
L’Ouzbékistan était le pays à l’honneur lors du dernier salon IFTM. Mais, pour beaucoup, cette destination est encore méconnue. Pouvez-vous la présenter ?
Sukhrob Bobokalonov : Pour commencer, l’Ouzbékistan, c’est un peu comme la France. Ce pays a donné autant à la civilisation de l’humanité qu’il en a reçu. La Route de la Soie, la domestication du cheval, les sciences avec Avicenne et Al-Khwarizmi, à qui l’on doit l’algèbre et l’algorithme… Beaucoup d’empires ont été bâtis dans ces contrées, d’Attila à Tamerlan. A côté de ce passé glorieux, l’Ouzbékistan connait depuis une dizaine d’années un essor économique très important, avec une croissance d’un peu plus de 8 % prévue cette année. C’est un pays sûr sur tous les plans, économique comme social, avec une économie diversifiée reposant sur plusieurs industries comme le textile, l’automobile, la chimie, le gaz et le pétrole.
Le tourisme est-il aussi une de ses secteurs clés ?
S. B. : Le tourisme est un secteur prioritaire, parce que l’Ouzbékistan est un pays enclavé. Tout autour de nous, de nombreux pays disposent d’une main-d’œuvre et de ressources moins chères, et peuvent nous concurrencer. Mais, dans le tourisme, il n’y a pas un autre Ouzbékistan. Les facettes que propose l’Ouzbékistan, notamment sur le plan architectural, avec toutes ces merveilles du monde islamique, n’existent quasiment pas ailleurs. En Iran, bien sûr, mais vous connaissez la situation…

Comment évolue le tourisme en Ouzbékistan ?
S. B. : L’État, soutenu par le président de la République, met l’accent sur un tourisme créatif et responsable, propre à l’Ouzbékistan. Il ne faut pas singer ce qui se fait ailleurs. En revanche, nous pouvons offrir un service de très haut niveau avec un cachet ouzbek, fort de l’histoire que j’ai évoquée, de nos codes culturels, la politesse, la gentillesse.
Comment se traduit cette stratégie dans l’offre touristique ?
S. B. : Il y a encore dix ans, le tourisme en Ouzbékistan reposait uniquement sur la culture, sur ses villes des Mille et Une Nuits et de la Route de la Soie. Mais, à côté de ces monuments historiques, nous avons aussi des montagnes, des lacs, des paysages incroyables… Aujourd’hui, nous regardons le potentiel des régions autour de nos sites culturels pour, en fonction de cela, y développer les services qui vont autour. De sorte à diversifier notre tourisme, notamment vers l’événementiel et MICE.
Le tourisme d’affaires est-il un de vos axes de développement ?
S. B. : Oui, nous avons fait énormément de choses ces dernières années avec de grands centres de congrès d’abord à Tachkent, puis à Samarkand et cette année à Khiva. Et à Boukhara, nous sommes en train de construire un énorme centre dédié à l’événementiel, avec un palais des congrès qui sera terminé d’ici deux ou trois mois. Nous avons un très grand potentiel pour le tourisme MICE. Le pays est entré sérieusement sur ce marché. En 2025, le centre de congrès de Samarkand a par exemple accueilli la Conférence générale de l’UNESCO, la première organisée hors de son siège à Paris. Cette année, la ville accueille le championnat du monde d’échecs. Le championnat du monde de mini-football s’est également déroulé en Ouzbékistan. Le pays attire de plus en plus d’événements mondiaux.


Organiser un congrès, un événement ou un séjour incentive depuis la France est-il facile ?
S. B. : Il y a tout d’abord deux fois par semaine un vol direct Paris-Tachkent d’Uzbekistan Airways, à bord d’avions ultramodernes, des Airbus A320neo par exemple. En dehors de la compagnie nationale, il y a neuf transporteurs locaux de type low cost – contre un seul il y a dix ans – qui relient les villes intérieures, mais desservent aussi Istanbul, d’autres villes européennes ou l’Asie du Sud-Est. En parallèle, pour venir en Ouzbékistan, les voyageurs peuvent aussi prendre des vols de Turkish Airlines, via Istanbul, pour Tachkent, Boukhara ou Samarkand, mais aussi Ourguentch, Ferghana ou Namangan. Vous voyez, le pays est très bien desservi.
Pour relier Samarkand ou Boukhara depuis Tachkent, faut-il prendre l’avion ?
S. B. : L’Ouzbékistan est un pays tout en longueur, faisant 2 000 kilomètres d’un bout à l’autre, avec autour de 300 à 400 kilomètres entre ses différentes métropoles. Et aujourd’hui, on peut traverser l’Ouzbékistan d’un bout à l’autre en train. L’Ouzbékistan a été la premier en Asie centrale à proposer des trains ultramodernes, avec des TGV achetés aux Espagnols Talgo, puis aux Chinois et aux Coréens. Nous avons ainsi triplé le kilométrage du réseau.

Ressentez-vous beaucoup d’intérêt auprès des entreprises françaises ?
S. B. : Il y a une dizaine d’années, le business français était assez peu présent en Ouzbékistan. Mais au cours des dix dernières années, nos présidents de la République se sont rencontrés plusieurs fois. Les relations sont très bonnes et, dans ce sillage, des entreprises françaises se sont intéressées au pays, y compris des groupes hôteliers qui se sont installés, comme le groupe Accor (NDLR : des hôtels Mövenpick, Ibis et Mercure ont récemment ouvert à Tachkent et un autre Mercure s’installera cet automne à Khiva). Il y a aussi des entreprises de montagne françaises qui viennent dans le pays, car nous développons beaucoup le ski et nous avons de belles montagnes. Les Français sont très actifs.




















