Air France-KLM: Retour de la croissance à l’horizon 2024

On savait que le groupe Air France-KLM, comme les autres compagnies aériennes dans le monde, avait été lourdement frappé par la crise du COVID-19. Les résultats du premier semestre 2020 font apparaître un déficit de 4,4 milliards d’euros. Une nouvelle phase de restructuration est donc mise en place, le groupe franco-néerlandais estimant qu’il faudra désormais attendre 2024 pour retrouver les niveaux de trafic de 2019.

Air-France

Le COVID-19 a lourdement pesé sur les résultats du groupe Air France-KLM au premier semestre 2020. Le nombre de passagers transportes s’est effondré (-62% au premier semestre 2020) tandis que les capacités reculaient de 53% pour le groupe (dont -89% pour le seul second trimestre).

Les pertes sont donc abyssales. Le groupe affiche un résultat net négatif de 4,4 milliards d’euros sur les six premiers mois de l’année, la perte du seul second trimestre atteignant 2,6 milliards d’euros. Au deuxième trimestre, le chiffre d’affaires est tombé à 1,18 milliard, en baisse de 5,84 milliards sur un an…

La classe affaires à la peine

Les incertitudes autour du COVID-19 et les foyers de reprise de l’épidémie à travers sont une mauvaise surprise pour le groupe. Ils contribuent à rendre la reprise du trafic anémique. Air France-KLM constate des réservations en général très tardives, une faiblesse de la demande en classe affaires ainsi que l’anémie du trafic long courrier liée aux fermetures de frontières dans de nombreux pays. L’indice de trafic calculé par Air France atteint seulement 20 (base 100 pour 2019) pour le long-courrier. Il tourne autour de 40 pour le trafic court- et moyen-courrier.

La direction du groupe estime que le retour à la normale ne sera effectif que vers 2024. En juin, les prévisions tablaient encore sur un retour aux niveaux d’avant-crise en 2022.

Le groupe conserve cependant des atouts. Déjà parce que sa pérennité est désormais assurée. Elle dispose ainsi de 14,2 milliards d’euros de liquidités ou de lignes de crédits. Ce chiffre inclut 10,4 milliards de prêts directs ou garantis accordés à la fois par la France et les Pays-Bas.

La restructuration qui s’est mise en place se traduit par le retrait des Airbus A340 et A380 ainsi que des Boeing B747 ; la renégociation pour une livraison plus tardive de nouveaux appareils Airbus A350 et Boeing 787 ; l’ajustement des capacités avec la restructuration du réseau. Air France-KLM ont ainsi annoncé une baisse de capacité en sièges de 20% en 2021 mais elle sera plus importante sur les lignes françaises.

Lors de la présentation de ses résultats, Air France a finalement révélé à quoi ressemblera son futur réseau intérieur dans l’Hexagone. La baisse de capacité y est brutale, en recul de 40% d’ici 2022. Le transporteur applique ainsi la directive du gouvernement de supprimer toutes les lignes domestiques –hors alimentation du hub de Roissy- là où le train offre une alternative de moins de deux heures trente.

Orly très affecté par le dégraissage du réseau

A Orly, Air France conservera son produit Navette uniquement sur les destinations du sud les plus fréquentées, en l’occurrence Marseille, Nice et Toulouse ainsi que la Corse, qui se trouve sous obligation de service public. En revanche, les liaisons vers Biarritz, Brest, Montpellier, Pau, Perpignan ou Toulon seront reprises par Transavia, une fois l’accord sur les conditions d’exploitation sera confirmé entre direction et syndicats. Au total, Orly verra le nombre de ses destinations passer de 22 à 13. Parmi les disparitions au départ de l’aéroport parisien, on note Bordeaux, Lourdes/Tarbes, Lyon, Mulhouse/Bâle et Nantes.

En revanche, la compagnie conservera l’ensemble des vols intérieurs d’apport à son hub de Roissy CDG. Soit 14 destinations.

Autre hub en souffrance : celui de HOP ! Air France à Lyon qui va voir le nombre de ses destinations domestiques passer de 15 à 12 destinations. Lorient, Metz/Nancy et Toulon sortiront définitivement des horaires d’Air France alors que la flotte de HOP ! sera divisée par deux. D’autres ajustements suivront dans le futur. Air France indique que Transavia pourra se positionner sur des lignes transversales où existe une offre low-cost.

Au total, Air France devrait juguler les pertes sur son réseau domestique, pertes qui ont atteint 200 millions d’euros en 2019. Mais la pilule est amère pour de nombreux aéroports de région, notamment ceux qui dépendaient d’une ligne unique vers un hub comme Metz/Nancy sur Lyon ou Tarbes sur Orly. Elle ouvre cependant la porte à de nouveaux entrants. Le transporteur régional Twin Jet vient d’annoncer reprendre à partir de septembre la ligne Metz/Nancy à raison de trois fréquences quotidiennes en Beechcraft 1900. La petite compagnie est de fait partenaire de Flying Blue.