
Rentrée studieuse pour le marché français du voyage d’affaires, qui était convié le 3 septembre par AirPlus à réfléchir aux grandes problématiques en passe de modifier le paysage du business travel, ses usages et ses modèles économiques. Des tendances résumées par AirPlus derrière le néologisme de « travelution », qui incarne bien la brutale transformation du secteur. Vaste sujet, dans un contexte d’uberisation du voyage d’affaires, où apparaissent de « nouveaux entrants aux noms prestigieux et plutôt fun », comme le résumait John Baird-Smith en préambule de ce 10ème Univ’AirPlus, pour mieux souligner que « la bataille du contenu fait rage ». On pense, bien sûr, à des acteurs comme Airbnb, dont le spécialiste de la transition numérique Nicolas Colin rappelait la valorisation à 20 milliards de dollars, contre 8 pour le géant hôtelier Accor…
Sujet brûlant, aussi, deux jours après l’entrée en vigueur de la surcharge GDS imposée par le groupe Lufthansa, qui pourrait bien remettre en question le schéma actuel de la distribution dans l’aérien… « Cela va à l’encontre du voyageur : le client doit pouvoir comparer » dénonçait logiquement George Rudas au nom d’Amadeus, en déplorant « un retour en arrière technologique ». De son côté, l’économiste du transport aérien Pascal Perri, tout en replaçant la démarche du groupe allemand dans un contexte de négociations tendues, face à l’oligopole des GDS, s’interroge : « Est-ce que l’offensive de Lufthnsa ira à son terme ? Je n’en suis pas sûr… ».
Cette Travelution n’épargne pas le secteur hôtelier, challengé à la fois par les nouvelles offres alternatives comme Airbnb, MagicEvent ou Morning Croissant – des alternatives jugées crédibles par une large majorité de l’assistance (78%) – mais aussi par les ambitions business travel désormais assumées par un géant du « leisure » comme Booking.com. Sondé sur un possible élargissement du programme Booking.com Business aux grandes entreprises, interrogé sur une diversification des services proposés par Booking, son Directeur France, Espagne et Portugal entretient le mystère : « on ne s’interdit rien », réplique Carlo Olejniczak. Accor non plus, apparemment, qui lance sa place de marché pour mieux valoriser sa vitrine online. « Un magasin plus grand attire plus de clients » résume, pragmatique, Vivek Badrinath. Conscient de l’hyperpuissance de la plateforme hôtelière – « Booking compte autant d’hôtels que nous comptons de chambres » – le Directeur général adjoint chargé notamment du digital n’a pas manqué de réaffirmer les nouvelles ambitions d’Accor sur le terrain numérique, y compris à l’endroit de la clientèle corporate.
Cette 10ème édition d’Univ’AirPlus aura donné matière à réflexion pour les nombreux invités présents, qu’ils soient acheteurs, Travel Managers, fournisseurs ou voyageurs d’affaires, qui comptent bien désormais se préparer efficacement à la « Travelution ».





















