
Quels souvenirs gardez-vous de votre installation au Vietnam ?
O. C. – Ceux d’une époque pionnière… En 1993, nous étions la première joint-venture du secteur Tourisme au Vietnam, et les infrastructures étaient des plus sommaires : en tout et pour tout, deux hôtels de standard international, l’un à Hanoï, l’autre à Saïgon, sur la route de l’aéroport ! Durant ces années-là, le marché français, porté par le succès de deux films sortis en 1992, “L’Amant” de Jean- Jacques Annaud et “Indochine” de Régis Wargnier, a joué un rôle précurseur. Le développement du pays ignorait le littoral, il fallait donc se débrouiller avec les moyens du bord, ce qui était très motivant. Pour notre premier groupe incentive, à la fin 1993, nous avions affrété des hélicoptères pour visiter la baie d’Halong…
Qu’est-ce qui a changé depuis ?
O. C. – Tout ou presque ! En une décennie, les progrès réalisés en termes d’hôtellerie, de restauration, de moyens de transport sont assez impressionnants, à tel point d’ailleurs que nous sommes en mesure de proposer du très haut de gamme pour les groupes.
Quels sont les grands axes de cette modernisation de l’offre ?
O. C. – Pour l’aspect culture et découverte, nous disposons d’un éventail de choix attractifs qui s’articulent dans le Nord autour d’Hanoï et de la baie d’Halong. En ce qui concerne la composante balnéaire du séjour, la région centre avec Hoi An et Nha Trang est maintenant parfaitement équipée. Hue qui n’avait pas d’hôtellerie tout à fait digne de son site était un peu entre parenthèses. Avec l’ouverture, fin 2005, de l’hôtel La Résidence, la situation évolue. Hue et Hoi An se combinent à merveille et nous pouvons maintenant organiser de superbes soirées dans l’enceinte impériale privatisable.
Et Saïgon ?
O. C. – La ville devient un centre de convention important avec une dizaine d’hôtels quatre et cinq étoiles. Dans ce domaine, le marché européen est à développer, mais nous y gérons de grosses conventions australiennes. Enfin, la situation de Saïgon, à 45 minutes en vol direct d’Angkor au Cambodge, permet de combiner sans souci cette destination avec un programme vietnamien.
Comment se porte le marché de l’incentive ?
O. C. – Il est clair que le Vietnam ne fait pas partie du club des best sellers de ce marché que sont le Brésil, l’Afrique du Sud ou l’Inde. Néanmoins, nous venons de signer deux contrats représentant 1500 pax pour 2007. Pour l’instant, notre record reste l’année 2005 avec 4500 pax.
La taille idéale d’un groupe ?
O. C. – 60-80 personnes, notamment pour affréter l’Émeraude sur la baie d’Halong, point fort du voyage. Pour les groupes plus importants, on propose une flottille de jonques traditionnelles, une vingtaine d’unités dont la capacité varie de 6 à 18 cabines.
Quels projets pour le Vietnam ?
O. C. – Développer la région des hauts plateaux du Centre qui bénéficie d’une météo plus clémente que les montagnes du Nord et recèle un beau potentiel, notamment avec des minorités comme les Bahnar et les Edê dont l’habitat traditionnel est époustouflant. Au Sud, l’île de Phu Quoc, zone franche, est promise à un bel avenir.
Dossier - Vietnam : l’Indochine, forcément…
Vietnam : l’Indochine, forcément…
- Olivier Colomes, Directeur associé de l’agence réceptive Exotissimo Travel Vietnam




















