La SNCF ne donne plus aucune date pour les débuts du TGV M

Attendu début juillet, ce « TGV du futur » pourrait finalement entamer son exploitation commerciale en août ou en septembre. Des retards successifs depuis décembre 2023 qui représentent une importante perte de trafic pour la SNCF au fil des saisons.
Le TGV M, dans le Technicentre de Paris Charenton.
Le TGV M, dans le Technicentre de Paris Charenton.

C’est l’arlésienne de la SNCF. Le TGV M, qui doit circuler sur l’axe Paris-Marseille ainsi que sur Paris-Milan afin de concurrencer Trenitalia, ne semble pas prêt de pointer son bout du nez blanc à l’horizon. Pour rappel, ce « TGV du futur » construit par Alstom devait être lancé fin 2023, puis à l’occasion des Jeux olympiques de Paris 2024. Il n’a fait l’objet, depuis, que de retards successifs, la SNCF faisant patienter son monde en annonçant les premiers essais, puis en dévoilant sa livrée ou ses aménagements intérieurs. La date prévue actuellement du 1er juillet ne semble plus devoir être tenue, ces rames Avelia Horizon n’ayant toujours pas décroché leur homologation malgré trois années d’essais sur le réseau ferré national.

« Nous attendons l’autorisation de mise sur le marché, un pré-requis essentiel qui nous permettra de déterminer le calendrier précis de mise en service. Dans l’attente de cette décision, nous ne confirmons pas de calendrier », nous a laconiquement précisé la SNCF. En interne, le mois d’août voire septembre est désormais avancé comme date de début d’exploitation commerciale. Louper un nouvel été représenterait un important manque à gagner pour l’entreprise ferroviaire alors qu’elle n’arrive pas à répondre à la demande en haute saison.

Face à ce manque de places et échaudée par les retards successifs, la SNCF avait annoncé en février dernier son intention de conserver 104 rames de son parc TGV afin de prolonger leur durée de vie de 2 à 15 ans. D’un coût de 600 millions d’euros, ce programme lourd en matière de maintenance doit permettre de préserver quelque 17 700 places en 2027 et 22 100 en 2028, soit l’équivalent de 52 rames TGV. D’autres mesures ont été adoptées en parallèle comme l’ajout de 50 places dans les TGV qui doivent être rénovés à mi-vie et le développement à marche forcée de sa marque lowcost Ouigo.

Un TGV M trop révolutionnaire ?

Projet co-construit entre Alstom et la SNCF depuis 2016, cette cinquième génération de TGV est présentée comme « révolutionnaire » par les deux partenaires. Trop peut-être, tant le constructeur fait face à l’usure prématurée de certaines pièces et n’arrive pas à obtenir l’homologation de ce train qui totalise 400 innovations industrielles et technologiques. Ces rames de 9 voitures pourront notamment embarquer 720 passagers, soit 20% en plus, tout en consommant 20% d’énergie en moins.

L’enjeu est de taille pour la SNCF qui a déjà investi plus de 4 milliards d’euros dans la commande des 115 premières rames, dont 4 devaient rouler en juillet, 8 en septembre et 13 fin 2026. La compagnie essuie un peu les plâtres pour les autres opérateurs, sa filiale Eurostar ayant également commandées 20 rames d’un TGV dérivé de l’Avelia Horizon pour circuler sur ses lignes européennes. Et son futur concurrent Velvet en attend 12 TGV pour exploiter des liaisons de Paris vers Rennes, Nantes et Bordeaux à partir de 2028.