
La date officielle du lancement commercial du TGV M approche. Peut-être le lundi 2 novembre, avec deux allers-retours, comme l’annoncent certains blogueurs fans de ferroviaire ? Ou le vendredi 6 novembre, jour du voyage inaugural entre Paris et Marseille ? Ce dernier se fera en présence de la presse et des officiels : Philippe Tabarot, ministre des Transports, Jean Castex, PDG du groupe SNCF, Jean-Aimé Mougenot, nouveau directeur général de SNCF Voyageurs, et Karine Dussert-Sarthe, nouvelle directrice de TGV-Intercités. Ne manque à l’appel que le président Emmanuel Macron, un temps pressenti.
Le TGV M construit par Alstom semble enfin avoir surmonté ses problèmes techniques, et la SNCF se décide à lancer son TGV de 5e génération avec trois années de retard. En effet, les premières rames étaient initialement attendues fin 2023, puis pour les Jeux olympiques de Paris 2024, avant que les reports ne s’enchaînent.

Avec un million de kilomètres au compteur, le train a fait l’objet de campagnes de tests jusqu’à 320 km/h depuis juin 2023 sur le réseau à grande vitesse, dans toutes les conditions de circulation (unité simple ou multiple, modes dégradés, conditions météorologiques, etc.). Un roulage pré-commercial en conditions réelles, avec de faux voyageurs, a suivi afin de valider l’ensemble des équipements de vie à bord, tels que les fauteuils, les WC et le nouveau bar Le Bistro, qui se déploie sur deux étages et fonctionne en libre-service. Le TGV M a ainsi obtenu en mai son autorisation de mise sur le marché, délivrée par l’Agence de l’Union européenne pour les chemins de fer (ERA). De nouveaux soucis, notamment sur les batteries et le système d’embarquement des personnes à mobilité réduite (PMR), ont toutefois compromis son lancement au début de l’été, puis à la rentrée.
Un TGV M plus sobre en énergie
L’Avelia Horizon, nom commercial du TGV M chez Alstom, concentre pas moins de 400 brevets. Dix sites d’Alstom participent à sa fabrication, dont les usines d’assemblage de Belfort et de La Rochelle. La SNCF souligne que le constructeur français a conçu un train plus écologique, qui doit générer 32 % d’émissions de CO₂ en moins et 20 % d’économies d’énergie, grâce notamment au nez plus aérodynamique de la motrice. Côté exploitation, SNCF Voyageurs attend une diminution de 30 % des coûts de maintenance. En outre, lorsque ces rames arriveront en fin de vie, dans quelques décennies, 97 % de leurs composants seront recyclables.
Grande nouveauté : le TGV M est équipé de batteries. En cas de coupure de l’alimentation électrique de la voie, elles lui permettent de maintenir le confort à bord (climatisation, éclairage, WC) et de rouler de 40 à 60 km, afin de sortir de la ligne à grande vitesse ou de rejoindre la gare la plus proche.

Des TGV plus capacitaires et modulables
Pour un montant de 4 milliards d’euros, la SNCF a commandé 160 exemplaires du TGV M, dont 30 unités pour Eurostar, livrables à partir de 2030. La SNCF souhaitait un train plus modulable et plus capacitaire. Il compte ainsi neuf voitures voyageurs, contre huit pour les TGV actuels, soit un gain de capacité de 20 %, avec 740 places. Sur le papier, une voiture de 1re classe peut être transformée en voiture de 2de classe, et inversement. Reste à voir, à l’usage, si la SNCF exploitera cette possibilité.
Les espaces dédiés aux vélos et surtout aux bagages augmentent de 20 %. L’offre connectée à bord est par ailleurs renforcée, afin d’améliorer la qualité du wifi (une solution satellitaire est en test) et de fournir aux passagers des informations en temps réel sur des écrans.
La SNCF disposerait actuellement de sept rames, et treize sont prévues d’ici la fin de l’année. Elles seront progressivement intégrées à son plan de transport entre Paris et Marseille. À partir de 2028, plusieurs TGV M seront dédiés au projet d’expansion en Italie, sur les lignes Paris-Milan, Turin-Rome et Turin-Venise. À noter que Velvet, futur concurrent de la SNCF sur le Grand Ouest, a commandé douze exemplaires de l’Avelia Horizon, dans une version qui ne devrait pas intégrer les batteries de secours.





















