Bruno Moerman : directeur général de l’office de tourisme Wallonie-Bruxelles, président de l’Adonet (Association des offices nationaux étrangers de tourisme) et du Salon mondial du tourisme

Les offices de tourisme travaillent-ils aujourd’hui comme ils travaillaient hier ?

Bruno Moerman – Non. Nous sommes beaucoup plus pro-actifs. Avant, notre travail consistait surtout à répondre à une demande spontanée d’informations. Au fil des ans, nous nous sommes de plus en plus attaché à développer la promotion de nos destinations respectives, sur un marché de plus en plus concurrentiel. Nous avons considérablement renforcé nos relations avec la presse ainsi que notre action auprès des professionnels du voyage, même si, en particulier pour les pays limitrophes de la France, la clientèle individuelle reste importante.

Aujourd’hui, une grande partie de notre travail consiste à démarcher les opérateurs marchands et à promouvoir nos destinations par des workshops, notamment dans le domaine du tourisme d’affaires.

Ce tourisme d’affaires a-t-il pris son essor au cours de ces dernières années ?

B. M. – C’est une évidence. Il y a vingt ans, quinze ans même, on parlait très peu de tourisme d’affaires. Aujourd’hui, beaucoup d’offices ont développé un convention bureau et envoient un délégué dédié au tourisme d’affaires dans leur représentation en France. Cela est vrai pour les pays traditionnellement spécialisés sur ce secteur, comme l’Allemagne, les Pays-Bas ou les pays scandinaves. Mais cela est plus évident encore dans le cas des nouvelles destinations, notamment les pays d’Europe centrale qui ont tout de suite vu l’intérêt de s’installer en priorité sur le marché des MICE. Regardez la Croatie, qui s’est rapidement placée dans le haut de gamme, ou la Pologne, la République tchèque et la Hongrie, qui ont considérablement développé leur parc hôtelier.

Et en dehors de l’Europe ?

B. M. – Les pays du Maghreb ont également pris conscience que le tourisme d’affaires constitue une meilleure niche que le traditionnel tourisme balnéaire, de même que des destinations comme Dubaï ou Oman, qui se sont délibérément placées sur le terrain des MICE. Pour les destinations “traditionnelles”, notamment en Europe de l’Ouest, c’est un peu plus complexe : dans les grandes villes, il existe déjà un parc hôtelier très important et l’impératif de remplir les chambres le week-end nous pousse à continuer à porter une grande attention au tourisme de loisirs.

Voyez-vous d’autres destinations s’imposer bientôt sur le marché français ?

B. M. – Je crois que l’Amérique du Sud se développera dans les prochaines années. Les offices argentins et brésiliens vont d’ailleurs bientôt rejoindre l’Adonet. Il y a encore ici de la place pour de nouvelles destinations car le marché français reste très ouvert : le taux de départ à l’étranger y reste beaucoup plus faible qu’au Benelux ou en Grande-Bretagne, par exemple. Mais il n’est pas toujours évident d’y faire connaître nos destinations, notamment dans le domaine du tourisme d’affaires. Je suis toujours étonné par l’absence, en France, d’un grand salon international dédié au tourisme d’affaires.

Sur ce secteur, nous sommes encore contraints d’aller faire la promotion de nos destinations sur de grands salons à l’étranger comme l’EIBTM de Barcelone. C’est regrettable.

Bio express

1948 : Naissance à Bruxelles.

1970 : Chargé de gestion à l’Office de tourisme belge à Paris.

1977 : Chargé de promotion pour le TO Sunair.

1979 : Directeur régional de l’Office de tourisme belge à Strasbourg.

Depuis 1986 : Directeur général de l’Office de tourisme belge à Paris, puis de l’Office de tourisme Wallonie-Bruxelles.

1994 : Président de l’Adonet et du Salon mondial du tourisme.