
On croyait l’affaire Snowden classée, on pensait connaître les principales révélations concernant les pratiques de l’Agence nationale de sécurité américaine, plus connue sous l’appellation de NSA. D’ailleurs, le film éponyme consacré au célèbre donneur d’alerte n’est-il pas en ce moment même à l’affiche de nos cinémas, preuve s’il en fallait que le générique de fin était désormais connu, et avec lui le dénouement de cet imbroglio techno-diplomatique ? Que nenni… Le Monde nous révèle aujourd’hui que l’espionnage généralisé des services secrets américains et britanniques a également concerné des voyageurs d’affaires français, entre autres. Et pour cause : Air France aurait été la cible privilégiée d’un « programme d’interception des communications mobiles à bord des avions commerciaux », explique le quotidien du soir.
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La compagnie française, tout comme son partenaire Aeromexico – baptisé « Air Mexico » dans les documents publiés – auraient été espionnés en plein vol par des antennes dissimulées sur la terre ferme, 10 000 mètres plus bas. Plus que ces deux transporteurs, ce sont surtout leurs passagers qui suscitaient l’attention des services secrets anglo-saxons. Les smartphones allumés et dotés d’une connexion Internet permettaient à la NSA et au GCHQ d’en extraire de précieuses données. Lesquelles aurait été croisées avec la liste des passagers du vol. Autre option, encore plus efficace : les britanniques auraient régulièrement fait « bugger » les téléphones, poussant l’utilisateur à redémarrer celui-ci et donc à saisir ses différents identifiants…

L’affaire remonte à 2005, selon les informations du Monde et de son partenaire « The Intercept ». Craignant un nouveau 11 Septembre, les autorités américaines et britanniques auraient profité de l’essor des offres de connexion en vol. « Quel est le point commun entre Emirates, Wataniya Air, Air Blue et Royal Jordanian ? Ce sont quatre des quelque vingt compagnies aériennes qui proposent les communications GSM en vol » explique un document daté de 2010. « Parmi les autres compagnies qui proposent [ce service] ou prévoient de le faire figurent Libyan Air, (…) TAP Portugal, Air France et Lufthansa. Comme vous pouvez le voir, beaucoup de ces compagnies desservent des régions cibles », lit-on ensuite.
De là à imaginer que les informations collectées dépassaient le « simple » cadre de l’anti-terrorisme, il n’y a qu’un pas. L’auteur du rapport conclu d’ailleurs : « Contactez-moi si vous souhaitez en savoir davantage sur l’analyse des communications GSM à bord et comment cela peut vous aider dans votre mission, ou si vous souhaitez simplement en savoir plus. Oui, il y a plus… ».

















