
Transavia a officiellement annoncé mardi 13 février qu’elle fermera sa base de Munich à partir de l’hiver prochain. Munich était la première base Europe en dehors de la France et des Pays-Bas – ses deux marchés d’origine – de la compagnie low cost, qui avait annoncé en 2015 vouloir conquérir l’Europe à l’image d’une Easyjet ou Vueling.
Arrivé en novembre 2015 avec deux appareils Boeing 737 à Munich, le transporteur low-cost avait au printemps 2016 fait passer sa flotte à quatre appareils, offrant alors 19 destinations notamment vers la Croatie, le Danemark, l’Espagne, la France, l’Italie, les Pays-Bas et le Portugal, l’équivalent de 100 départs par semaine. La compagnie proposait également une liaison domestique à destination de Berlin Schönefeld. La base fermera en octobre prochain, Transavia garantissant encore pour la saison d’été son programme.
La direction de la compagnie explique dans un communiqué son revirement stratégique. « Cela fait partie de notre ADN de recenser et reconnaître de nouvelles opportunités de marché », rappelle Mttijs ten Brink, Directeur Général de Transavia Hollande. C’est pour cette raison que nous avions ouvert il y a douze mois une nouvelle base Transavia à Munich, sur un marché où notre marque était quasi-inconnue mais finalement accueillie avec enthousiasme par les Bavarois. Notre taux de ponctualité a été remarquable dès les premiers jours avec 90% de nos passagers se déclarant satisfaits selon nos enquêtes de bord ».
« Dans le même temps, nous devons continuellement adapter notre modèle de gestion aux conditions du marché. Et nous avons décidé de changer de stratégie pour concentrer notre croissance sur nos marchés d’origine. Et après avoir évalué les perspectives de profitabilité, la base de Munich n’est plus adaptée à notre stratégie. Nous ne desservirons plus qu’Amsterdam et Eindhoven au départ de Munich cet hiver », ajoute le Directeur Général.
changer de stratégie pour concentrer notre croissance sur nos marchés d’origine
En fait, l’une des principales raisons motivant cette décision a pour nom Lufthansa. En faisant sa percée sur le second hub du géant aérien allemand, Transavia devait s’attendre à une réaction « violente » de la compagnie germanique. C’est fait : dès ce printemps, la filiale low cost de Lufthansa, Eurowings, ouvrira une base à Munich. Avec quatre Airbus A320, elle desservira, en parallèle à la maison mère Lufthansa, 32 destinations depuis la plate-forme bavaroise. Soit 89 vols par semaine avec des prix autour de 40 euros et l’espoir de transporter d’ici décembre 400 000 passagers.

Munich reste relativement épargné par le phénomène low-cost, en raison d’une présence massive de Lufthansa et de ses partenaires sur le trafic européen. Moins de 15% de tous les passagers volant de et vers Munich utilisaient une compagnie low cost en 2015. Soit deux fois moins que la moyenne en Allemagne, où le low-cost rafle 31% de part de marché passagers. Cette part de marché tourne à moins de 3% à Francfort et atteint plus de 40% à Berlin Tegel et Düsseldorf, si l’on considère le trafic passager de la compagnie hybride Airberlin comme du trafic en grande partie low-cost.

















