
Hôtellerie : les nouvelles lumières de la ville
La technologie hôtelière ne se résume pas au check-in dématérialisé. Elle transforme l’intérieur même des établissements. Inauguré à Madrid, le NH Collection Eurobuilding en donne une preuve magistrale dès son lobby avec un dôme numérique – le plus grand écran LED d’Europe – , mais aussi à travers son initiative Living Lab, l’hôtel servant de test aux dernières innovations high-tech.
Les chambres franchissent la ligne de dématérialisation
Il n’est plus très loin le temps où les voyageurs pourront se servir de leur téléphone portable pour ouvrir leur chambre. Très attendue, cette évolution technologique a connu une nette accélération ces deux derniers mois, Starwood et Hilton annonçant des déploiements de grande ampleur de la clé virtuelle. Dans la lutte que se livrent les hôteliers et les géants de la vente en ligne, la technologie revêt une importance stratégique. Alors que les Booking, Expedia et consorts accompagnent les voyageurs jusqu’au comptoir des hôtels, les leaders de l’hôtellerie comptent sur des applications enrichies de services pour fidéliser les clients à leurs outils maison. Et partant, ne plus les voir papillonner çà et là tout en récoltant des informations sur leurs préférences. Rien de plus utile à l’heure du big data.

Lancement
Les hôtels américains Hilton, Conrad, Waldorf Astoria et Canopy proposeront des clés virtuelles dès 2015. Hitlon Worldwide prévoit le déploiement mondial de la technologie en 2016.

Clé virtuelle
Les membres du programme Starwood Preferred Guest peuvent d’ores et déjà utiliser leur smartphone en guise de clé. En tout cas, dans les dix premiers hôtels à proposer le système SPG Keyless. Situés dans de grandes métropoles d’affaires – New York, Pékin, Hong Kong… – , ces pionniers seront rapidement rejoints par d’autres. En effet,150 hôtels devraient être convertis à la clé digitale début 2015.

Sésame high tech : priorité à la fidélité
La clé virtuelle, comment ça marche ? Le principe est simple : il faut être membre du programme de fidélité du groupe hôtelier, télécharger l’application dédiée, puis faire son check-in 24h avant l’arrivée et enfin se laisser guider pour récupérer le sésame virtuel.
Accor dévoile ses ambitions numériques
“Le digital est là pour durer”, constate Vivek Badrinath, le monsieur “numérique” de Accor. Dès lors, plutôt que de subir une évolution technologique inexorable, le groupe passe à l’action en consacrant 225 millions d’euros sur cinq ans à ce sujet stratégique. Certaines initiatives concernent les employés du groupe pour simplifier l’accueil des clients avec l’utilisation de tablettes et smartphones. Mais ce plan est surtout destiné à enrichir le parcours du client avant, pendant et après son séjour, à travers une application unique, la dématérialisation de la carte de fidélité, une meilleure exploitation des données pour des offres personnalisées. Une solution digitale pour la réservation des réunions est également attendue.
Tous les services, une seule application

« Notre application permet, bien sûr, de réserver une chambre en deux clics. Mais, surtout, elle donne accès à tous les services de l’hôtel. Vous pouvez réserver une table dans tous les restaurants de nos établissements ou commander au room service. De nouveaux services s’ajouteront régulièrement. Par exemple, l’application étant liée à notre programme de fidélité, un client pourra payer au bar avec ses points. »
Romain Roulleau, Vice-président Senior E-Commerce de Accor
Aérien : la presse quotidienne décolle. En tout cas dans les avions…
La fin de la presse papier ? Certains la prédisent pour bientôt, 2017 aux États-Unis, 2029 en France selon le site Future Exploration. Plusieurs compagnies accompagnent ce mouvement en proposant à leurs clients de télécharger leurs journaux et magazines préférés afn de les lire avant, pendant et même après le voyage. Avec, aussi, l’assurance de distribuer les dernières éditions, ce qui n’était pas toujours le cas sur les vols long-courriers. Airberlin et Virgin Australia ont commencé à proposer ce service à leurs voyageurs fidèles dès 2012. Puis Air France a étendu ce principe à tous les voyageurs en 2013 avec l’application AF Press. De son côté, Hop!, sa filiale régionale distribue 60 quotidiens régionaux de manière gratuite aux voyageurs Maxi Flex, et contre paiement pour les tarifs moins élevés. Cependant, la dernière tendance est à réserver ces solutions aux habitués des salons. Depuis peu, Cathay Pacific offre plus de 2 000 titres à télécharger dans ses lounges de Hong Kong, et probablement bientôt dans d’autres salons dans le monde.
London City, à la pointe de l’actu
Les voyageurs d’affaires passant par l’aéroport de London City ne risquent pas d’être en retard, en tout cas sur l’actualité. Dès leur arrivée, ils sont plongés dans l’univers Bloomberg avec un écran diffusant, façon Times Square, le fil des dernières informations générales et financières. Sous douane, le concept de ce Bloomberg Hub est complété par un gigantesque mur media composé de 12 écrans une multitude d’ordinateurs à disposition et bien sûr, par du WiFi gratuit.
Brussels Airlines : un salon tout neuf rempli de tablettes

Dans son nouveau salon The Loft à Bruxelles, les passagers de Brussels Airlines trouvent à leur disposition des tablettes Microsoft Surface Pro 3. Elles permettent de réserver les services du salon – un lit pour se reposer, la salle de bain, la salle de réunion –, délivrent des informations sur le statut des vols et donnent accès à Yelo, le service de VOD de Telenet.
Une bibliothèque en mode Beacon à Istanbul
Turkish Airlines a récemment revu sa solution Sky Library, proposée dans son salon d’Istanbul. Cette bibliothèque virtuelle utilise les toutes dernières technologies. Ses rayons apparaissant comme par enchantement lorsque les voyageurs passent à côté d’une borne dotée de la technologie Beacon. La sélection d’ouvrages cible les voyageurs d’affaires avec de la presse internationale bien sûr, mais aussi des livres sur le management et le marketing.
Le service à la place en salle d’embarquement
United Airlines et l’entreprise de restauration OTG travaillent de concert à transformer l’expérience des passagers à l’aéroport international de Newark Liberty. Dans le cadre de la rénovation du terminal C qui devrait s’achever fin 2015, les voyageurs auront à leur disposition près de 10 000 prises de courant et interfaces USB pour recharger leurs appareils nomades. Mais, surtout, 6 000 iPads seront disséminés dans tout le terminal. En pianotant sur ces tablettes en attendant leur vol, les voyageurs pourront faire leurs emplettes au duty free depuis leur place ou encore commander un menu dans l’une des 55 propositions de restauration, dont les plats du Saison, signé Alain Ducasse. Repas et achats qui leur seront remis directement là où ils sont assis.
Ferroviaire
(Bons) Romans de gare

Les habitués du TER Metrolor qui circule en Lorraine ont depuis cet automne le loisir d’agrémenter leurs trajets de lectures. La SNCF propose sur cette ligne toute une bibliothèque numérique à télécharger gratuitement, pour les grands classiques, ou à partir de 0,99 €, pour les oeuvres plus récentes. Pour lire ou relire la Bête humaine ou le Crime de l’Orient-Express, presque en situation.
Thalys : la BD à grande vitesse
Après une phase de test en début d’année, Thalys pérennise son application “e-Press&More”. Les clients Gold, Platinium et Platinium+ ont accès à plus de 75 titres internationaux à télécharger gracieusement. Mais l’application joue aussi sur son côté “&More” en proposant des vidéos et, Belgique oblige, une multitude de BD, des séries complètes comme celles de Blake et Mortimer, Largo Winch, Alter Ego ou All Watcher, à lire jusqu’à 30 jours après le voyage.
L’offre aux cinéphiles

Si la presse virtuelle est devenue réalité, d’autres acteurs se concentrent sur le divertissement pendant, mais aussi avant le voyage. Ainsi les grandes gares françaises – Paris Gare de Lyon et Montparnasse, Lyon Part Dieu, Marseille Saint Charles, Lille Europe – ont vu apparaître fin août des bornes dorées siglées CinéGV. Pour les voyageurs souhaitant se détendre, ces bornes proposent tout un catalogue de flms à succès, français pour la plupart, et de séries récentes, la dernière saison de Walking Dead par exemple. Pour en profiter, il faut d’abord avoir installé l’application CinéGV sur un ordinateur, sur une tablette ou sur un smartphone, puis choisir le film ou la série sur la borne et la télécharger sur une clé USB. Pour les voyageurs qui n’en ont pas sous la main, la borne fait office de distributeur. Prix de la location d’un film : entre 3,99 € et 4,99 €.

























