Des aéroports allemands de nouveau au bord de l’asphyxie?

Depuis quelques jours, les passagers vers l'Allemagne peuvent se trouver confrontés à deux heures d'attente pour passer les contrôles et s'enregistrer. Une situation due à l'absence de personnel et aux mesures d'austérité mises en place par les aéroports avec la pandémie de covid. Mais qui ne devrait pas perdurer selon les autorités.
L'aéroport BER à Berlin (Photo : FFB)

Le nouvel aéroport de Berlin a de nouveau fait la une des journaux télé et papier en Allemagne le week-end dernier. L’aéroport le plus médiatisé d’Europe s’est retrouvé le week-end dernier au centre d’une nouvelle polémique.

Le 12 octobre marquait en effet le début des vacances d’automne en Allemagne et certains passagers ont du attendre jusqu’à 4 heures pour pouvoir s’enregistrer. Ratant du coup leur avion. Une situation que le gouvernement local a jugé inadmissible, demandant à l’autorité aéroportuaire d’y remédier.

Cette situation s’est produite – dans une moindre proportion- aussi à Francfort, le principal hub de Lufthansa. Selon un porte-parole de Lufthansa, les temps d’attente se sont certes allongés mais sans grandes conséquences cependant.

On peut se réjouir que le transport aérien retrouve enfin quelques couleurs après une année et demie noire. Mais il se trouve de fait confronté à de nouveau challenges. « On a plusieurs facteurs qui ralentissent l’enregistrement des passagers et leur passage de la zone publique en zone sous-douane, explique Isabelle Polders, Directrice de la Communication pour l’ADV, association des aéroports allemands. Les procédés de contrôle des passagers sont ralentis par la vérification des formalités liées au Covid. De plus, les aéroports se trouvent dans une situation financière difficile. Ils ont du fermer des parties d’aérogare. Tandis que les entreprises en charge des services passagers ont mis une partie du personnel au chômage partiel. Et ils ont du mal à réembaucher pour le moment », décrit-elle.

Les deux points d’achoppement sont selon l’ADV l’enregistrement des passagers et la livraison des bagages. « Le problème risque encore de se prolonger durant deux mois« , estime Isabelle Polders.

Beaucoup se poseront la question de savoir pourquoi la technologie digitale ne vient pas au secours des passagers. Notamment en accélérant les processus de contrôle en amont du vol. « On le fait quand c’est possible. Mais dans beaucoup de pays malheureusement, les formulaires et contrôles sur une application en sont pas acceptées comme telles… » souligne Lufthansa.

Quelles solutions s’offrent alors pour les passagers ? La plus simple est de consulter bien entendu les avis de la compagnie aérienne. A Berlin, qui souffre le plus de sous-capacité, Luthansa tout comme l’autorité aéroportuaire FBB recommandent aux voyageurs de se présenter deux heures à l’avance.

Des solutions en vue

Lufthansa a d’ailleurs promis que pour les périodes de pointe comme celles des vacances d’automne, des facilités supplémentaires seraient mises à disposition. Ainsi, 18 comptoirs d’enregistrement supplémentaires s’ouvriront ce week-end à Berlin. Avec plus de personnel au service des passagers.

La FBB indique qu’une quarantaine de personnes -affectées normalement à d’autres tâches- seront également présente dans toute l’aérogare. « Mais il n’est pas prévu pour le moment d’ouvrir le Terminal 2, car le trafic de l’aéroport ne le justifie pas. On peut absorber plus de 70 000 passagers par jour au Terminal 1″, justifie Hannes Stefan Hönemann, directeur de la communication de la FBB.

A Munich, l’aéroport a mis en place sur son site en ligne un calculateur de temps d’attente. Il indiquait par exemple ce vendredi 15 octobre un temps compris entre 0 et 15 minutes aux contrôles. « Les aéroports travaillent sur des solutions avec la police fédérale allemande pour améliorer la fluidité en aéroport« , précise encore Isabelle Polders à l’ADV. Qui souligne dans le même temps que le trafic, en forte hausse, ne représente cependant en volume qu’un peu plus de 50% de ce qu’il était en 2019.

Les vacances d’automne ne sont qu’un épiphénomène et la normalisation est probable à partir de novembre. Mais les vacances de Noël approchent très vite et les compagnies aériennes multiplient les annonces de réouverture. Des solutions pérennes s’imposent donc.