BER accueille tout le trafic à Berlin

Dimanche 8 novembre, le nouvel aéroport Berlin Brandenburg International (BER) a pris le relais de l'aéroport de Berlin Tegel. Une ouverture sans fanfare dans un contexte de pandémie...

BER, nouvel aéroport de Berlin (© Günter Wicker / Flughafen Berlin Brandenburg GmbH)

L’Airbus A320 d’Air France a quitté à 15h30 Berlin-Tegel ce 8 novembre, fermant un chapitre de l’aviation qui aura duré 70 ans. Il marque aussi les débuts officiels de l’aéroport de Berlin Brandenburg International dont le sigle commercial est BER.

« L’ouverture dans la période actuelle est certes compliquée mais nous voulions faire montre d’optimisme, » décrivait lors de l’ouverture officielle Dietmar Woidke, le Ministre-Président du Land de Brandenburg, où l’aéroport est situé. « Cet aéroport est construit pour servir toute l’Allemagne orientale », précisait-il.

Rêve de hub

BER est certes le plus important aéroport sur le territoire de l’ancienne RDA avec la possibilité d’accueillir un trafic de 55 millions de passagers à terme. En 2019, les deux aéroports berlinois avaient accueilli 35,64 millions de passagers.

La capacité actuelle est de 43 millions de passagers, en intégrant l’ancienne aérogare de Schönefeld. Rebaptisée BER Terminal 5, elle accueille les passagers ultra-low cost. A la fin de la décennie une nouvelle jetée dans le prolongement du terminal 1 est prévue. Une seconde jetée pourrait s’ajouter encore d’ici 2040.

« Rassembler le trafic des aéroports berlinois sous un seul toit nous permettra enfin d’affirmer notre rôle d’aéroport de transfert. Et d’affirmer notre rentabilité, » déclarait lors de l’inauguration Rainer Bretschneider, représentant du Land de Brandenburg et président du conseil d’administration de l’aéroport.

Sauf que la tâche sera ardue. Berlin est loin d’être en effet un hub capable de concurrencer Francfort ou Munich en Allemagne.

Il manque à l’appel à la fois le trafic haute contribution d’affaires, les destinations et les compagnies.

Avec la pandémie, le volume de passagers à Berlin a de plus sombré- comme partout dans le monde. On recensait tout juste huit millions de passagers à fin septembre. Et il n’est même pas sûr que le trafic franchisse la barre des dix millions de voyageurs d’ici la fin de l’année.

Actuellement, 66 transporteurs sur plus de 90 avant-covid viennent officiellement à Berlin. Mais en réalité seuls 23 transporteurs se posent dans la capitale allemande ce mois de novembre.

Une Lufthansa peu berlinoise

Les deux protagonistes les plus importants sont Easyjet et le groupe Lufthansa, qui représentent ensemble 50% du volume des passagers.

Easyjet est cependant le premier opérateur international à Berlin avec 90 destinations en temps normal. Elle propose actuellement des vols vers sept villes en novembre, un chiffre qui passera à 14 en décembre. Son horaire se densifiera de nouveau à partir de février.

Le groupe Lufthansa est présent avec cinq compagnies aériennes vers huit destinations. Lufthansa et Eurowings ne volent que sur des lignes domestiques tandis que Brussels Airlines, Swiss et Austrian propose des liaisons vers leur hub respectif de Bruxelles, Zurich et Vienne.

« Nous sommes plutôt en phase de consolidation de notre part de marché qui représente un tiers du trafic. En tant que Lufthansa, nous pourrions à terme viser 25% du trafic total de BER, contre 14% actuellement », précise le PDG du groupe, Carsten Spohr.

L’objectif sera d’attirer d’avantage de compagnies intercontinentales pour renforcer le hub. Avant la crise, une demi-douzaine de compagnies intercontinentales atterrissaient à Berlin. Actuellement, seul Qatar Airways atterrit dans la capitale allemande avec cinq vols hebdomadaires.

Reprise à partir de février des lignes France-Berlin

Sur l’Europe francophone, quatre compagnies aériennes desservent Berlin. Air France est de fait le premier opérateur aérien en sièges et fréquences. La compagnie nationale propose de deux à trois vols quotidiens entre Paris-CDG et BER selon les jours.

Aucune compagnie allemande ne relie plus en revanche la France à Berlin. Brussels Airlines offre en revanche trois fréquences hebdomadaires sur Berlin. La compagnie prévoit cinq vols par semaine à partir de décembre. Luxair propose également cinq vols par semaine sur Luxembourg.

De son côté, Easyjet ne vole régulièrement que sur Bâle/ Mulhouse avec deux à trois vols hebdomadaires. Le transporteur reprendra deux vols hebdomadaires sur Paris (Orly ou CDG) en décembre. Elle proposera de nouveau des vols quotidiens sur Bâle/Mulhouse, Nice et Paris à partir de février.

Lyon et Marseille seront également reliés à Berlin à partir de février à raison respectivement de deux et trois vols hebdomadaires. Montpellier et Nantes bénéficieront également de trois vols par semaine vers la capitale allemande à partir de la fin mars. En haute-saison, Easyjet proposera également quelques vols sur la Corse et Biarritz.

Sur le reste de l’Europe francophone, Easyjet reprend en janvier ses vols sur Genève (quatre fois par semaine). Suivront à la fin mars Bruxelles et Luxembourg.

Enfin, la low-cost Transavia relancera fin mars deux vols hebdomadaires entre Nantes et Berlin.