
La journée du 14 janvier a apporté une nouvelle dimension au « shutdown » américain, conséquence du bras de fer entre le Président Trump et la Chambre des Représentants à majorité démocrate sur le financement du fameux « mur » à la frontière avec le Mexique. L’impasse demeure totale sur ce financement, entraînant donc la fermeture d’administrations fédérales dont les budgets de fonctionnement ne sont plus assurés.
Pour le voyageur aux Etats-Unis, l’une des premières conséquences visibles avait été la fermeture de parcs nationaux et des musées fédéraux à Washington. Mais depuis lundi, le « shutdown » a pris un tour plus dramatique en affectant les services de sûreté sur les aéroports américains. La sûreté est en effet assurée par le gouvernement fédéral par le biais de la Transportation Security Administration (TSA). Mais depuis lundi, ces agents ne sont plus payés et en conséquence, beaucoup se font portés pâles. Sur 51 000 employés, la TSA relevait lundi un taux d’absentéisme de 7,6% contre 3,2% à la même période de l’année dernière.
Cela se traduit pour les voyageurs par un allongement considérable des files d’attente pour passer les contrôles de sûreté dans les aéroports et à des situations parfois chaotiques au sein des aérogares. En effet, pour pallier à l’absence des employés de la TSA, cette dernière a décidé de consolider les points de contrôle des passagers. Certains passages sont fermés, les passagers devant se rendre là où les agents sont en activité. Ce qui rallonge d’autant les temps d’attente. Le pire s’est produit à l’aéroport d’Atlanta où l’attente moyenne a atteint le 14 janvier 88 minutes selon les statistiques de la TSA contre une moyenne de 30 minutes en temps normal. Pour les passagers ayant payé un contrôle de sécurité express, le temps d’attente est passé de 10 minutes à 55 minutes… La situation était également tendue sur de nombreux autres hubs. Les contrôles de sûreté sur les aéroports de Houston Intercontinental, Dallas Fort Worth, Miami ou Washington Dulles ont été fortement affectés par la fermeture partielle des files de sécurité dans certaines aérogares afin de rediriger les passagers vers les files de contrôle encore opérationnelles.
Les compagnies aériennes ainsi que les prestataires de voyage suggèrent donc aux passagers de venir plus tôt dans les aéroports. « Ce « shutdown » est susceptible d’augmenter les temps d’attente aux points de contact dotés de personnel fédéral dans les aéroports, y compris pour les files de sécurité, les contrôles douaniers et les pistes d’atterrissage, ce qui pourrait modifier les heures de décollage et d’atterrissage des lignes aériennes, préviennent les responsables de BCD Travel. Il est donc conseillé aux voyageurs de prévoir davantage de temps pour s’enregistrer à l’aéroport et pour passer les contrôles de sécurité. Il est également recommandé aux voyageurs d’essayer d’éviter les vols dont les correspondances sont trop rapprochées », poursuivent les dirigeants de la TMC.
Mais cela n’est pas le seul problème auquel l’industrie du transport aérien américain est soudainement confrontée. Les autorisations habituellement attribuées par la FAA – l’autorité fédérale de l’aviation civile – pour la mise en service de nouveaux avions ainsi que pour de nouvelles lignes aériennes ne le sont plus. Ainsi Southwest Airlines a dû retarder le lancement de nouvelles lignes vers Hawaï tandis que Delta Air Lines envisage de repousser le lancement de son tout nouvel Airbus A220 en raison de l’absence d’autorisation.
Le PDG de Delta Ed Bastian a d’ailleurs estimé que le « shutdown » coûterait à la compagnie probablement 25 millions de dollars en recettes, non seulement en raison de ces difficultés internes mais également parce que certains voyageurs commencent à annuler leurs déplacements en raison de l’incertitude qui pèse sur le transport aérien. La fermeture partielle des administrations américaines pourrait également toucher les contrôleurs aériens dont les salaires ne sont plus versés.
La TSA s’est cependant voulue rassurante. Sur son site internet – non mis à jour en raison du « shutdown » –, l’agence a publié un communiqué faisant le point sur les opérations de contrôle de sûreté des passagers. Selon TSA, sur les 1,89 million de passagers contrôlés lundi, 99,1% des voyageurs ont attendu moins de 30 minutes pour les contrôles, 94,3% ayant attendu moins de 15 minutes. La TSA recommande aux voyageurs de s’informer de la situation sur les sites web des aéroports ou des compagnies aériennes pour connaître les éventuelles fermetures d’aérogare et transfert des passagers vers d’autres zones d’enregistrement.

















