
L’annonce du changement de nom par Airbus des Séries C du Canadien Bombardier avait été révélée en avril dernier, mais elle vient de se concrétiser à l’occasion du salon de l’aéronautique de Farnborough, au Royaume-Uni. Les C Series 100 et 300 deviennent officiellement les Airbus A220-100 et A220-300.
Un nouveau chapitre s’ouvre donc pour le programme aéronautique de Bombardier. A l’automne dernier, un partenariat était signé entre le groupe canadien et Airbus. La transaction avait été conclue à la fin 2017 pour échapper à la menace de l’administration Trump de surtaxer les C-Series, car assemblés à l’extérieur des Etats-Unis. L’avionneur européen détient désormais 50,01 % dans la Société en commandite Avions C Series (SCACS), Bombardier ne détenant plus que 34% des actions et Investissement Québec, représentant du gouvernement du Québec, 16 %.
En passant sous l’aile protectrice d’Airbus, les avions Bombardier peuvent donc contourner les mesures de restriction mises en place par les Etats-Unis, l’assemblement des appareils étant effectués dans les usines Airbus en Alabama. En parallèle, la transformation des C100 et C300-Series en A220-100 et -300 permet d’apposer une marque de prestige sur un avion aux qualités reconnues.
En effet, l’A220 a une très faible consommation en kérosène, de 20% inférieure aux avions de même catégorie, avec un confort de bord supérieur aux avions de même catégorie, grâce à cinq sièges par rangée au lieu de six et plus d’espace pour les jambes. Sur Swiss, le siège en éco a une largeur de 45 cm (au lieu de 42 cm ailleurs) et 80 à 81 cm de distance entre rangée (contre 78 à 79 cm chez d’autres).
Et pourtant, les acheteurs ne se sont guère bousculés pour acquérir l’appareil. Les innombrables retards dans le programme y ont été pour beaucoup. Ainsi, depuis la livraison des premiers appareils à Swiss en 2016, seuls 36 avions ont été livrés au transporteur helvétique – 23 appareils – ainsi qu’à Air Baltic et Korean Air.
Les désormais Airbus A220 devraient donc mieux se vendre. L’intérêt des clients d’ailleurs va grandissant depuis le changement de nom. Le PDG de Bombardier indiquait déjà en avril dernier « qu’avec l’organisation marketing et vente d’Airbus derrière nous, nous avons soudain accès à toutes les compagnies aériennes autour du monde ».
A peine le changement de nom effectif, la compagnie américaine Jet Blue a confirmé une commande de 60 avions. Elle rejoint des compagnies comme Gulf Air, Delta Air Lines, Egyptair, Privatair ou encore Iraqi Airways qui vont recevoir leurs premiers avions cette année. En 2019, Airbus livrera également les premiers A220 à Air Canada.
Pour Airbus, la transaction est également profitable, puisqu’elle permet à l’avionneur européen d’ajouter à son catalogue des jets de petite capacité, parfait pour la conquête des segments régionaux. Par exemple, l’A220 est un avion idéal pour la desserte des aéroports urbains comme le City Airport à Londres ou des aéroports ayant des contraintes de bruits très strictes comme Genève ou Zurich.
Le PDG d’Airbus, Tom Enders, indiquait d’ailleurs aux media que la nouvelle gamme A220 devrait largement anticiper les besoins des compagnies aériennes pour un appareil de cette taille. Besoin qu’Airbus estime à plusieurs milliers d’avions pour les vingt prochaines années. Il est donc certain que les voyageurs d’affaires profiteront de plus en plus de l’excellent confort de ces appareils dans les années qui viennent.

















