le continent derrière l’Afrique du Sud pour l’accueil des grands congrès avec 32 événements accueillis en 2025. A la deuxième place des métropoles africaines derrière Le Cap, Kigali accueillera d’ailleurs l’an prochain le 66e congrès de l’association internationale. Tout sauf un hasard pour célébrer le retour en Afrique de l’ICCA après plus de 20 ans d’absence.