
Allié clé de la mobilité, le WiFi est rapidement devenu incontournable dans tous les lieux publics, dans les hôtels, mais aussi plus récemment dans les gares et les aéroports. Cependant, sa banalisation dans le transport aérien est encore limitée. En tout cas en Europe, mais pas aux États-Unis où, dès 2008, GoGo équipait un appareil de Virgin America d’une connexion internet sans fil. Fondant sa technologie sur le réseau terrestre de téléphonie, ce précurseur a pu rapidement mailler le territoire américain en orientant ses antennes non plus vers la terre, mais vers le ciel, séduisant ainsi nombre de transporteurs outre-Atlantique. GoGo compte aujourd’hui près de 2000 appareils équipés du WiFi à bord. Inconvénient de ce mode de communication : il ne peut pas fonctionner sur les routes transcontinentales. Dès lors, Aeromobile, filiale de Panasonic, et On Air, joint venture entre l’avionneur Airbus et le fournisseur de solutions aéronautiques SITA, se sont penchées sur le sujet en créant des offres basées cette fois sur des liaisons satellites, solutions privilégiées par de nombreux grands transporteurs non américains.
Encore en phase de test
Selon RouteHappy, 52 compagnies aériennes proposent aujourd’hui du WiFi sur un nombre plus ou moins important d’appareils. Lufthansa a ainsi équipé la plupart de ses vols long-courriers du service FlyConnect. Chez British Airways et Air France-KLM, le WiFi est encore en phase de test à bord de quelques appareils à long rayon d’action. La compagnie française a également lancé l’an dernier une phase pilote avec Orange concernant ses dessertes court et moyen-courriers. D’autres développements ont eu lieu récemment. Depuis mars, Japan Airlines a étendu son service JAL Sky Wi-Fi sur ses B787 et 767 long-courriers volant vers l’Europe et l’Amérique du Nord, tandis que SriLankan propose le WiFi à bord de son tout nouvel A330. “Fournir une connectivité internet et mobile est un élément très important de notre nouvelle offre sur un marché extrêmement compétitif”, explique G. T. Jeyaseelan, le directeur marketing de la compagnie. Certaines low cost ont fait le même constat. Selon Reuters, Ryanair devrait ainsi commencer à proposer du WiFi sur ses lignes business les plus fréquentées et Vueling, teste le WiFi en partenariat avec Telefonica sur quatre de ses A320.
Ce service est en effet très attendu si l’on en croit le sondage réalisé par Honeywell auprès de voyageurs américains, britanniques et singapouriens. Pour plus des trois quarts d’entre eux, un accès sans fil à Internet devrait être disponible sur tous les vols, qu’ils soient domestiques ou internationaux. La plupart sont même prêts à troquer un avantage acquis – qui un siège plus large, qui une boisson et qui encore la possibilité de se rendre aux toilettes ! – contre la présence assurée d’une connexion internet en vol.
Connecté, mais frustré
Hélas, si la demande est là, l’infanterie ne suit pas toujours. Connexion peu stable, débits erratiques notamment lorsque les vols sont pleins : l’étude d’Honeywell montre également que, dans 90% des cas, la mauvaise qualité de la connexion engendre de la frustration. En effet, si le débit est souvent suffisant pour consulter ses mails, télécharger des fichiers ou rester connecté aux réseaux sociaux, la capacité est en revanche limitée pour regarder des vidéos ou utiliser Skype, par exemple.
La bande passante étant le nerf de la guerre, les technologies évoluent vite. Aux États-Unis, GoGo met en place de nouvelles antennes terrestres promettant un débit jusqu’à 9 Mbits/s contre 3Mb/s. Ce pionnier a également lancé une solution satellitaire baptisée 2Ku. Celle-ci promet un débit 20 fois supérieur, de 70Mb/s dans un premier temps et même de plus de 100 Mbps dans le futur. Tandis qu’Aeromexico la déploie à la fin 2015, Delta a annoncé que 250 appareils destinés aux vols moyen-courriers vers l’Amérique Latine, les Caraïbes et les longs vols domestiques disposeront de ce système. “Une connectivité globale veut dire une plus grande productivité, a déclaré Tim Mapes, vice-président marketing de la compagnie. Les voyageurs d’affaires veulent plus de bande passante et une plus grande rapidité de téléchargement.” La concurrence n’est pas en reste. OnAir est partenaire du système Global Xpress d’Inmarsat qui entrera en service en 2015 et annonce des débits jusqu’à 50Mbits/s. Il n’est plus loin le temps où regarder du sport en direct et visionner un film en streaming, comme chez soi mais à 35 000 pieds d’altitude, deviendra banal…
Le WiFi, mais à quel prix ?
Équiper un avion en WiFi a un coût, de l’ordre de 100 000 $ pour une connexion au réseau terrestre et près de 500 000 $ via les satellites. Dès lors, rares sont les compagnies comme JetBlue à offrir ce service, et encore ne le fait-elle que pour les connexions demandant peu de bande passante. Quelle que soit la compagnie, le WiFi tourne souvent autour de 5 à 10 euros/dollars l’heure et entre 15 et 20 euros/dollars pour la durée du voyage. Delta propose aussi des pass mensuels (49,95 $) et annuels (479,95 $). Mais attention au débit manquant au rendez-vous… Par exemple, un passager arrivé à Singapour et qui avait souscrit une offre pour 28,95 $ et 30 MB de téléchargement, s’est retrouvé avec une note de près de 1 200 $ ! Selon son blog, il ne l’a pourtant utilisé que pour envoyer des mails et télécharger un Powerpoint de 4 Mo…
En chiffres
Selon une étude conduite par Honeywell en juin dernier auprès d’un millier de voyageurs américains sur les douze derniers mois :
- 85 % des voyageurs interrogés ont accédé au WiFi lors de vols domestiques et 40 % lors des vols internationaux.
- 85 % utiliseraient le WiFi lors de la plupart de leurs voyages en avion si celui-ci était gratuit.
- 66 % avouent que le WiFi en vol influence leur choix de vol.
- 37 % seraient mécontents de ne pas trouver de connexion WiFi lors de leur prochain voyage.
- 22 % ont payé leur billet plus cher pour prendre un vol disposant du WiFi.
- 17 % ont changé de compagnie pour avoir accès à une meilleure offre Internet en vol.
Par ailleurs, la moitié des voyageurs seraient gênés si leur voisin de siège pouvait voir leur activité en ligne, 50 % utilisant le WiFi pour se connecter à des sites de rencontre, 32 % pour regarder des vidéos de chats – c’est la grande mode – et 30 % des programmes pour enfants.
Pourcentage de vols proposant du WiFi



















